‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 39 sur 62 · L*£SPRIT DE VIE ET L^ESPRIT DE MORT · texte numérisé non relu

L*£SPRIT DE VIE ET L^ESPRIT DE MORT

turê, et» pour comble de disgrâce , ridicule. Milton oonfprit enfîo ce pauvre caloiuDié^ et commença la métamorphose que la haute impartialité de notre temps devait achever.

« Un siècle aussi fécond que le nôtre en réhabilitations de toutes sortes ne pouvait manquer de raisons pour excuser un révolutionnaire malheureux , que le besoin d'action jeta dans des entreprises hasardées. On pourrait faire valoir, pour atténuer sa faute , une foule de motifs contre lesquels nous n'aurions pas le droit d'être sévères (!]. »

2> page ^7. — Mgr Gerbet, Considérations sur le dogme, etc., pag. <67.

(i) Ehnest Renan.

LA COUPE DES ABOMINAtlONS.

L'HOMME ANIMAL

NOTES

i , page 55. — Pascal, Pensées, etc.

2, page 55. — Montaigne, Essais^ liv. ii.

3, page 56. — Vauvenargues.

4, page 56. — J. J. Rousseau.

5., page 59. — Y. Hugo, les Rayons et les Ombres; Regard jeté dans une mansarde.

Un orateur d'une haute éloquence a peint en traits saisissants la dégradation affreuse dans laquelle peut tomber un jeune homme livré à la lecture des romans immoraux :

...... N'avez-Yous pas rencontré de ces hommes qui, à la

fleur de Tâge, à peine honorés des signes de la virilité, portent déjà les flétrissures du temps; qui, dégénérés avant d'avoir atteint la naissance totale de l'être, le front chargé de rides précoces , les yeux vagues et caves^ les lèvres impuissantes à peindre la bonté^ traînent sous un soleil tout jeune une existence caduque? Qui a fait ce cadavre? qui a touché cet enfant? qui lui a ôté la fraîcheur de ses années?

Ik COUPE B£5 ÀBOMmÀTIONS. 32?

qui a mis sur sa face des siècles honteux? N'est^e pas ce sens enoenai de la vie des hommes? Yictime de sa déprayation^ le malheureux a yécu solitaire...; le voilà! il s'en Ta, pris du vin de la mort^t d'un pied méprisé, porter son coips au tombeau^ où ses vices dormiront avec lui et déshonoreront sa cendre jusqu'au dernier des jours.

« J'ai, déjà vu dans ma vie bien des jeunes gens, et^

je vous le déclare^ je n'ai jamais rencontré de tendresse de cœur dans un jeune homme débauché ; je n'ai jamais rencontré d'âmes aimantes que les âmes qui ignoraient le mal ou qui luttaient contre lui. Une fois^ en eifet^ qu'on s'habitue aux émotions violentes 9 comment voulez-vous que le cœur, une plante si délicate, qui se nourrit de quelques gouttes de rosée tombant çà et là du ciel pour lui, qui s'ébranle par de légers souffles, qui est heureux pour des jours par le souvenir d'une parole qui a été dite, d^un regard qui a été jeté, d'un encouragement que la bouche d'une mère ou la mAin.d'un ami a donné; le cœur dont le battement est si calme dans la vjme iiature, pi^sque insensible à cause de sa sensibilité même et de peur qu'il n'eût été brisé par une seule goutte d'amour, si Dieu l'ayait fait moins profond ; comment^ dis-je^ voulez-vous que le cœur oppose ses douces et frêles jouissances aux jouissances grossières et exagérées du sens dépravé? L'un est égoïste^ l'autre généreux ; l'un vit de soi, l'siutre hors de soi : entre ces deux tendances^ l'une doit prévaloir ; si le sens dépravé l'emporte, le cœur se flétrit peu à peu, il ne sent plus la force des joies simples; il ne va plus vers autrui, il unit par ne plus battre que pour donner son cours au sang et marquer les heures de. ce temps honteux dont la débauche précipite la fuite. Mais quoi de plus abject que de tuer le cœur dans l'homme? Que restet-il de l'homme quand son cœur ne vit plus? Pourtant 1% sens dépravé fait davantage encore ; aucun vice comme aucune vertu n'arrête ses effets à l'homme seul; l'un et Fautre

"324 DÉVEIOFPEirEKTS £T KOTES.

ont dans la soeiétô le contrecoup de leur action; et, !Mnis ce rapport^ le sens dépravé est l'oppression et la ruine du monde, v Lacordaibe, Confér, de Notre^Dame^ u, 39'^42.

6, page 61. — Bossuet.

6*, page 62. — Cf. VmET, Essai de Morale; — Sainte- Beuve, Fo/upfé,*— Lacordaire, 22* et 23» Confér, Nous avons cité plus haut un fragment de ce dernier sur Tes funestes effets des habitudes voluptueuses^ écoutons le P^ Félix nous peignant rabaissement du earactélre chez le fils de famille, en proie à la vie sensuelle.

