CHAPELLES. — PRIEURÉS. — BIENS ECCLÉSIASTIQUES
Un grand nombre de fondations pieuses avaient rendu la paroisse riche en chapelles et en prieurés.
Florent Champiré (1642-1651).
Jean BeUesme (1655).
François GesUn (1670).
Jean Viau (1717).
Jean Pottier (1740-1744).
Jean Simon (1752).
. Pierre Pivron (1754).
Etienne Boyvin (1756).
Joseph Renouard Desloriers (1758-1773).
N.... Pinson (1765).
Jean Meoard (1773).
(1) Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
(5) Archives départ, de la Sarthe, H. 437.
çU^ Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
(6) Archives de la Barbée.
(7; Archives départ, de la Sarthe, G. 511. 4
Plusieurs de ces bénéfices sont encore représentés par des dossiei's considérables ; quelques autres ne nous ont été enseiiîués cjue par les mentions incidentes recueillies au uiiiiou de pièces diverses ; Timportance des détails donnés sur chacun d'eux variera donc selon la nature des sources où nous les aurons puisés.
Marguerite de Champagne fonda la chapelle du château ilo Biizouges en 4471, ou en 4482 — les textes varient sur co point. Cette châtelaine préleva sur ses biens la donation sufilsante pour entretenir un chapelain et faire célébrer deux messes par semaine. Elle se réserva le choix du titulaire et donna la collation aux curés de Bazouges ou aux vicaires taisant fonctions curiales (1).
i;*esl prt)bablement vers le même temps , que la tour uu'^ridiiUKde du château, aménagée pour cet effet, devint un onUoiiv oii Tarchitecture de la fin du XV« siècle montre ses uieillouivs (|ualités.
iîotte rhapello se confondit, croyons nous, en tant que kH;*uôUco, avec colle qui fut fondée le 15 décembre 1504, par le t\*iitauuMit do Brandelis de Champagne et qui prit le nom de
W^ici dans tpiols termes sont conçues les volontés de tti\ukik'U<<, ivlativoment au point qui nous occupe : « .... item •* w^l ot oiMonno ostre fondée une messe, le mercredi des * uv^k^-^-mv* ol une autre messe de Notre-Dame qui se dira ^ \' K'Ui" ^vio jo tn^passerai. Et veil que lesdites messes ^ >«ucul svlobivos dans ma chapelle de Bazouges ; pour la . viuUau^i UoMiut^Uos dites messes, j'ordonne qu'il soit - wuac v^uiiuo Uvivs do rente bien assises, qui seront payées
V i %u xlKi^vUuu ; et pit^sontera ladite chapelle mon héritier
V ^»uv4mù. bi^t .uua. ledit chapelain, la charge de résider V iMAk)^ vIo lUu&ouges, autrement mondit héritier
. .v*.-^^^^-*. i«V*^i vi^ I* Sarthe. — Fonds de la seigneurie de
» principal en pourra disposer à un autre (1) ».
De plus le grand chapelain était obligé d'administrer les sacrements, de dire la messe dominicale et d'assister au service divin, lorsque le curé se trouvait absent (2).
En 1711, le titulaire voulut s'afTranchir de la résidence, mais il fut, lui et ses successeurs, maintenu dans cette obligation, par une sentence de Tofficiaiité d'Angers (3).
La présentation passa aux curés, nous ne savons trop dans quelles circonstances, ni vers quelle époque ; toujours est -il qu'en 1623 ils étaient en possession de ce droit, puisque le prêtre sacristain essaya, vainement du reste, de le leur disputer (4).
En 1739, le curé de Bazouges abandonna la jouissance des Novalles, auxquelles il avait droit, au grand chapelain, Urbain Allory « à cause de la considération particulière qu'il a pour ledit sieur Allory (5) ».
La Chapelle de la Barbée fut fondée le 26 novembre 1436, sous le vocable de Sainte-Barbe, par la veuve de Jean de la Roche et son fils. Les deux messes hebdomadaires
(1) Archives départ, de la Sarthe. — Fonds de la seigneurie de Bazouges.
