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[7m oague énorme balaya le rivage, tandis qu'un bruit sourd grondait,
pareil à quelque roulement île tonnerre. (P. 81).
I,A CITÉ DKS IDOLES
nous prosternons devant vous pour vous en faire amende honorable. Accordez-nous, ô mon Dieu, dans votre infinie miséricorde, le pardon de nos iniquités. . . .
Cependant le jour avait reparu, et les dévots agenouillés écoutaient, dans une immobilité stupide, l'oraison languissante que déroulait l'abbé Coupé. Callixte, Anderson, le père Pouremaue, Sara, quelques autres, formaient un groupe à part, ayant refusé de céder aux sollicitations du prêtre et à l'emballement religieux de la foule. Anderson et Callixte scrutaient l'horizon d'où toute voile avait disparu. La mer s'était reculée et, de loin, ou la sentait farouche encore, mal guérie d'une colère effrayante et sublime.
— Je ne vois pas le phare, dit Anderson.
— La presqu'île de Sfume a dû beaucoup souffrir, déclara Callixte.
Mais une rumeur les fit se retourner. Accompagné du Docteur Crucial et du peintre Clairière, le grand savant Parozyckz venait d'arriver sur la grève. Sa haute silhouette dominait la foule moutonnière agenouillée. Callixte et Anderson se hâtèrent vers lui et aidèrent à lui frayer un chemin jusqu'au bord du rivage où l'abbé Coupé exerçait son étrange thaumaturgie. Parozyckz regarda longuement la mer et ces lointains ténébreux, Là-bas, à l'intersection du ciel et des eaux.
— Crucial, interrogea-t-il, a-t-on essayé de télégraphier en Krancobolie ? Des communications sont-elles maintenues ?
Dans l'affolement causé par l'étrange aventure, nul n'avait encore songé à faire cette constatation. Le bureau du télégraphe était là, tout proche, à une centaine de mètres du rivage. Le Docteur Crucial s'y précipita.
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Cependant Parozyckz interrogeait Callixte et Anderson sur les manifestations connues du phénomène. Son front large, un peu ridé, se penchait anxieusement sur les interlocuteurs, et son regard aigu semblait fouiller en leur cerveau, comme pour en arracher d'avance les réponses attendues. Par instants, de sa longue main maigre il se caressait les cheveux, blancs et un peu longs, qui tombaient sur ses tempes. Dans les brefs intervalles entre ses questions et les explications détaillées des deux jeunes gens, on entendait la prière lancinante du curé, négociant avec Dieu la tranquillité de ses ouailles :
— En échange de notre soumission absolue à votre volonté sainte, faites, ô mon Dieu, que soient éloignées de nous toutes ces calamités
Le Docteur Crucial accourut. Il tenait à la main une jumelle marine, trouvée dans les bureaux du télégraphe.
— Impossible de communiquer... cria-t-il. Ligne coupée... Rien ne fonctionne...
Parozyckz prit alors l'instrument que lui tendait le docteur. Il le braqua sur l'horizon mystérieux et demeura longtemps en observation, immobile, son profil d'aigle tendu dans un grand effort d'examen. Alors il se retourna vers les personnes amies qui l'entouraient et, d'une voix calme :
— Messieurs, prononça-t-il, IL n'y a plus de continent !