« Voyez le jeune homme même bien élevé^méme religieift> tnats liviré corps et âme à cet empire énervant du sensualisme : (jue fera-t-il, un jour là-bas, dans ce vieux château qui a abrité sous son toit tant d*ancétres fameux et tant d'hotnmes héroïques? Il vivra, je devrais plutôt dire il végétera dans une atmosphère sensuelle f|u'il aspirera du sein des grandes cités pour en envelopper sa demeure. Artiste ou littérateur^ il fera de Vart ou de la littérature sensuelle. Étranger aux lettres et aux arts, que fera-t-il pour tuer l'ennui de ses longues Journées? Ahl vous le demandez. U poursuivra de château en château les soirées sensuelles^ les bals sensuels, les intrigues et les liaisons sensuelles. Que fera-t-il pour l'abnégation? Bien. Pour le sacrifice? Bien. Pour Thérolsme? Rien. Que fera*t-il pour la joie de sa mère? Bien. Pour l'honneur de ^a famille? Bien. Pour la gloire de son nom? Bien. Que fera-t-il enfin pour se vaincre lui-même^ devenir un bomme^ se faire un caractère ?.Bien. Aussi ce biâi élevé n'aura' pas de earaetère, et ce descendant des héros ne sera pas un honutie. Fils des croisés, je te salue ! Héros de ce temps, j'admire t'es exploits! Tes ancêtres s'illustraient sur le champ de bataiHe; 4ls refoulaient la barbarie et sauvaient la civilisation; ils étaient de leur temps,, ils faisaient de l'héroïsme. Toi, tu t'illustres dam les intrigues , tu brilles dans les bals joyeux et

les saloQs parfumés ; poursuis ta noble carrière^ va conquérir le plaisir, tu es de ton siècle , tu fais du sensualisme. Oui^ le sensualisme, ô chevalier de ce tçmps^ voilà le triomphe de ton* courage ! Et quel sera le triomphe de ton sensualisme? un triomphe digne de lui et de toi, la volupté^ cette grande décadence humaine ! Or^ si tel est le jeune homme, qui a pour résister aux influences du sensualisme le sentiment de la noblesse et Villustration de la race, que dire de celui qui^ jeté dans le même courant, n'a pour résister à ses entraînements rien de ces traditions généreuses et de ces sentiments élevés qui sont l'héritage des grandes familles? Et qu'atteodre de Tun et de l'autre^ si ce n'est la chute la plus profonde? » Confér. sur le sensualisme,

7, page 64. — Escousse. C'est le nom de ce malheureux jeune homme qui se tua avec son ami Lebras, désespéré d'un insuccès littéraire. On trouva cette note sur sa table : « Escousse s'est tué parce qu'il ne sentait pas sa place ici ; « parce que la force lui manquait à chaque pas qu'il faisait « en avant ou en arrière ; parce que l'amour de la gloire ne a dominait pas assez son âme, si âme il y a. d

8, page 64. -^ Eue. Sue, le Juif-Errant, t. X, ch. xvh ; la Salamandre^ t. II. — Alex. Dumas, Antony, acte III, se. lU, et acte II, se. IV. — Alfred de Vigny, Cfhatterton, acte lll, se. vii et vm. — - G. Sand, Jacques, t. II; Indiana, t. H. — Lamartine, Rapha'dy IX XV.

9, page 65. — G. Sand, Indiana, t. II. Nous venons de nommer l'auteur de Lélia, cet abominable roman parmi tant d'autres livres du même écrivain, dictés par le démon de h luxure. Un professeur du Collège de France, conseiller d'Etat, maître des requêtes, etc., a osé écrire ces lignes pour glorifier cette femme qui a jeté tant de poison dans le cœur de la génération actuelle :

id

326 I^ÉVfiLOPPEMENTS ET KOT£S.

« Patience ! s*écrie-l-il, voici venir la vraie prêtresse, la véritable proie de Dieu. Le sol a tremblé sous le pied impétueux de Lélia ; elle paraît, et d'un bbnd elle s'est mise à la tête, non pas des femmes, mais des hommes. Bacchante inspirée, elle mène, dans le siècle, le choeur des intelligences^ qui la suivent ardemment. Poursuis, Lélia^ poursuis ta marche triomphalement douloureuse! Tu t'es dévouée; ne fléchis pas, obéis à ton Dieu ! Il t*a envoyée après la protestante (M"« de Staël) et la juive (M"» de Varnaghen), pour être, à la clarté du jour, le poète des idées de Tinfini... N'abdique pas la sublime effronterie de ton génie ! Renouvelle les lois de Tamour et de l'hyménée! Chante, ne pleure pas, et, loin de te laisser consumer par le feu divin que recèlent tes flancs, verse-le sur le monde ! )) (Lerminier, Au-<lelà du Rhin). On ne sait lequel est le plus odieux, du cynique panégyrique ou du livre immonde qu'il préconise.

Enfin, cette brillante empoisonneuse décline depuis quelques années, si l'on en croit les Revues qui l'ont le plus préconisée. La Revue des Deux-Mondes disait déjà de ce romancier eu 1855 : u 11 en est de ce talent comme de bien d'autres (£ui poilent dans des conditions nouvelles des forces épuisées. L'inspiration d'autrefois est visiblement tarie ; elle a produit tout ce qu'elle pouvait produire, et elle est allée s'égarer daus tous les excès. » (Livraison du 1*' nov. 1855, p.. 702),

10, page 66. G. Sand, Jacques, t. II. — Eue. Sue, le Juif- Errant, t. VU, ch. vu; t. IX, ch. v et x.

