‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 18 sur 62 · IMPUISSANCE £T DÉSESPOIR DE LA RAISON · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE £T DÉSESPOIR DE LA RAISON

« croître et de tomber ? En un mot, rbumanité ne faitcr elle que tourner éternellement dans le même cercle, a ou bien avance-t-elle? au bien encore, comme quela ques-uns le prétend en t,recule-t-elleî Car on a supposé tt aussi que toute lumière était au commencement, « que, de traditions en traditions, de transmissions en « transmissions , cette lumière allait s'éteignant, et «que, sans nous en douter, nous marchions à la « barbarie par le chemin de la civilisation. L'homme a demeure éperdu en face de ces problèmes : anéanti « qu^l est dans Tespèce, l'anéantissement de l'espèce (( elle-même au milieu d'une mer de ténèbres glace c( son cœur et confond son imagination. Il se demande « quelle est cette loi sous laquelle marche le troupeau « des hommes sans la connaîU'e , et qui l'emporte avec eux d'une origine ignorée à une fin ignorée; et a de cette manière encore se pose pour lui la ques- « tion de sa destinée ••. »

Douloureux désappointement! triste déception!

Qui donc rompra les monotonies du sommeil que dorment les peuples dans leur vaste sépulcre? Qui donc se lèvera sur la fosse commune où ils reposent pour écarter les obscurités amoncelées sur le cercueil des civilisations T.. .

Mais pourtant la philosophie est une grande chose. N'est-ce pas la science des sciences, la science de prédilection des sages et des hommes de génie, dans tous les siècles, depuis Thaïes et Pylhagore? Sous les effoHs de tous ces génies créateurs qui se sont succédé, de tous ces grands pontifes de la spéculation, qui ont travaillé avec tant de zèle à son triomphe, il ne f^e peut

LÀ SOGIÂTi £N POUSSIÈRE* S07

faire qu'il ne se soit élevé quelque remarqiiable étamissement au sein duquel toutes les générations vont désormais puiser une nouvelle vie et atteindre Tapogée de la prospérité et du bonheur... La philosophie enfin^ n'est-ce pas la lumière des lumières ^ l'autorité des autorités^ la dernière limite de splendeur et de certitude où l'esprit humain puisse atteindre? Ne trouvet-on pas en elle^ avec l'explication de toutes choses^ ou du moins avec la solution des plus sérieux problèmes^ une paix supérieure autant qu'inaltérable?... Maîtres^ parlez encore; nous vous interrogeons, daignez nous répondre.

^ Deux faits frappent tous les esprits dans le speca tacle de la philosophie et dominent toute son his- « toire : d'une part, à toutes les grandes époques, à a toutes les époques lucides des annales de l'bumac( nité, le privilège étonnant qu'elle a d'occuper et « d'absorber les plus hautes et les plus fermes intela ligences; de l'autre, malgré les travaux et les efforts a de ces hautes intelligences, le malheur non moins a extraordinaire de demeurer immobile, étbbkelle*

a MENT RETENUE SiNS LES MÊMES INCERTITUDES OU LES a PREMIERS JOURS DE SON HISTOIRE l'aVAIENT PLACEE. As-

a sûrement le cercle de ces incertitudes s'est agrandi, a des questions nouvelles ont été ajoutées à celles a qu'elle agitait à son berceau; on a vu le nombre de a ces questions varier selon les époques, mais les noua velles venues n'ont pas eu une meilleure fortune « que les anciennes. En entrant dans le domaine de

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