IMPUISSANCE ET DÉSESPOI& DE U. RAISON
a frénétique fanatisme, s'entrechoqaent, s'excitent à la a folie et se plongent de plein gré dans les plus ineona cevables excès. Niez le Dieu sauveur de peur du mysa tère^ rien ne se comprend plus^ ne s'explique plus a sur cette terre; elle fait horreur. De la hauteur de a vos dédains^ du sein de votre science mal avisée^ du a chaos de vos pensées irrésolues^ de vos illusions fria voles ou passionnées, prétendez-vous foudroyer les a monuments et Tbistoire? Soit! alors détruisez vos a villes, rasez vos édifices et vos demeures séculaires^ a renversez vos temples; plus de passé, régnez parmi a les ruines, je le conçois; ce vandalisme est au moins a logique ! Mais les pierres crieront encore et crieront a avec la voix des siècles : Jésus-Christ est Dieu *^ I »
Devant ces faits et ces raisonnements d'une évidence incontestable, quelle puissance de sophisme, quelle audace de paradoxe ne m'a-t-il pas fallu déployer pour donner le change I... Mais j'avais préparé de loin le grand résultat où je suis parvenu. Pour amener la théo* rie du -mythe, j'avais commencé par faire pénétrer à grands flots le panthéisqne dans la métaphysique allemande, afin d'y miner de plus en plus les rivages de l'orthodoxie. D'après le système de la philosophie de Tabsolu , la révélation évangélique n'était plus qu'un des accidents de Téternelle révélation de Dieu dans la nature et dans l'histoire , un développement naturel et spontané des religions et des philosophies antiques. Hegel vint mettre la dernière main à ce travail de dissolution, et glacer de son soufile aride le mouvement et la vie dans leurs germes les plus riches et les plus féconds. Poussant l'abstraction à ses dernières limites et se
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jetant^ avec toutes les réalités de la création^ dans ces royaumes de la mort, imaginés par Tantiquité, où Ton n'étreignait que des fantômes, il ne vit plus dans le christianisme qu'une idée dont la valeur religieuse est indépendante des témoignages de la tradition. Et c'est ainsi que, de formules en formules, toutes les pbilosophies, après s'être longtemps combattues , ont fini par s'embrasser sur les ruines de la même croyance. Alors est venu le docteur Strauss ; s'appuyant sur les procédés de la méthode allemande, il a symbolisé, allégorisé les récits des quatre Évangiles et supprimé définitivement le Christ qui a perdu son auréole et sa grandeur, qui n'est plus qu'un songe, ou, si vous voulez, le héros fantastique d'une mystique épopée. A la foi des ancêtres on a substitué une formule d'école; les cieux sont vides, mais à la place de Dieu on a mis une idée, l'humanité ! Et c'est avec cette abstraction que l'on a comblé l'abime I... Spectacle lugubre 1 On croit voir la fatalité antique se dresser de nouveau sur son trône d'airain et pousser les mortels de son pied dédaigneux dans le goufire du péant...
a 11 y avait un rossignol allemand qui chantait ses a plus beaux chants dans la forêt Hercynienne. Les a peuples étaient accourus et écoutaient sa voix enchan-^ a tée. Us sentaient, pendant qu'ils Tentendaient, ren» a trer dans leurs cœurs la foi qu'ils avaient perdue et a la poésie des vieux jours. Un souffle divin les ranî- « mait, et leur ftme s'élançait sur les ailes de cet oiseau a merveilleux pour parcourir les sphères mélodieuses» a Mais voilà qu'un serpent à la gueule impure avait a roulé ses anneaux au tronc d'un chêne du voisinage.