\ 1, page 66. — G. Sand, Valenttnej, t. 1®"^ et t. II; Jacques, 1. 1; Indiana, t. II; Lélia, t. II. — Eug, Sue, le Juif-Errartl, t. X, ch. X. — Balzac, Peau de chagrin. Physiologie du Manage. Scènes de la Vie irrivée, etc.

12, page 67. — G. SaSd, Jacques, t. IL — Balzac, le Père Goriot»

lA COUFB DES ABOlimATIONS. 327

13^ page 67. — G. Sand, LuGrezia ghriani, 1. 1.

i4^ page 68. — Alex. Dumas, Fernande, 1. 1; la Dame aux Camélias, acte lli et acte V. -» Balzac, Splendeurs et Méères de$ Couriisanes^ Uh^G. Sano, Jsidora, t. II.^Y.Hugo^ etc.

i5, page 69. Balzac.

i^, page 70. L. Rbybagb , Études sur les Réformateurs contemporains*

47, page 70. — « La dâbaucha est certamemeiit un art « comme k poésie et yeut des &mes fortes. » Balzac^ Peau de chagrin^ p. 209.

48^ page 72. •- Sur tout ce qui concerne la littérature contemporaine dans ses rapports avec les mœurs ^ nous ne pouvons irop recommander le beau livre de M. Pottou, conseiller à la Cour impériale d'Angers; ce livre a pour titre : Du Roman et du Théâtre contemporains, et de leur influence sur les moeurs ; ouvrage couronné par llnstitut (1857). Paris, chez Auguste Durand^ rue des Grés^ 7.

19^ page 73. — Béramger, les quatre Ages historiques, 20, page 73. —G. Sand, Valentine, t. IL 21» page 73. — G. Sano, Jndiana.

22, page 74. — G. Sand, Valentine^ t. II.

23, page 75, — G. Sand, Jacques, t. II.

24, page 75. — Alex. Dumas, Antony^ acte II, se. iv.

25, page 75. -— G. Sand, Lélia, t. I.

26, page 75. — - Alex. Domas, Antony, act. 111, se. ni.

27, page 75. — Alfred de Vigny, SteUo, ch. xir.

3i8 DÉVELOPPEMENTS £T NOTES,

28, page 75« — G. Sand, Lélia^ 1. 1, § nu.

29, page 76. -r G. Sand, Isidora, 1 1.

30,: page 77. ^ Edg. Sue, Martin, Venf^mt trouvé.

31, page 77. — EoG. Sue, Martin, etc., t. IX.

32, page 77. — Edg. Sue, op. dt,, p. i75v

33^ page 77. «^ G. Sand, le Compagnon du tour d& France, 1. 1, p. 222, etc.

34> page 78. — G« Sand, h Meunier d'Jngihaulty t II, p*23e.

35, page 78. — Eue. Sue, Martin, etc., t. VIII, p. 233. 36^ page 78. -* Ëérangeb, ie vieux Vagabond,

37, page 79. — EuG. Sue, le Juif^Erranl, t. YHl, ch. xvi, p. 270. (

38, page 79. — G. Sand, Lélia, 6« partie, § xl.

39, page 80. — Ém. Sodvestre, Riche et P/iuvre, t. H, p. 361.

40, page 81. — V. Hugo, Angelo, acte II, se. v.

4 1, page 81. — Pierre Dupont, le Chant des Ouvriers,

42, page 82. — « Vautrin prouve , avec une précision géométrique, qu'en fait d'honnêteté la société est tout â fait inférieure au bagne,; que les voleurs ne doivent pas aller dans le monde, de peur de se mésallier, et les courtisanes, de crainte de voir des choses qui effaroucheraient leur pudeur. Tout riche est im avare; toute grande dame, une femme perdue ; tout écrivain, un marchand de pensées; tout homme politique, un intrigant. Le monde se compose de. bandits dorés sur tra^icbe et de eourtisanes parfumées de grâce et de

LA GOirPE DE9 ABOlCINÀTrONS. 3S9

bon ton. Yoilà^ sauf de brillantes, mais de trop rares exce]»* tions, le fond de tous les romans de M. de Balzac, d(mt Tes* prit et le talent sont des dangers de plus. — Dans ce nouveau cours de morale^ on trouve des maximes telles qm celle&-ci :. « 1) n'y a pas de principes, il n'y a que des événements ; il « n'y a pas de lois, il n'y a que des circonstances, et l'homme « supérieur les épouse pour les conduire, » Enûn, cette dernière : « Vous trouverez en moi de ces immenses abîmes, « de ces vastes sentiments concentrés que les niais appellent « des vices, n — Ainsi parle Vautrin, le logicien par excellence, Tesprit supérieur, l'homme admirable et admiré. H règne et gouverne partout où il se trouve; il ne réussit pas toujours; mais quel est le général qui est sûr de gagner toutes les batailles qu'il livre? — Vautrin le voleur, qui fait tuer xm homme pour rendre plus riche une héritière sur la dot de laquelle il doit avoir une large somme ; Vautrin le meurtrier, qui prend de temps à autre ses quartiers d'hiver aux galères^ est tout simplement un Napoléon couché sous sa colonne au lieu d'être dessus. a.Nettkmetct, Études crttt* ques mr le feuiUelon-roman.

