prologue
hymne de reconnaissance et d'amour vers le Dieu qui bénit la ferre...
Les heures s'étaient ainsi; depuis l'aurore^ écoulées calmes et riantes , et rien n'était venu troubler la pure sérénité du ciel^ lorsque^ vers l'heure qù le soleil atteint les deux tiers de son cours^ on vit comme un point noir se projeter sur son disque et en obscurcir l'éclat.
Peu à peu ce point noir s'étendit^ et bientôt il enveloppa tout l'occident; ne laissant arriver à la terre qu'un jour blafard et sinistre.
L'air; jusque-là si pur et si balsamique^ devint une vapeur pesante et glacée qui flétrissait les plantes et oppressait la poitrine.
Tous les êtres qui peuplent et animent les campagnes s'étaient hàtéS; dans leur frayeur^ de regagner leurs retraites; et l'hommc; au milieu du morne silence qui; tout à coup; s'était fait autour de lui; soupçonnant qu'il se passait quelque chose d'étrange d^ns la nature; ne pouvait se défendre d'une secrète terreur. *
Bientôt le ciel et la terre disparurent ensevelis dans les plus noires ténèbres. Au sein de cette nuit eiFrayantC; chacun sentait son ftme se serrer et le frisson courif dans ses veines.
Les heures succédèrent aux heureS; heures longues; heures sans sommeil; pleines de fantômeS; d'anxiété et de pressentiments funestes*
Ceux qui veillaient enf r'ouvraient de temps ea temps la porte de leur demeure et s'arrêtaient; sains dV-
PROIOGUE. K
Croîj sur le seuil*., nul astre aa ciel, nul bruitj nul mouvement^ partout lliorreitr d'une nuit impénétrable et d'un lugubre silence.
Quelques-uns, poussés par le vertige du désespoir, s'en allaient palpant au hasard les ténèbres, et, perdus sans retour au fond de la nuit, périssaient victimes d'effroyables catastrophes.
Il y en avait qui, dans les transports fébriles d'une hnaj^nation troublée, criaient du haut des toits : a Le jour va paraître!... L'Orient commence à blanchir!... »
Et les hommes, le cœur palpitant d'espoir, fixaient avidement leurs regards sur ce point de l'horizon d'où devait jaillir le premier rayon qui rendrait à la .terre la douce lumière des cieux.
Longtemps, longtemps ils attendaient!... Aucun rayon ne venait éclaircir l'épaisseur des ombres.
Ils étaient là, muets, immobiles, défaillant sous le poids d'une inexprimable anxiété, lorsque tout à coup, du cAté de l'occident, on entendit comme une grande clameur qui se prolongeait au-dessus des cités consternées, pareille au cri d'agonie de tout un peuple précipité vivant dans un abtme.
Et, dominant ce cri suprême, une voix qui n'était pas de l'homme, fit entendre ces paroles formidables :
a Malheur aux générations impies! Elles sont maudites! A elles les angoisses et réternelle nuit !... »
Christ ! votre règne a fleuri comme- un beau printeifnps parmi les enfants des hommes. Soleil des intel*
6 PROLOGUK.
ligences^ lumière qui fait la sérënité des cieux^ vous aviez pénétré la terre d*ûn feu céleste, d'un esprit de vie... Mais les fils de Satan sont venus, ils oht envahi votre héritage; sous leur souffle de inort, les fleurs se sont flétries, de sinistres vapeurs ont voilé les astres dans Tazur du firmament, et la terre s'est enveloppée de ténèbres.
Us disaient ces fils du mensonge :
a Regardez à l'orient! Regardez à l'occident! Les temps sont arrivés! Une aurore nouvelle se lève! Voici la lumière! Voici la vie! »
Mais c'est l'heure des défaillances qui est venue ; c'est l'hiver glacé; c'est la nuit triste et sombre !... Et voilà que les nations éperdues cherchent en vain leur voie dans ces ombres funèbres au fond desquelles l'œil effrayé n'aperçoit que des précipices • (!).•.
(1) Toutes les notes placées à la fin du volume seront indiquées par des chilTres au haut des lignes.
Li aTÉ DU MAL.
Il y a d'autres esprits que TespriMinmain : telle est la croyance de tons les temps et de tons les peuples. Les anf^es sont nos flrères a!nés dans TépreuTe, la fidélité^et Tinfidélité, et quiconque méconnaît la réalité des relations des hommes avec ces puissances invisibles^ fidèles on déchuçs^ ignore Tnn des éléments de Tfaistoire du monde ^ puisqu'il ignore Tun des agents les plus puissants dans la grande lutte des idées et des passions qui enfante tontes les autres Inttefl.