0) Procuration donnée par les habitants de Bazouges, le 7 juillet 1686. Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
^) Archives départ, de la Sarthe, G. 778.
(5) Titulaires de la Grande-ChapeUe :
GiUesLe Barbier (1586).
René Rondeau (1^93).
Catherin Moreau (présenté le 5 janvier 1623).
norent Champiré (1641-1653).
Pierre Guébrunet (1672-1676).
Jean Chanteloup (présenté le 5 juin 1700).
Vincent Motreuil (prend possession le 21 janvier 1712-1717).
Pierre Deschamps (1732).
Urbain Allory (1741-1773).
Paul Tanqueray, curé de Bauné, diocèse d'Angers (donne sa démission le 26 août 1786).
réclamées par l'institution , devaient être célébrées dans réglise de Bazouges <k en attendant qu'il y ait une chapelle à la Barbée (1) ».
Le 20 Janvier 4534, Jean Mauchen, alors titulaire, fit aux chapelains donation de deux maisons sises au bourg (2), sous la condition qu'ils diraient, outre le service primitif desservi en la chapelle du château, une messe matutinale tous les dimanches en l'église paroissiale.
Les seigneurs de la Barbée ayant embrassé la religion réformée, cessèrent d'entretenir la chapelle dont les bâtiments finirent par se détériorer ; les messes, qui d'après l'acte de fondation auraient dû s'y célébrer, avaient été transportées à Bazouges. Le 2 juin 1676, le seigneur, d'accord avec le chapelain, voulut obtenir le retour à l'ancien état de chose, mais le curé s'y opposa formellement.
Du reste, Charles Fournier, nommé titulaire en 1689, se plaignit peu de temps après avoir pris possession, de ne pas jouir du temporel octroyé par l'acte de fondation . Car , disait-il, toutes les terres ont été aliénées par les seigneurs qui appartenaient à la religion prétendue réformée ; et les quinze livides de rente foncière, hypothéquée sur une maison sise à Bazouges , seules ressources dont puisse encore profiter le chapelain, ne suffisent môme pas à couvrir les frais de la messe que celui-ci doit chaque dimanche à l'église ; en présence d'une aussi triste situation, Guillaume Gilles de la Berardière, seigneur de la Barbée , se vit obligé de procéder à une nouvelle fondation.
L'acte qu'il fit rédiger, dans ce but, le 9 décembre 1700, contient d'une part: donation de cent livres de rente foncière franche et quitte de tous droits, hypothéquée sur la métairie de Lavau , paroisse de Gouys ; et d'autre part, imposition des charges suivantes : 1» célébration d'une messe dans la chapelle du château, tous les vendredis et
(1) Archives départ, de la SarUie, G. 778.
Ç-l) L'une d'elles servit de demeure aux chapelains (1691).
tous les dimanches , c laquelle messe sera dite entre la » première et la grande de la paroisse, en sorte que le 1 chapelain puisse s*en retourner et assister à Toflice, s* 1 bon lui semble » — 2® obligation de faire mémoire des fondateurs, de Jacquine A\Til, tante d'Urbain Avril sieur de la Roche et de dame Anne de Crespy son épouse, aïeuls de la dame Eveillard (1).
Michel, évéque d'Angers, sollicité par l'abbé de Melinais lui accorda en 1326, l'autorisation de bâtir une chapelle au lieu de Marigné. Les moines possédaient près de là 40 quartiers de vigne et une maison où ils se rendaient en grand nombre pendant les vendanges et où ils demeuraient tantôt plus, tantôt moins, selon les besoins de la culture. Or l'état des chemins rendait très difficile la fréquentation de l'église paroissiale.
A l'origine, la chapelle de Marigné n'était donc point un bénéfice, mais bien une propriété particulière des moines, qui n'y célébraient aucun service en dehors de leurs convenances et de leur volonté. C'est seulement après l'aliénation de Marigné, après son passage de la main des moines dans, celle des seigneurs, que ceux-ci érigèrent la chapelle en bénéfice et la pourvurent d'un chapelain
Dès 1474, le temporel relevait presque tout entier de la Barbée, par le moyen du fief Dalliché ; le prêtre, dont les
(1) Noms de quelques titulaires de Sainte-Barbe : Jean Mauchen (1534).