^3^ p3ge 83. — Voyez le beau livre de M. Menche de Loisne, Influence de la LittérçUure française de 1830 à 1850 sur l'esprit public et les mœurs, ouvrage couronné par l'académie de Châlons-sur-Marne.

44, page 91. — « La poésie et l'art, dont la sainte mission était de rappeler aux hommes toute la grandeur de la vertu, toute la gloire des héros, toutes les pensées nobles- et gé-né^ reuses, s'offrent maintenant comme une école active de inau* yaises.nueurs. Il y a deux cents ans, certains livres se ca* chaient comme une honteuse action. La société tout entière aurait craché au visage de l'homme qui eût osé dire : C'-est mon ceuvre» Mais il se commet maintenant, à la face du so^ leil, une des iniquités les plus propres à soulever toute

S38 vÈnuanaamiB et itoT£s.

oonacienee qui a encore quelque reste de courage et de pfudeur* On jette en pâture à toutes les intelligences de ce monde corrompu^ des livres où les penchants les plus grosûers du cœur sont présentés comme Texprèssion dernière et légitime du devoir et du droit. » (M. l'abbé Chassât, la Pureté du cœur).

45, page 91. — « Les infanticides, les viols et les attentats à la pudeur sur dés adultes ou sur des enfants ont augmenté. Ces derniers crimes semblaient tendre à diminuer depuis i 85t . Y» Compte général de ^iidfninistration de la jttstice crimi' ndle en France, pendant Vannée 4856^ préserOé à S. M. V Empereur, par le garde des eceaum, ministre de la justice, mis en vente en août 4858.

46; page 92. — On écrit de Rome, 18 septembre 1858 : • On lisait avant-hier sur les murs de Rome l'annonce d'une parodie qui devait être récitée le soir au théâtre VaUe^ Cette parodie avait pour titre : La donna romarUioa ed il medico omiopatico (la femme romantique et le médecin homceopatbe). Au-dessous du titre et de la distribution des rôles figuraient les indications de l'auteur : « Les exemples funestes de jeunes personnes qiii se sont laissé entraîner à des excès coupables par la lecture des livres propres à exciter les sens, à enflammer l'imagination, à dépraver les coeurs sans expérience ne sont pas .nouveaux panni nous. Milan vient d'être plongé dans des deuils domestiques nombreux, et ce sont là les fruits de l'exécrable et immorale influence de ces Uvreft. Que s'il fallait compter les victimes qa*ont fait Balzac, Geoiges Sand et Sue avec leurs romans aussi faux qu'extravagants, Damas et Victor Hugo avec leurs draoïes terribles^ le coeur se soulèverait de m^ris et d'indignation, etc. »

. « On nous dit que la pièce répond au programme, que les méprisables fauteurs des disccMrdes, des tristesses et dn deuit des fitmilles, y sont raUlés et bafoués sans pitié. La

vanité ridicule de leurs compositions^ leurs outrages à la vérité^ à la morale> au bon sens^ k la religion, à Thonneur ; leur criminelle avidité d'argent, qui ne recule devant aucune honte et se satisfait aux dépens de la conscience publique, y sont flétris courageusement et en termes énergiiiues. Les applaudissements qui ont éclaté aux passages et aux traits les plus saillants de }a parodie peuvent être regardés comme un symptôme rassurant de la dignité et de la justesse d'appréciation de la population romaine. Nous savons en outre que dans diverses villes, notamment à Bologne^ des souscriptions ont été faites pour subventionner des compagnies d'artibtes, à la condition expresse de représenter seulement des pièces où les principes de la morale, de la religion et de l'honneur soient opposés aux œuvres insensées des corrupteurs étrangers. Nous faisons des vœux pour que cet exemple soit imité dans les autres Ëlats d'Italie. Le Piémont, la Toscane, le royaume des Deux-SiciLes sont infectés de traductions de nos romanciers et de nos dramaturges.

(c Etrange aveuglement de ces gouvernements, qui ne savent pas reconnaître les causes du mal moral qui déprave rintelllgence et le cœur des populations, et qui n'ont de lazarets que pour les maux contagieux du corps ! »

47, page 93. — S. Pétri, Il epist,, c. ir, 10, 17.

L'état social d'un pays est toujours exactement proportionné à l'état des mœiu*s dans ce pays. La légèreté à cet égard rend léger à tous les autres. La chasteté est si bien le lien qui retient unie la gerbe de toutes les saintes affections et de tous les saints devoirs, que l'on voit, à mesure que ce lien se relâche, tous les autres liens se relâcher peu à peu.

La luxure est au début de toutes les vies désordonnées ; elle produit, dans tous les genres, plus de crimes à elle seule que toutes les aut^res passions ; elle donne naissance à mille passions qui dormaient, et qui sans elle ne se fussent pas

332 DÉTELOPPEtfËNTâ ET NOTES.

réyeillées ; elle infecte et décompose le co^ur sur toutes ses faces; c'est le plus corrosif et le plus contagieux des poisons. Aussi c'est à elle qu'il faut demander le secret de la lente putréfaction et de la chute des empires ; c'est par elle que commence le sourd procédé de dissolution qui succède aux époques de plus haute prospérité ; c'est elle qui commence la vengeance irrévocablement réservée à tout abus de. la force :

Saevior armis

Luxuria incubait, victumque ulciscitur orbem.

