‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 26 sur 62 · LE DBUFL DE LA NATURE · texte numérisé non relu

LE DBUFL DE LA NATURE

sion à sa surface? Quel est le but de tous ces phénomènes qui me pressent de toutes parts? Est-ce harmonie? est-ce jeu du hasard? qui me le dira?

Et cette humanité qui s'agite sur cet immense champi de douleurs, d'où vient*elie? où va-t-elle ? quelle est sa destinée ? Insoluble problème.

Si vous touchez à son histoire, ou c'est pour faire de rhomme je ne said quel dieu extravagant, ou c'est pour ridentifier à l'animal; glorifiant tous les délires de sa raison, depuis le fétichisme le plus grossier jusqu'au plus brutal athéisme; légitimant toutes les abjections de son cœur, depuis les saturnales antiques jusqu'aux orgies contemporaines : affreux pandémonium où toutest confondu, crimes et vertus, eri^eurset vérités : science de l'abîme et de la mort qui consterne l'âme et la plonge dans la stupéfaction et l'horreur. .

Seigneur! Seigneur! le mal a débordé sur la terre comme les grandes eaux au jour de vos vengeances... Déjà^ le flot de votre colère monte et gronde au seuil de nos cités qu'assiègent la nuit çt le désespoir...

« Ah ! riez, riez, dans l'entrain de vos saturnales^ fils des saints et des martyrs dont vous foulez les os et la cendre, dans vos danses autour du veau d'or. Mais si demain la terre se dérobe sous vos pas, si le ciel ébranlé tombe sur vos têtes, si les montagnes s'aiFaissent sur elles-mêmes, et que le soleil manquant au firmament, la nuit se fait partout; quand vous ne ver^ rez plus que le néant à votre droite , le néant à votre gauche, le néant devant vous, le néant derrière, le vide sous vos pieds, le vide sur vos fronts, quand tout.

dans celte société morte^ aura4i8paru comme un réve^ et que les derniers rugissements de Touragan marqueront seuls la chute des heures^ alors vous apercevrez ce que c'est que d'avoir exilé Dieu du monde^ de la cité^ du cœur de l'homme, de l'avoir banni de l'art, de la science, de l'industrie, de la société tout entière... Déjà, sur la cime des monts et au fond des déserts ^ n'entendez-vous pas de lohi comme la trompette de l'Ange exterminateur qui porte dans ses mains les coupes apocalyptiques de la colère de Dieu ^?.«. »

Déjà cette colère inévitable vous atteint et vous dé* vore dans cette nuit profonde qui est venue opprimer votre àme.

. Naguère encore vous chantiez dans les tressaillements et l'ivresse de vos voluptés :

a Venez, hfttons-nous de jouir des biens qui existent; demandons le plaisir à toute créature, car la jeunesse fuit rapidement.

a Faisons couler à flots les vins exquis et les parfums; ne laissons passer sans la cueillir aucune fleur du printemps.

<K Couronnons-nous de rosçs avant qu'elles ne se flétrissent ; qu'il n'y ait pas de prairie où notre volupté ne se promène.

« Laissons de tous côtés les vestiges de notre joie; car jouir, toujours jouir, tel est notre partage et notre destinée ^ »

Mais bientôt les roses ont p&li sur vos fronts, et un jour, au sein même de vos festins de délices, vous vous êtes sentis frappés au cœur d'une secrète défaillance;

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