René Mauchen (1024).
Charles de Champagne, curé de Ligron (1671-1677). Charles Fournier (1689). Vincent Motreuil (1700).
Aubert (173ii).
Des Loriers (1766).
La présentation appartenait aux seigneurs de la Barbée ; la collation à réréque d'Angers.
revenus étaient, à la vérité, fort respectables, devait un service assez lourd qui se composait: d'une messe, le lundi, à la Barbée ; d'une autre à Marigné ; enfin de douze, chaque année, au grand autel de la paroisse.
En 1696 M. Joseph Le Royer de Boistaillé fit la bénédiction d'une chapelle reconstruite à la place de l'ancienne, à peu près ruinée (4).
L'histoire de la chapelle de Saint - Jean - Baptiste^ alias La Grange^ du Chesne^ de Fontaine^ de Saint- Jacques ^ à laquelle fut unie la chapelle des Richard^ présente plus d'un incident curieux. On nous permettra donc d'entrer à son sujet, dans certains détails peut-être un peu longs, mais assez caractéristiques pour mériter une mention particulière.
Procès, transactions, difficultés, s'accumulent ici et donnent un exemple des procédures qui pouvaient accompagner la fondation d'un bénéfice ou des contestations qui surgissaient parfois pendant le cours de son existence.
Le -12 juin 4553, Jean Le Barbier, prêtre, fonda, sous l'invocation de saint Jean - Baptiste , une chapellenie à desservir en l'église de Bazouges par deux messes hebdomadaires.
En dotation il donna :
i° Le lieu de la Grange, où il demeurait, sis près du bourg,
2» Une pièce de terre, contenant six journaux,
3® Neuf quartiers de vigne.
Et comme tous ces héritages relevaient du fief du Chesne^ il conféra la présentation de la chapelle au seigneur de ce
(1) Archives départ, de la Sarthe. — Fonds de la seigneurie de Bazouges.
Furent chapelains de Marigné :
GuiUaume Rivière (1477).
Jean Liger (1491).
Laurent Lepaige (1540).
M, René de Fay, sieur de Chassillé et à ses successeurs. La collation fut réservée à Févéque d* Angers. Enfin Jean le Barbier donna un quartier de vigne à la fabrique , pour payer la licence faite aux chapelains de prendre les ornements paroissiaux et de réciter les prières en faveur des bienfaiteurs.
Toutes ces conditions furent ratifiées par le seigneur du Chesne, dans un acte du 21 juin 1553.
Quelques années plus tard, le fief du Chesne ayant été acquis par Jacques Gaultier et réuni à sa châtellenie de Fontaine, la présentation des titulaires vint à ce nouveau seigneur qui se trouva, entre temps, chargé de la fondation d'un autre bénéfice.
Le 9 janvier 153b, honorable homme Guillaume Richard avait institué, par testament, dans Téglise de Saint-Michel-dela -Palud d'Angers, plusieurs messes pour la dotation desquelles il avait légué 500 livres tournois destinées à faire des acquêts de rentes ou d'héritages. Après sa mort, en 1542, l'ainé de ses enfants s'était chargé de l'accomplissement des volontés paternelles ; mais il ne se pressa pas et mourut avant d'avoir rien exécuté, ce par suite de quoi, la la famille fut « en danger de tomber en grande involution de procès ».
On jugea plus utile , heureusement, de procéder à un nouvel accord, signé le 22 décembre 1580, par tous les intéressés, au nombre desquels se trouvait Jacques Gaultier (1). Ce dernier ayant accepté mandat pour exécuter le testament de son aïeul, reçut le legs, fonda provisoirement la chapelle en question , présenta comme titulaire Michel Blaitreau, déjà pourvu du bénéfice de Saint-Jean- Baptiste et liquida les premières affaires avec l'approbation de monseigneur l'évêque d'Angers (2).