Ils furent donc guidés par un instinct bien sur, les législateurs qui, larges peut-être à d'autres égards, resserrèrent dans des règles étroites les licences de la chair. Montesquieu a dit : « On peut regarder, dans un État populaire, l'incon- « tinence publique comme le dernier des malheurs et la cer- « titude d'un changement dans la constitution. »

L'HOMME SANS DIfiU.

>-OTKS.

i, page 100. — « L'esprit du bien, l'esprit du mal, c'est un même esprit, c'est Dieu; le bien et le mal sont des distinctions que nous avons créées : Dieu ne les connaît pas. » G. Sand, lélia,

2, page 104. — V. Hugo, Chants dt^ crépuscule; Prélu»ies,

3> P^S^ 104. •— V. Hugo, Chants du crépuscule.; Que nous avons le doute on nous.

4, page lOo. — V. Hugo, les Voix intérieures; Pensar, JDudar.

5, page 106. — ^ V. Hugo, les Rayons et les Ombres; Le monde et le siècle.

6, pag. 107. — Lerminieb, Études de philosophie et d'hiS" toire; — Philosophie du droit, t. ii, p. 340.

7, page 107. ^— P. Leroux, de l'Humanité:; — de la Doctrine et du Progrès continu,

8, page 107. — P. Leroux, op. ct^. préface, p. 5.

9, page 108. — P. Lbboux, /oc«. ctt.

iO, page i08. — 6. Sand^ Consuelo, i i, page 108. •— P. Leroux^ op. eU.

12, page 110. — Edgar Quinet.

13^ page 110. — G. Sand, Lélia,

« Nous pouvons adorer, chez Thomme investi d'une haute science ou d'une haute vertu^ un reflet splendide de la divinité. Christ^ un temps viendra où Ton félèvera de nouveaux autels plus dignes de toi^ en te restituant la véritable grandeur^ celle d'avoir été vraiment le fils de la femme, et le Sauveur, c'est-à-dire l'ami de l'humanité, le prophète de l'idéal !••• — Et le successeur de Platon, comme Platon fut celui des autres révélateurs que nous vénérons^ et dont nous sommes les disciples, d Spiridionj par G« Sand.

14, page H3é -^ Atnsehaspands et Darwands.

1S> page H3. — }Vadtic/ton efes Ènan^H^^ par F. Lamennais.

16, page 115. ^12^/lea»bns sur limitation de Jésus-Chrisîf iiv. iii, ch« 14, par l'abbé F. de Lamennais.

17, page 117. — Y. Hugo, le» Contemplations; Ce que dit la bouche d'une ombre.

^•. « On dédaigne, en religion, en politique, en littérature, toute autorité, toute foi, toute loi; le dogme,, la tradition, le culte, superstitions puériles ! langes des siècles en- , fants, déchirés et disp^ïés par le soufQe de l'esprit nouveau ! On est soi, et, comme on est fort, on se suffit; et comme on a du génie, on ne croit plus qu'à soi-même. On part, on va, on moùte, Tair est vif, le soleil est radieux, le vent favorable; on dépasse les nuages, on touche aux étoiles, on est dans le ciel, on s'y explique avec Dieu; que dis^je? on y est Dieu, on se contemple, on se sourit dans sa création comme âam le miroir de sa grandeur et de sa divinité ; on se grise

us DÉLIRE DES SYSTÈMES. 335

d'infini^ on 9'endort dans cet enivrement olympien, au murmure des océans et des mondes... et l'on se réyeille à Charenton ! Voilà Thistoire de M. V. Hugo et des Contemplations. 11 7 a trente ans, Torgueil humain écrivait par la plume d'un philosophe fourvoyé : « Gomment les dogmes finissent; 1» — et le dogme dont il annonçait la fin vit encore. Aujourd'hui Forgueil humain noas montre^ dans le livre des CantemplaUonSj comment les poètes finissent^ et cette fois, la démonstration est plus concluante : jamais la littérature chrétienne ne reçut de ses adversaires un plus puissant secours ^ jamais la littérature moderne ne reçut de ses grands hommes une plus douloureuse leçon. » De Pontmartin.

18, page 118. — Lamartine, Chute d'un ange, viii* visions « La nature semble avoir pour |ious une voix, mais on ne songe pas qu'elle n'en aurait point si l'Évangile n'avait parlé. Elle nous parle à travers l'Évangile, et nous croyons qu'elle nous parle directement. Mais que dit-^Ue, qu'a-t-elle jamais dit à ceux que l'Evangile n'a pas convertis ou tout au moins modifiés? Qu'est-elle autre chose pour eux qu'une grande énigme, ou un autre nom de l'inflexible nécessité? Que leur dit-elle sur le caractère de Dieu, sur ses intentions, sur sa volonté à l'égard de l'homme, sur son système de gouvernement des créatures morales ? Rien de distinct, rien de déterminant, rien qu'on puisse appeler une révélation. On croit que le monde nous fait un cœur pour expliquer le monde ; on ne voit pas que c'est notre cœur qui nous interprète le monde, et que la nature de cette interprétation dépend d'une tout autre cause que la contemplation des phénomènes sensibles. On ne sait pas^ au milieu des influences chrétiennes, faire la part de ces influences^ la déduire de l'impression qu'on croit recevoir uniquement de la nature^ et réduire la part de celle-ci à sa juste valeur, qui est nulle, s'il est question d une valeur absolue, nulle, si par cette valeur on

