‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 25 sur 62 · LS DEUIL DB U. NATUBE · texte numérisé non relu

LS DEUIL DB U. NATUBE

Nourrie des beaux souvenirs des pays et des âges de poésie et de gloire, mon imagination s'envolait vers ees terres antiques dont les noms harmonieux rappellent toutes les merveilles des arts, toutes les richesses^ toutes les pompes de la nature.

Dans ces climats éclatants et si favorisés du ciel, oii s'épanouit la fleur de la pensée humaine, où elle répandit ses plus doux parfums, il n'est pas un sommet, pas un bosquet, pas une vallée, une fontaine, un ruisseau qui n'ait été effleuré par le souffle du génie, im* mortalisé par le chant de quelque poète.

Je me disais : Qui sait? un jour peut-être j'irai visiter ces belles contrées. Je verrai ees palais, ces cités, qui brillent au soleil d'Orient; je méditerai sur ces grandes ruines qui attestent la puissance et le génie de peuples fameux, depuis longtemps^ disparus de la scène du monde; j'admirerai toutes ces magnificences de la terre et du ciel, dont les descriptions me ravissent dans les ouvrages et les récits de ceux qui les ont contemplées... Je parcourrai ces fameux rivages qu'ombragent des bosquets de myrtes et d'orangers, qui ont vu fleurir les grands empires, les grands hommes et les grandes choses, théâtre de tous les événements mémorables, de toutes les révolutions qui ont remué le iftonde...

Que de fols, dans mes songes, j'ai visité ces riantes plages, ces horizons de montagnes aux molles in-* flexions, aux cimes lumineuses, admiré, du haut des promontoires, ces splendides mers des tropiques, vaste et brillant miroir où le ciel se regarde avec ses beaux nuages d'argent et son firmament d'azur et d'or...

Ainsi je m'enivrais de poésie^ de riantes perspectives, de songes enchantés.

Ainsi j'ouvrais mon Ame à tous les souffles de la vie^ à tous les nobles enthousiasmes, à toutes les saintes aspirations.

Ainsi, pour adorer et pour bénir, je tombais à genoux devant les miracles de la puissance et de la sagesse infinie.

Mais voilà que les fils du mensonge ont murmuré de sinistres paroles et fait descendre la nuit sur cette nature si sublime et si belle, sur ces glorieux domaines de la science et des arts, sur ces irradiations de la lumière et de la vie; ils ont flétri de leur souffle glacé toutes ces spléndides harmonies et enveloppé le ciel et la terre de froides ténèbres.

Us ont exilé Dieu de la création ! . . .

Et maintenant que voulez-vous que je pense de cette grande énigme de l'univers sans Dieu qui me Inexpliqué?... Maudits! qu'avez-vous fait de ce Dieu vivant qui a entend le cri des petits du corbeau et leur donne « la nourriture, qui ouvre ses mains et remplit toute « créature de bénédiction? »

Que puis-je comprendre à ces sphères qu'aucun doigt intelligent ne guide dans ce désert des cieux qui ifi'écrasent? Astres niuéts maintenant et voilés de deuil, ils ne racontent plm la gloire du Très-Haut !

L'univers est découronné de ses .splendeurs; il a perdu sa divine auréole!...

Qu'est-ce que ce globe qui me porte? où tendent ées systèmes de vie qui se déploient avec tant de profu-

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