(1) FamiUe Richard. (Voir la généalogie d'autre part.) (S) Une somme léguée par le même Guillaume Richard, dans le but de faire dire un Subvenite et de fournir les ornements de la chapelle,
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En 1582 seulement, la fondation se trouva régularisée par la conversion des 500 livres tournois en terre labourable. Mais comme ce legs ne put suffire à payer la pièce des Ronchardières , choisie pour former le temporel de la fameuse chapelle des Richard, Jacques Gaultier compléta la sonune nécessaire et affecta ce surplus à l'augmentation du temporel de saint Jean-Baptiste. Les deux bénéfices ayant ainsi même présentateur, même titulaire et une partie du temporel commun, se trouvèrent en quelque sorte confondus.
Les complications terminées d'un côté, reparurent d'un autre, peu de temps après. Le successeur de Michel Blaitreau, François Bonneau , poursuivi par les députés du clergé d'Anjou, refusa le paiement d'une taxe de huit écus et trente-six sols, à laquelle ces messieurs prétendaient l'imposer. Les héritiers du fondateur de Saint-Jean-Baptiste, disait-il, sont en procès, au sujet de la délivrance du legs et contestent la validité ; pour le moment le titulaire ne jouit pas d'auti'e chose que d'une < petite maison ruineuse sur 1 un grand chemin hors le bourg, sujette à force hostes et » gendarmerye et de difficile guarde et clostures ».
Enfin cette question ayant abouti favorablement comme les autres, le sujet se fut peut-être épuisé, si Jacques Gaultier n'eut entrepris, vers 1624, dans les conditions que nous savons déjà, la construction d'une chapelle attenante à l'église paroissiale et s'il ne se fut avisé de détourner à son profit les charges primitives du bénéfice de Saint- Jean - Baptiste. Il prit la qualité de procureur du chapelain et passa, conmie tel, plusieurs baux du temporel où toutes les charges spirituelles sont remaniées, de façon à lui procurer, tout en laissant substituer la messe célébrée à Saint-Michel-
ne fût jamais payée par ses héritiers. Jacques Gaultier se trouva poursuivi, en 1628, par les habitants de Saint-Michel-de-la-Palud pour le paiement de ce legs. En 1629 intervint une transaction, aux termes de laquelle, Jacques Gaultier se libéra moyennant une somme de 350 livres.
de - la - Palud , une messe dans sa chapelle de l'église paroissiale et une messe dans une chapelle qu'il fit en même temps disposer près de son château, à Fontaine. Ainsi donc la fondation originale était complètement transformée, entièrement accaparée. Ces actes n'eurent pas d'ailleurs grandes conséquences, car Jacques Gaultier mourut presqu'aussitôt, en l'année 1625. Ses héritiers « n'ayant pas » pu rendre au défunt les derniers honneurs avec autant de » cérémonie qu'ils l'eussent désiré et convenables à sa » qualité, à cause de la maladie contagieuse dont ce pays » est afnigé (1) » et connaissant sa dévotion à la chapelle Saint-Jean (2) où il est enterré, achetèrent la pièce de terre nommée la Prestrerie et la donnèrent à ladite chapelle pour l'augmentation de son temporel.
(1) Une inscription placée près de la porte latérale , au midi de Téglise, relate la mort de plusieurs personnes occasionnée par le môme genre de maladie.
Cette inscription est entourée d'ornements et surmontée d'un fronton qui forme un petit monument simple, mais correct.
Cy . DEVANT . GIST . LE . CORPS DHONESTE . HOMME . lEHAN LE . LOYZ . MARCHANT . QVl DECEDA . DE . MALADIE . CON- TAGIEVSE . LE . 5 . AOVST
Et DHONESTE . FEMME GENEVIEVE . MOREAV . SON ESPOVZE . DECEDEE . DE PAREILLE . MALADIE . LE . 2 DESDITZ . MOIS . ET . AN . LA QVELLE . FVT . ENSEPVLTVR- REE . AV . CIMETIERE DV MILI- EV . PRES . LE . TVMBEAV . DE SES . PERE . ET . MERE . PRIEZ DiEV , POVR . EVLX.