LA SOCIÉTÉ £N POUSSIÈRE
« en tous lieux son berceau^ à ces races qui se trouvent » partout en même temps et partout dans la même a ignorance de leur origine^ aux diversités de toutes « espèce qui les séparent encore plus que les di^- « tances^ les montagnes et les mers^ à Tétonnement (( dont elles sont saisies quand elles se rencontrent^ à a la constante hostilité qui se déclare entre elles dès c( qu^elles se connaissent; quand on songe à cette obs- (( cure prédestination qui les appelle tour à tour sur la « scène du monde^ qui les y fait briller un moment^ et « qui les replonge bientôt dans Tobscurité^ un sentiipent « d'effroi s'empare de Pâme, et Tindividu se sent ac- <x câblé de la mystérieuse fatalité qui semble peser sur « l'espèce. Qu'est-ce donc que cette humanité dont « nous faisons partie? d'où vient-elle^ où va-t-elle? En « est-il d'elle comme des herbes des champs et des « arbres des forêts? Comme eux, est-elle sortie déterre, a en tous lieux, au jour marqué par les lois générales a de l'univers, pour y rentrer un autre jour avec eux? «Ou bien, comme l'a rêvé son orgueil, la création a n'est-elle qu'un théâtre sur lequel elle vient jouer un « acte de ses destinées immortelles? Encore si la lu- « mière qui ne luit pas sur son berceau éclairait son a développement! mais sait-on où elle va, comment « elle va? La civilisation orientale est tombée sous la « civilisation grecque ; la civilisation grecque est tom- «bée sous la révélation romaine; une nouvelle civili- « sation, sortie des forêts de la Germanie, a détruit la <K civilisation romaine : que deviendra cette nouvelle «civilisation? Conquérra-t-elle le monde, ou bien « est-il dans la destinée de toute civilisation de s'ac-