PRÉFACE
Recueillir et classer tous ces documents épars était le premier travail qui s'imposait. Je ne m'y sicis pas dérobé, et je crois avoir réuni à peu près tout ce qui existe. Le tout pourrait, si on le jiiibliait intégralement, former un Cartulaire de la Cité de Liège qui serait de nature à dédommager les Liégeois, en partie du moins, de la perte de leurs archives communales. Peut-être la ville de Liège entreprendra- 1- elle un jour de publier ce Cartulaire; elle en trouvera la table analytique dans la liste que j'en ai dressée, et que je me propose de donner au public sous la forme d'un de ces recueils que les Français appellent Catalogues d'actes et les Allemands Regestes. On y trouvera les matériaux de l'histoire de Liège triés, classés et amenés à pied d'œuvre; ce sera un répertoire indispensable à qui voudra contrôler, corriger ou compléter mon livre, comme aussi à celui qui vaudra édifier sur des bases documentaires uneiJéîiWenouvelle. •
Parallèlement à ce recueil de documents officiels, j'en ai fait un autre contenant, en extraits classés par ordre chronologique, tout ce que les chroniques de Liège et de l'étranger racontent au sujet de la Cité. Les proportions de ce recueil sont des plus inodes tes, et il est instructif moins par ce qu'il nous apprend sur l'histoire de la ville de Liège que par ce qu'il nous laisse ignorer, puisqu'il atteste d'une manière éclatante ce que je disais plus haut du peu d'intérêt que l'histoire de la Cité envisagée comme telle inspirait a nos vieux annalistes.
Mis ensemble f éclairés et commentés l'un par l'autre, mes deux recueils présentaient des multitudes de fragments qui, même groupés et classés selon les lois d'une prudente induction, étaient bien loin de restituer l'aspect de la vie disparue. Il a fallu, pour arriver à celle-ci, intensifier la méthode hiswrique et lui demander tout ce qu'elle était stisceptible de donner. En disant que j'ai essayé d'interpréter le particulier par le général et le local par l'universel, je crains de parler un langage barbare qui rebutera phis d'un de mes lecteurs. Je suis donc obligé d'entrer ici dans quelque détail pour me faire comprendre.
Liège n'a pas été un phénomène Uolé dans Vliisloire du monde : elle ne représente qiinne des innomhrahles manifestations de cet esprit de liberté locale qui, au moyen âge, s'est traduit par la création des commîmes. Tontes tes communes ont entre elles, à côté de nombreuses différences, des ressemblances qui leur donnent un air de famille. Et dans cette famille il y a des groupes régionaux qui se caractérisent encore par certains traits spéciaux, iu sorte que si vous connaissez les caractères de la famille et ceux du groupe, il ne vous sera pas difficile de retrouver les traits de l'une et de Vautre dans chacun de leurs membres.
Cela étant, la méthode de ce livre devait consister et consiste essentiellement dans un perpétuel travail de comparaison : c'est celle que j'ai appliquée dans THistoire poétique des Mérovingiens et dans le Notger de Liège. // ne m'appartient pas de dire ce que j'en ai tiré; j'ai rojucience, toutefois, de lui être redtvable du peu que le lecteur instruit trouvera à louer dans mes pages.
Je manquera£s a la justice si, après avoir signalé les difficultés que j'ai eu à vaincre, je ne signalais ici les travaux de quelques érudits qui ont facilité ma tâche.
Infatigable édiitur de textes, M. Stanislas Bormans a mis à la disposition des historiens, pour la première fois, une muUitude de documents prcciiux, tantôt en les publiant intégralement , tantôt en en dressant des répertoires qui sont un vrai fil d'Ariane pour le cJiercheur obligé de s'orienter à travers les broussailles des recueils manuscrits. On verra presque à chaque page de mon livre quel emploi j'ai fait de son Cartulaire de l'église de Saint- Lambert, et Von pourra constater epae les derniers chapitres du tome III reposent en grande partie sur le mémoire d'Onofrio, dont nous lui devons la publication. Je dois plus encore à un autre recuciVdn même érudit qui n'est pas cité une seule fois dans 7nes notes et sans leepael je crois que je n'aurais jamais entrepris d\''crirece livre : c'est son Inventairr rlii-onologi(iii'- dco 1*:'\ve!ni;n s • conservés dans les dépn!-. |)ui)li< > cî h's l)il)lio[!i.'''î|ii';s |iii\i'M's