‹ La cité de Carcassonne (Aude) (volume 2)Chapitre 22 sur 26 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

B ABONNIE DE LA BABBÉE.

Premiers seigneurs (4).

Le fief de la Grande-Barbée appartenait en 4364 à Isabelle de Bourbon (2), épouse de Bouchard VII de la maison de Montoire, comte de Vendôme.

Jean de Bourbon^ (3) fi*ère d'Isabelle recueillit dans la succession de cette dame, le fief de la Barbée et le vendit quelque temps après (44 juin 1379) à Guillaume PoinceaUy chevalier, seigneur de la Roche- Abileau.

Dans la composition du fief de la Grande-Barbée entraient d'une part : une pièce de 4500 arpents, appelée la Garde Chamaillard (4) et 35 fois et hommages, dont une était due

(i) Pour tout ce qui concerne le chapitre VI, à moins d'indications contraires, archives du château de la Barbée.

(2) Elle était fille de Jacques de Bourbon, comte de la Marche et de Jeanne de Chàtellier.

(3) Jean de Bourbon fut, après la mort de Bouchard VII, décédé sans héritiers en 1374, comte de Vendôme. U avait épousé Catherine de Vendôme, sœur de Bouchard VII.

(4) La Garde Chamaillard fut donnée à cens^ en 1578, par Jacques de Dureil et forma dés lors un fief.

par le fief de la Roche de la Barbée (1), le tout tenu de la baronnie de la Flèche . — d'autre part : le fief de la petite Barbée (2), l'île de la petite Barbée, les moulins de la Barbée, etc.... tenus de Durtal (3).

Après (ruillaume Poinceau la Barbée fut possédée par :

Jeanne de SotœeUey dame de la Roche- Abileau ( 30 nov. 1408).

Jean de Clefs, (4439).

Raoullette de Montalaù, (1453-1478).

Et Amhroise de Clefs ( 1488 ), auquel succédèrent les Dureil,

FAMILLE DE DUREIL.

C'est vers 1489 que Guillame de Dureil devint seigneur de ce fief (4).

Son épouse, Marguerite de la Haye était morte plusieurs années auparavant (1475) et avait été enterrée « dans le chancel de l'église (5) ».

En 1495, Guillame est remplacé par Geoffrai de Dureil, qui eut lui-même pour successeur :

(i) Il ne faut donc pas confondre ce fief avec celui de la Barbée, il n*eut jamais les mêmes propriétaires et fut toujours distinct ; il relevait de la Barbée, voilà tout.

(2) Ainsi le fief de la Petite - Barbée était membre du fief de la Grande-Barbée, mais ne se confondait point avec lui ; il ne relevait pas du même seigneur dominant. Nous verrons tout à Theure comment on opéra une sorte d^interversion entre ces deux fiefs et conmient la partie devint le tout.

C'est dans Tile qu'était bâti le château portant le nom de la Barbée ; il tomba en ruine et fut reconstruit sur un autre emplacement

(3) Enfin, il existait encore un fief, portant le nom de la Motte do. la Barbée , qui avant d'être réuni par François de Dureil, fut (K>ssédé par Jean de la Roche et par son fils (1418-1496).

(4) Archives de Bazouges.

(5) Archives de la mairie de Bazouges.

François de Dureil. Ce seigneur devait alors à François de la Jaille, baron de Mathéfelon et de Durtal, seigneur de Saint-Michel-des-Bois : 1® pour la <{jande - Barbée , tenue à foi et hommage lige de Durtal, ^P^jfonv les fiefis de Lavau, de Monbrossay et de la Marchandière, tenus à foi et hommage simple de Durtal, huit sols tournois de service.

Il devait donc quatre hommages, Tun lige, les autres simples. Il demanda que tous ces hommages fussent convertis en un seul, lige ; moyennant quoi il reconnaitrait tenir du seigneur de la Jaille, également à hommage lige, les domaines du Serrin, de Beauchêne, d*Emboné, et de la Raquetière, qui, auparavant, n'étaient tenus que censivement. Satisfaction fut accordée à sa requête.

Jean de Dureil^ fils de François, eut part à la victoire que remportèrent les Français, commandés par le duc de Nemours, sur les Italiens et les Espagnols, à Ravenne, en 4512. Il suivit François I®"" en Piémont vers 1545 et s'y distingua sous ses yeux (1).

