LE DEUIL .DE LA. NA^TOKE, S
au milieu des fleurs embaumées qui couronnaient vos coupes d'or et des flots d'harmonie qui enivraient vos sens^ vous avez aperçu^ se dressant dans Fombre qui peu à peu obscurcissait vos joies^ un spectre sinistre... Il s'est posé là^ devant vous^ inexorable^ articulant à votre oreille des paroles lugubres, pleines d'épouvante... Alors le désespoir est venu comme un serpent de feu enlacer vos flancs^ et du fond de votre misère on vous a entendus répéter avec une indicible angoisse :
a Le temps de notre vie est court et plein d'ennui ! il n'y a pas de consolation dans la fin de l'homme , et Ton n'en connaît point qui sent revenu du tombeau.
a Nous sommes nés de rien^ et après la mort nous serons comme si nous n'avions Jamais été.
« Notre corps n'est que poussière et notre esprit se dissipe comme une vapeur légère; nous passons comme un nuage qui fuit sans laisser de trace.
a Notre vie s'évanouit comme une ombre, et. sur notre tombe, le sceau est posé pour jamais^! »
C'est ainsi que vous ont saisis et enveloppés des té* nèbres vengeresses; et pendant que vous descendez, ombres lamentables, dans la mort et le néant dont les terreurs assiègent votre âme, au dehors de cette nuit désolée, le Dieu de la viOi le Dieu de l'amour et de l'espérance, le Dieu que vous avez renié , resplendit dans toutes les gloires dont il a marqué chacune de ses œuvres, et le chœur de tous les êtres, à toutes les heures que mesure le temps, à tous les degrés de l'échelle sans fin de la création^ redit l'éternel cantique : C'est Lui ! C'est Lui ! Partout c'est Lui I c'est toujours Lui !
« C'est toujours Lui ! Sa voix, pour arriver à l'âme,
Empttinte des accents à tout cet univers !
Il est dans les rayons dont rhorizon s^enflamme^
Dans l'étoile des nuits et.dûis l'azur des mers.
Sa majesté triomphe au sein de la tempête.
Son regard flamboyant dans l'éclair a relui,
Et l'asile sacré qui protège ma tête.
C'est Lui, c'est toujours Lui ! '
« Il est dans l'hymne saint que répètent les anges Et dont récho lointain retentit jusqu'à moi ; Xes oiseaux gazouillants célèbrent ses louanges, Le murmure des eaux le redit à ma foi.
Le souffle du zéphyr, rabeitle qui bourdonne. Le silence du soir quand le soleil a fui.
Tout a des chants divins, partout son nom, résonne ; C'est Lui, partout c'est Lui !
« Le retentissement des empires qui croulent. Et des peuples émus les cris étourdissants.
Le sourd bourdonnement des siècles qui s'écroulent. Font entendre sa voix dans leurs rauques accents ; Elle éclate parmi les bruits divers du monde; Jamais plus clairement ni plus haut qu'aujourd'hui ; Dans les rugissements de l'univers qui gronde... C'est Lui, c'est toujours Lui !
« Son amour m'environne, et l'air que je respire. Le pain qui me nourrit et l'abri de mon toit. Ha joyeuse santé, les doux chants de ma lyre. Tous ces biens, c'est h Lui que mon âme les doit. Si mes cieux sont obscurs, si (a douleur amère A mon cœur dans le deuil apporte un long ennui^ Qui trouvé -je voilé sous un mal salutaire?
C'est Lui, c'est encor Lui !
« C'est Lui qui, par la main, dès l'aube de ma vie, Me saisit^ égaré dans un désert sans bord;