entend le pouvoir de combler l'abîme creusé par le mal, la puissance de constituer la vie, le gouvernement suprême de là volonté^ enlln cette équation miraculeuse et pourtant nécessaire entre nos désirs et notre destinée. Ce qui fait attribuer à la nature une étendue et tme vigueur d'enseignement dont elle est incapable^ c'est qu'on est peu difficile sur cet enseignement ; on le serait davantage si l'on y faisait entrer tous les éléments que nous venons d'indiquer. On sentirait alors très-bien que Dieu n*est pas révélé, qu'il ne peut l'être que par un moyen subséquent ou superposé à la nature et à la raison^ c'est-à-dire par un livre> par une Bi» bh ; on reconnaîtrait que les actions pures et rationnelles qu'on avait cru se devoir à soi-même (première erreur), et qu'on jugeait suffisantes aux besoins de la vis humaine (erreur non moins grande), que ces notions, à moins qu'on ne les rattache étroitement à la révélation qui en est la tige, sont des effets, jamais des causes, qu'elles ont de la beauté, mais pas de vertu intrinsèque. Hélas ! la plus vulgaire superstition en a davantage^ parce que, dans sa fausseté même, elle correspond à une vérité que nous portons en nous : la nécessité que Dieu parle, et l'impossibilité qu'il n'ait point parlé. Car c'est là l'hypothèse du genre humain, tout entier soulevé contre la supposition de M. de Lamartine. Le genre humain attend le Verbe, se jette sur tout ce qui hii en offire l'apparence, l'épelle et le récite dans ses imitations les plus grossières; le genre humain veut un Dieu-Honune et une religion historique : le genre humain ne fut jamais et ne sera jamais déiste. » Vinet , Études sur la littérature firan'^ çaise au XIX* siècle, p. 170. M. Yinet est protestant

19, page 118. — Lamartine, Hymne au Christ.

20, page 119. — Lahartine , Méditations poétiques; L'Homme.

21, page 119. — V. Hugo, Odes et BaUadeSy Ut. ii$ U dernier chant.

22, page 120. —* SiRAtiss, Dogmatique chrétienne, etc., 1. 1, §22.

23, page 121. — Edgàb Quinet.

24, page 126. •— Où est aujourd'hui la forteresae du scepticisme? Cette forteresse, pour tout esprit sérieux , c'est la philosophie de Kant. Ce qui fait de Rant le plus dangereux des sceptiques, c'est précisément son autorité philoso]>hiqae et morale. Voilà un sage, un stoïcien, un homme qui honore la raison humaine, un penseur qui a revendiqué avec fierté les lois du libre examen, — et cet honune après une enquête scrupuleuse sur la nature et les droits de la con* naissance, est conduit à proclamer l'inqmissance absolue de la raison. Quel étrange épisode dans l'histoire de la pensée, et quel argument il peut fournir aux advencûres de la philosophie! « U importe donc, dit M. Maurial, de prendre cette doctrine corps à corps, et de dissiper, par l'analyse et la discussion, les paralogismes, les faux systèmes, en un mot toutes les apparences qui font sa force. » Le scepticisme combattu dans ses principes, etc.^ par M« Maurial (1857).

25, page 130. -^ Schelling, Bruno, p. 175.

26, page 132. --Jugement de Schelling sur la phUosophie de M. Cousin^ p. 17.

27, page 133, — Saisset, de la Philosophie positive dans la Revue des Deux-Mondes, t. XV.

28, page 133. — Saisset, op. cU,

29 page, 137. — Souvenir des Confér, de Notre-Dame,.

30, page 137. — Lèbre, Bévue des DeuoMondes, janvier 1813. •— « Quand on lit Tune quelconque des exposa-

338 BÊTELOFPEMEïrrS ET NOTES.

tions qui ont été données au système de Hégel^ mais surtout quand on peut lire Hegel lui-même, si 1'^ s'efforce de comprendre cette mc^trueuse dialectique, il semble qu'on devient fou. Quelque hdbituê que nous soyons nous-même à cette lecture, nous n'avons pu écrire cette analyse sans que notre poitrine ne se soulevât, et ne fût comme gonflée de larmes , en reprodiÛBant cea blasphèmes contre la lumière éternelle qui éclaire 4out homme venant en ce moûde..

*..«. « Ce système n'est pas seulement absurde, il est l'absorde proprenkent dit, l'absurde lui-même sous sa forme la plus saillante et la plus explicite, l'absurde posé en prinr dpe, mis en doctrine, développé encyelopédiquement et pénétrant hannoniquement tout ce système d'athéisme panthéistique dans chaque détail.

..... «lie point de départ et le procédé de Hegel est le non sens le plus inepte, le plus puéril, qui ait jamais été commis par aucun sophiste ou riiéteur. Dans le fond, c'est rétemel esprit d'erreur et de négation absolue qui a été, dans tous les siècles et dans tous les esprits éteints, le fond commun du panthéisme, de l'athéisme et du sophisme. Dans laiorme, c'est la plus étrange de toutes les mystifications de la pensée que nous présente l'histoire de liei philosophie. « Le système tout entier et toute la méthode de Hegel reposent sur un puéril jeu de mots.

