‹ La cíte de Bâle av qvatorzième siècleChapitre 2 sur 5 · AE Dire Du · texte numérisé non relu

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mœurs des cours, pendre à leur riche ceinture des cloches & des clochettes. Ce luxe donna fouvent fort à penfer au Confeil de Bâle, qui fit plus d’une loi fomptuaire pour effayer de le combattre : on le vit, notamment après de grandes cataftrophes : publiques, prefcrire à chaque clafle, non-feulement fon habillement, mais encore la forme & la coupe qu’il devoit avoir.

Le jour s’eft levé depuis quelque temps déjà ; nous fuivons les rues de Bâle; où nous conduit la foule ? Sur le marché aux grains ou grenette, forum frumenti; nous ne au milieu des acheteurs & des vendeurs; la grenette étoit dans ce temps la partie la plus animée de la ville, car là fe vendoient, outre le blé, la viande cuite, les faucifles & le gibier. Mais avançons: à côté du marché aux provifions nous trouvons un lieu qu'on appeloit la pierre chaude, à caufe des exécutions qui s’y faifoient ; c'étoit là auffi qu’à certaines époques de l’année les vins fe mettoient à l'enchère, car le Confeil de Bâle avoit la miflion de veiller à ce que fes fubordonnés ne manquañlent jamais de la précieufe liqueur, & ce foin, furtout dans les années de gelée où de récolte late) ne laifloit pas que d’avoir fes difficultés & déc fionner bien des foucis à meflieurs les confeillers qui tenoient à remplir leur mandat en confcience. Le vin qui venoit de la vigne des chanoines, des curés ou des bourgeois entroit dans la ville franc de droits, à moins qu'on n'y eût mêlé une feule . mefure de vin étranger, car il falloit qu’il fût pur

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