‹ La cirrhose pigmentaireChapitre 24 sur 30 · ANGES · texte numérisé non relu

ANGES

quelques granulations ferrugincuses; rien au niveau de la fasciculée.

Les reins présentent une surcharge pigmentaire tout à fait minime, quelques glomérules contiennent un ou deux blocs de pigment âcre; on en retrouve sous forme de granulation plus fine dans l'épithélium de quelques lubes de la branche descendante de l'anse de Henlé. s :

Un ganglion lymphatique de la région cœliaque présente une surcharge ferrugineuse importante, de même des fragments de ceux de la chaîne mésentérique, déjà signalés.

Le muscle cardiaque contient également quelques granulations pigmentaires donnant la même réaction colorante.

L'examen histologique de la peau a montré l’absence absolue de sidérodermie ; le derme était absolument indemne de pigment ferrugineux, et la réaction de Perls n’y a montré aucun bloc bleu de Prusse, de même au niveau de l'épiderme. Par contre, les cellules de la couche basale de l’épiderme avaient une coloration brun foncé, les différenciant nettement des autres cellules épidermiques, et on pouvait disüinguer dans le protaplasma de ces cellules de petits grains noirs analogues aux granulations mélaniques. La couche moyenne des cellules épidermiques ne contenait arcun pigment, mais on retrouvait quelques grains pigmentaires à la partie tout à fait superficielle de

l’épiderme, sous la couche cornée desquamative. Dans le derme, nous.

avons reconnu quelques cellules chargées de pigment qui nous ont paru être des mélanophores.

OBs. IT (Observation du service de M. le Prof. agrégé Loeper, hôpital Tenon). — Ce malade est entré à l'hôpital Tenon le 10 juin 1924, présentant du subictère, de l’amaigrissement et une faiblesse générale marquée, se plaignant, en outre, d'éprouver parfois des douleurs dans l'hypocondre droit.

Déjà au mois de décembre précédent, en 1993, il a remarqué une teinte légèrement jaunâtre de ses conjonctives, mais, conservant son appétit, son entrain habituel, il n'avait prêté aucune attention à cet incident.

En janvier 1924, il s’est présenté pour la première fois à une consultation parce qu’il avait éprouvé quelques douleurs dans l'hypocondre droit. Ces douleurs auraient siégé dans la région hépatique, elles auraient été peu vives, mais sourdes, continues, accrues par la palpation. En même temps, le malade s’est senti extrêmement affaibli et a eu un flux diarrhéique comportant jusqu’à 8 à 40 selles par jour, et a remarqué une accentuation des pituites malinales qu'il avait déjà depuis plusieurs années.

Sous l'influence du régime et surtout de restrictions importantes en aliments et en boissons, ces incidents se sont amendés et les douleurs ont diminué progressivement. :

Mais, dans les premiers jours de juin, peut-être sous l'influence d'un

écart de régime, une nouvelle crise douloureuse a amené le malade à l'hôpital.

Un ne découvre rien d'important dans ses antécédents, sans faire de

grands excès alcooliques, il était pourtant assez notable buveur et, depuis de nombreuses années, absorbait environ 2 litres de vin par jour.

Actuellement, les symptômes d'intoxication alcoolique sont diserets: pituites matinales depuis la guerre, apparaissant de façon irrégulière, mais devenues plus fréquentes ces temps derniers, parfois des crampes dans les mollets, des élancements dans les doigts et les pieds, mais ces incidents sont très passagers. Il n’y a pas de tremblements, pas de cauchemars, le malade dort très bien et a bon appétit.

Depuis décembre, il a eu quelques hémorragies nasales et gingivales peu importantes. Il a surtout depuis quelque temps beaucoup maigri et perdu des forces.

À l'examen, le subictère est manifeste aux téguments et aux conjJonctives. Mais, outre ce subictère, il existe une teinte noirâtre-de la peau, du visage, des mains, des organes génitaux. C’est une coloration ardoisée avec quelques plages plas foncées, au niveau des jambes quelques plages seulement bistre, ne présentant en somme dans son ensemble aucune différence marquée avec la pigmentlation dite addisonienne. L’examen minutieux de la muqueuse buccale ou conjonc-

tivale ne révèle aucune tache ardoisée. La muqueuse du gland est

assez forlement pigmentée.

Les urines atteignent 1 litre 1/2 en vingt-quatre heures au moment de l'entrée. Elles sont foncées, la réaction de Hay y est nettement posilive, la réaction de Gmelin est légèrernent positive seulement. Il n'existe pas de sucre urinaire, pas d'albumine.

Les selles sont diarrhéiques, de couleur jaune ocre.

Il n'existe aucun signe d'intoxication biliaire, pas de prurit, pas de bradycardie.

L'’abdomen est de volume normal, il n'existe pas ce circulation

collatérale, mais une légère voussure de l'hypocondre droit apparait nettement. On découvre là un foie très augmenté de volume. On palpe aisément son bord inférieur, dur, tranchant, lisse et légèrement douloureux. Il atteint sur la ligne médiane la hauteur de l'ombilie, Il est non seulement augmenté de volume, mais aussi un peu abaissé, ear le bord supérieur se percute à deux travers de doigt au-dessous du mamelon.

La rate est percutable sur trois ou quatre travers de doigt, non palpable.

Il n'existe pas d’ascite, cliniquement décelable. °

L'auscultation pulmonaire est entièrement négalive. Au cœur, on perçoit un souffle systolique de la pointe, mais sans propagation, inconstant, disparaissant quand on fait asseoir le malade.

La tension artérielle est à 16-8.

Il n'existe aucune modification desréflexes tendineux ni pupillaires.

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