.,... « Partageons en frères, disait Polichinelle : à moi « tout, à toi le reste. » C'est le procédé de Hegel. Polichinelle prend le tout pour l'une des parts, et le reste pour l'autre part, précisément comme Hegel prend l'être ou le tout pour l'une des faces de l'univers^ et le reste, c'est-àdire le rien, pour l'autre part. » Le P. Gratrt, Logique , t. I.

31, page 140. — Feubmach , de la Nature de la religion, p. 355.

UB l^ÉIiMS DES sTSTJanss. 939

ti, page 1401 -^ FtuCKBÀCA^ ÛEutn'ef complètes, t. I, p. 246^ etc.

33, page 141. — SuiTamt Feuerbaçà, le pho^ore est la matière qui pense en nous. Plus le cerveau possède ou reçoit de phosf^ore^ plus et mieux il pense. Hegel àyait dit : V esprit, ^est un ùs* Comme le phosphore domine dans les os y Feuerbach aime Qiieux dire : Vesprit, c'est du phosphore. L'hoRune est ainsi transformé en ver luisant .

Nourrissez donc l'homme de manière à y augmenter la mesuré du 4^osphoré. C'est l'usage des pommes de terre qui a amorti le feu des nations modernes;. remptei(^ons ee tubercule malfaisant par un aliment qui éleotcise ks ceacf^, par la purée de pois. Voyez Œuvres complètesy t. YlII.

34^ page 141. ^ Le pseudonyme Max Stimer^ Rwuedes Deux-Mondes, 15 avril 1850^ p. 285.

35, page 141. — Guillaume Mark, nommé en i848 représentant du peuple à Hambourg à une très-forte majorité. Voyez Feuilles du temps présetit, etc.^ 1845^ n^ 2, p. t.

36, page 142. ^ Tome lU, p« 470, 274. Cet ouvrage est de M. Vaeherot, ancien difecteur de TËeole normale.

37, page 142. — M. Vachérot, op. cit., p. 202. ZB, page 142. «- Guill. Maer* Voyez note 35.

39, page 142. — P. Leroux, de V Éclectisme,

40, page 142. «— P* Leroux, op* cit.

41, page 144. — Voyez Catien Arnoult, du Système de M. Cousin.

42, page 144. -La j^iksoj^iê positive de liM. Comte, liUré> etc.

340 DÉVJBiOFPSMSNTS KT NOT£S.

i3> page i49u — M. de Brotonne, CiviliscUion prmitive, passlm. -^ « Je vois mil animal se rassasiant sous un chêne» se désaltérant au premier ruisseau... Les hommes dispersés parmi les animaux imitent leur industrie et s^êlèvent jusqu'à Finstinct de la béte...

« Dans cet état primitif, les mâles et les femelles s'unissaient fortuitement et se quittaient avec la même facilité..... n 7 a autant de langues que d'individus. » J.-J. Rousseau, Discours sur Vinégalité des conditûmSf etc.

La plûlotophie française et allemande du dix-neuTiéme «iècle en est toi:gours à ce régime forestier et bestial. A 1- Institut même on ne peut pas sortir de ces habitudes de macaque et de cynocéphale.

44, page i49. — Pellexan, Profession de foi du XIJ^ n«cle^ et tous les zoologues et anthropologues spéculatifs, «r- HnKBOLOT, Cosmos, 1 1, p. 574 et les notes.

Quelles qu'aient été l'incubation, la chrysalide ou la larve, M. Littré n'hésite point à avancer qu'il est né spontanément des individus humains çà et là et en différents temps sur la surface du globe« ce L'humanité, dit-il, ne fut pas plus la même dans les grands compartiments du globe que n'y tarent les mêmes Tanimalité et la végétabilité. Quelques-^unes de ces familles ont très-probablement péri ; toutes ne furent peut-être pas contemporaines^ leurs langues, leurs aptitudes, leur théologie, furent différentes, quoique avec un fond commun, leurs rencontres, leurs luttes, leurs destinées varièrent jusqu'à ce que enfin certaines d'entre elles ^ devenues les aînées par le droit de la science et de la puissance, prennent souci des familles cadettes, et dégagent de ses voiles la grande idée d'une humanité mère et protectrice^ et^ établissent sur ce fondement la morale du genre humain et la culture du domaine terrestre, y^ Delà civilisaHon el du

LE DÉtlBE tOA 9TSTÉMSS. 341

monothéisfne chez les peuples sémitiques; Bévue dee Deux- Mondes^ juillet 1857»

45, page 449. — M. Renân^ de r Origine du Langagêy p. 20 t. Ce jeune membre de l'Institut en est encore aux générations spontanées. En Toulant écharbotter quelques filasses métaphysiques^ il s'est empêtré là-dedans et n'en peut plus sortir.

« 11 y a eu une époque, dit-il, où notre planète ne possédait aucun germe de vie organisée. Donc la vie organisée y a commencé sans germe antérieur. Toutes les apparitions nouvelles qui ont eu lieu dans le monde se sont faites, non par l'acte incessamment renouvelé d'un être créateur, mais par la force intime déposée une fois pour toutes au sein des choses. Donc, à un certain moment, la vie est apparue sur la surface de notre planète par le seul développement des lois de l'ordre naturel. » De l'Origine du Langage, p. 245. Bienheureux philosophe, qui se paie de phrases creuses et qu'aucun problème n'embarrasse.