. Nous trouvons dès 1527, entre Jean de Z)uret7 et Baudouin de Champagne, la première discussion soulevée au sujet de la seigneurie de paroisse. Ainsi, M. de la Bérardière en soutenant son fameux procès, au XVIII® siècle, avait de lointains antécédents et reprenait simplement le thème plus d'une fois soutenu par ses prédécesseurs (2). Nous ignorons d'ailleurs quel fut le succès de cette affaire à son début.

Jean de Dureil, qui parait avoir été l'un des personnages les plus illustres de sa famille, vivait encore en 1540.

Mais, en 1551, le seigneur de la Barbée se nomme Geoffroi de Dureil (3) et adresse, le 18 septembre, à Jean du Mas, abbé de Saint-Thierry, baron de Durtal et de Mathéfelon,

(1) Pesche. Dictionnaire de la Sarthe.

(2) Archives de la mairie de Bazouges.

(3) n était aussi seigneur de Moulines.

neveu de défunt François de la Jaille une requête tendant à obtenir droit de pont-leyis et de clôture en sa maison de la Barbée, ainsi qu0*'I!inlDrisation de < faire mettre trois piliers à sa justice dudîl Mêu i.

Ce seigneur s'occupa, du reste, avec zèle de l'embellissement du nouveau château de la Barbée qui avait été transporté, par son grand père, de l'ile du Loir, sur la rive gauche (1); il fit en outre tous ses efforts pour se soustraire à la suzeraineté de la Flèche et profitant de ce que le fief de la petite Barbée relevait de Durtal, il lui donna peu à peu dans chaque aveu, plus d'importance, au détriment du fief* de la Grande-Barbée ; il travailla si bien et avec tant d'habileté que le fief de la Petite-Barbée finit par devenir le principal et l'autre par prendre un raqg tout-à-fait secondaire.

Les Dureil étaient fort aimés k 'Durtal , et leurs

successeurs continuèrent à y trouver une cordiale et fidèle protection.

Geo/froi d« Z)uret7 était protestant et fut assez gravement . . * •..' compromis, en 1561, pour avoir participé à des troubles^* J^^

suscités, à Angers, par ses coreligionnaires. Mais .comme il avait de puissants protecteurs et fit le mort après ces échauffburées , il ne fut point inquiété et obtint même du roi Charles IX le sauf conduit suivant, qui le dispensait de recevoir la garnison imposée à tous les seigneurs calvinistes:

«r Charles par la grâce de Dieu.roy de France, au sénéchal » d'Anjou ou son lieutenant à Baugé, salut. Comme par » arrest de notre court de Parlement de Paris en dacte » dernier passé, il aict esté onionné que pour la conserva- » tion des châteaulx et maisons fortes que ceulx de la » nouvelle opinion ont aux champs et pour éviter aux sur- > prises et empeschements des passaiges qui pourroient

(1) Ce château fut lui-même démoli en 1810 et reporté à quehiuos centaines de mètres, sur un point plus élevé.

4 *'^ff *

» estre donnés à nos bons et loyaulx subiects à cause » d'icelles , comme il a été parceydavani faict en plusieurs ^ et divers endroicts de notre royaukpe. Il serait par nous » mis et estably garnison pour la gvrSe d'icelle soubs notre » main. Et qu'estant Geoffroy de DÛreil s' de Moulines et » de la Barbée notté de la d. nouvelle opinion sans que y> jamais toutes fois il aict porté aulcunes armes ny Caict » acte ou office d*ostilité de nous ny de notre service (1), » mais se soyt tousjours soutenu depuis que ladicte » oppinion s'est ainsi estendue en notre dict royaulme, en ^]i> sa maison et vivant paisiblement avec sa famille soubs la » protection de nos édicts, sans innover aulcune chose, l'on » pouvait le comprendre sous la rigueur de nostre arrest et » le Tendre subiect jL la garnison ordonnée par icelluy. Nous j> à plaîn confiance du rapport et tesmoignaige que nous a » faict notre très scher et amé cousin le s^ de VielleviUe, » comte de Durestal, mareschal de France, de la fidellité, » proud'hommie bonne et paisible existence dudict s' de la !\ » Barbée et qu'il nous a respondu de tous les déportements 9 dudict de la Barbée en sesdectes maisons, suivant mesme » la protestation que notre dict cousin le s"" de la VielleviUe » en a signée de sa main, avons pour cette fois seullement » dérogé et dérogeons à la teneur dudict arrest. Et en ce ^ faisant exempté et exemptons par ces présentes que nous » avons pour ce signées de notre main, les dictes maisons » de Moulines et la Barbée appartenant audict Dureil, de » toutes garnisons, forts, et excepté celles que ledit s' mares- » chai de VielleviUe y vouldra se mestre, comme estant » ledict Dureil son vassal et sesdictes maisons tenues et » mouvantes directement de sa comté de Durestal, et ce sur » la sûreté de sa parolle et promesse à nous falote de » l'obéissance et fîdellité dudict sieur de la Barbée. Deffen- » dant à tous nos lieutenants généraux, gouverneurs, juges

(i) On voit que Téponge était bienveillauiment passée sur ses entreprises d'Angers.

> OU leurs lieutenants et à tous aultres qu'il appartiendra, » qu'ils n'aient à mettre à ces maisons aulcunes garnisons

> de gens de guerre. Ainsi suivant nos voulloirs et intention

> cy dessus déclarée, car tel est notre plaisir. Donné au » Plessis lez Tours le 23 septembre, Tan de grâce mil" cinq » cents soixante neuf et de notre règne le neufième. 1 Charles. »

Jacques de Dureil apparaît ensuite pendant les années 4573-1603. Il avait épousé Madeleine de Launay.

Geoffroi II de Dureil^ probablement son fils, lui succéda et vendit d*une part les fiefs de la Garde-Ghamaillard, de Boig> de Vaux et de Moulines à Gédéon de Thianges, d'autre part les fiefe de la Grande et de la Petite - Barbée à Jacques Le Féron. . ' '

r FAMILLE LE FERON.

Jacques Le Féron racheta, le 2 décembre 1609, les flefs de la Garde Chamaillard et Bois de Vaux qui dépendaient anciennement de la Barbée mais il les revendit presqu'aussitôt (13 juin 1612) à messire François de Menou, chevalier de Tordre du roi, seigneur de Turbilly et de Challoux, prêle nom de Guillaume Fouquet de la Varenne.

Ce Jacques Le Féron^ écuyer, seigneur de Pré, à Assé-le- Boisne et de la Barbée, receveur des tailles à la Flèche, puis conseiller et maître d*hôtel ordinaire du roi, était fils aine de Mathurin Le Féron, seigneur de Pré et d'Isabelle Richer. Il avait épousé, vers 1590, Marie des ChampSj dont il eut, entre autres, Mathurin qui suit.

Mathurin Le Féron^ signalé pour la première fois comme seigneur de la Barbée, en 1627, avait été baptisé au Mans, paroisse du Crucifix, le 11 décembre 1593.

Il épousa Renée Le Marchand et ne tarda pas à renouveler les vieilles prétentions de ses prédécesseurs , touchant la seigneurie de paroisse. Il profita de ce que les maîtres de

Bazouges étaient protestants et n'habitaient pas le pays. Il se qualifia dans plusieurs actes, du titre de seigneur de paroisse, se fit délivrer, en 1645, copie des cartulaires de Saint-Serge , crut voir, entre les lignes du texte de ces chartes , la justification de ses prétentions et se déclara fondateur de l'église de Bazouges (1). Il prit soin de se faire reconnaître comme tel par le curé, afin d'obtenir les honneurs de l'eau bénite et de l'encens, ainsi que la recommandation aux prières du prône (2). Le curé se fit un peu prier ; mais sous l'influence de messire Roger du Plessis, seigneur ^ de Liancourt, comte de Durtal, il céda et fît ce qu'on voulut. Le seigneur de la Barbée le récompensa par quelques petites faveurs ; il consentit, par exemple, à ce que son banc dans l'égliôe tut un peu moâillé, afin de donner plus d'espace aux cérémonies. Il ces^ en outre de faire publier, par le curé ou le vicaire, au prôme de la grand messe, le ban de vendanges qu'il avait droit de donner pour l'étendue de .•< "^ . Bazouges et le fit dorénavant connaitre à l'issue de l'office, ; '^T^par un sergent de sa justice, au son des cloches.

Mathupn le Féron décéda sans postérité, après avoir institué pour héritiers ses neveux et nièces, enfants de son frère cadet Jacques Le Féron, seigneur de Pré et de Suzanne Le Silleur (3).

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