46, page 150. -~ Revue des Deux-Mondes (septembre 4857) : De Vhistoire des idées religieuses en Aliemagne et en France au XIX* siècle. C'est une analyse des systèmes de l'Allemagne importés en France, par MM. Renan, Littré, etc.

47, page 152. — G. Sand. Lélia.

48, page 153. — Le scepticisme, la volupté, le blasphème. Jouant et s'agitant confusément sur un fond de désespoir, voilà l'abtrae où se débattent les âmes que la corruption et l'impiété ont dévastées. Écoutez quelques-unes de ces voix dont les accents sinistres donnent le frisson.

« Ne nous entretenez plus de la colère de Dieu, de notre « humilité, ni de rien de pareil. Laissez-nous saintement « glorifier l'homme seul ; rien hors de lui, aucune ajutre vie tt plus belle.

342 DÉTELOfPMBNtS ET KOT£S.

c Ne pliez plus désormais le genou devant des fantômes ; $( ne TOUS glissez plus dans de sombres églises, vous, fronts a sereins^ nobles âmes! A quoi bon vous tourmenter vous- « mêmes d'une façon si cruelle?

« Oui^ c'est un tourment, cette ctainte, ce treçiblement « devant une vie que nous ne vivrons jamais

« Oui , c'est une ignominie , ce désir languissant du « ciel, ce stupide mépris du monde, cet enivrement de la tt mort....

a Rien hors de nous. Que les cœurs s'ouvrenU Là .se « trouve le paradis pour lequel nous sommes nés : le bona heur, c'est la vie. Qu'est-ce qui ose encore s'abandonner à « la mort? v Hermann Pcttmann, trad. de l'allemand,

49, pa^e 153« — (( Un des traits distinctifs de notre époque en matière religieuse, c'est la tolérance dogmatique. L'on est généralement d'autant plu^ facile à proclamer la liberté de croyances , qu'on suppose les dogmes par eux-mêmes inof* fénsifs pour les mœurs, ne contenant dans leurs entrailles aucune règle de vie ni bonne ni mauvaise, planant enfin sur les nations comme ces nuages légers et transparents , dont on ne songe ni à se réjouir ni à s'effîrayer, parce qti'ils ne portent avec eux ni la rosée ni la foudre.

« Erreiu* pourtant que cette dernière idée ! Non, messieurs ; métaphysiquement parlant, les dogtnes ne sont pas vides de lois ni de conséquences pratiques ; vous n'en trouverez pas un, au contraire, qui ne recèle ^ans ses flancs les éléments logiques d'une morale plus dépravée, suivant qu'il sera plus corrompu lui-même. Ainsi, nous sommes panthéistes, je le suppose : au lieu d'isoler la divinité du monde et de l'homme, nous l'identifions avec eux; l'univers et son auteur ne forment qu'un seul et ^aste tout ; les êtres qui nous en • tourent en sont autant de pièces; nous-mêmes, de notre cêté,

m htLÎKR DES STSTÀMES. ^43

nous en sommes des. intreellés^ et Ton pdurraU appeler chacmi de nous un fragment et comme un rayon de Dieu « Toilà notre symbole ; et de 1^ que eonclure? je suis Dieu, n'est-il pas vrai? Mais Dieu n'a que des instincts légitimes ; donc Je puis sans désordre céder à l'entraînement de mes passions. Dieu est indépendant; donc. Je puis ne tenir aucun compte des autorités ni des lois. Dîeu e^ maître de tdut; donc Je puis^ méprisant toutes les démarcations dé proprié^ tés, m'emparer s^s façon des champs de mon voisin. Enfin, fôeu est nécessairement irréprochable, quelque action qu'il opère ; donc , si affreux ou si dégoûtant que soit le nom dont on est fidtri, ({u'on se dise Sardanapale ou Néron; qn-'on ait le front couronné des plus révoltantes infamies, ou les mains trempées du sang lé plus sacré, celai d'une mère, on peut se présenter au monde la tète haute et fière , et lui dire : Tu n'as pas le droit dé m'insuHer; je suis plus pur que le soleil! Tel est le contre^coup moral dé cette hideuse doctrine : Dieu est tout; telle est Thorrible influence qui s'en exhale; c'est-à-dire qu'en confondant^ elle anéantit tout, et que du grand être qu'elle inaugure et proclame, elle fait Je ne sais quel èffrayaîit Minotaure, qui engloutit dans ses entrailles de feu 4a pudeur, la justice, la probité, la subordination des individus comme des peuples,^! qui après aroir tout dévoré, se dévore et se tue lui-même.

« Voilà pourtant, messieiirs, tin de ces dogmes (|a'on ap* pelle hioffensifs; il aboutit logiquem^it, tous le voyez, par le Dieu qu'il affirme, à consacrer les plus révoltantes ignominies; à quelques nuances près, il en est de même de toute autre croyance qui n'est pas ptBN9*" Autant un symbole est fait pour égarer l'esprit, autant il l'est pour perveiHir lé cœur; chaque élément d'erreur dogm^lique qu'il contient est un g^me de vroe; et^ toutes les fois qu'une de ces semences fatales tombe dans les convictions d'un peuple, on peut se dire avec une secrète terreur^ en montrant le sol

Page 1