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(3) Loc.çit.
^6 NOTES GRITIQT7ES.
n^oseraît prononcer, car, au nom du Dieu rédempteur que j^ous frappez à la face de votre main de juif insulteur, a tout genou fléchit au ciel, sur la terre et aux « enfers (1).»
Le jour où vous avez trQcé ces sacrilèges paroles et consommé votre apostasie, vous ave^ sans doute enveloppé d'un crêpe funèbre les images de vos aïeux, et votre pieuse femme a dû se voiler le visage et se couvrir de deuil, car ce jour-là une grande honte était venue s'asseoir au foyer domestique.
Si vous ne savez plus écrire, n^nsieur, sans insulter la Ctoi% à qui rSurope doit sa civilisation et Thumanité
(i) In nomine JesU omne genu flectatur cœiestium^ terre&trium et infernorum. S. Paul, Philipp,, u, 10. — « Quel est actuellement le système religieux de M. de Lamartine ? se demande M. Vinet : un pur et franc déisme, qui essaye de se rafraîchir dans les formules du panthéisme. Quel est son système de morale ? L'humanitarisme. Plus de trace de l'Éyangile, excepté, je le veux bien, dans des sentiments de philanthropie et de liberté qu'il ne dépend de personne de répudier, et qui, enracinés dans l'âme de notre poëte par une éducation chrétienne, lui sont inhérents et ne l'abandonneront Jamais. Mais pour ce qui est du christianisme historique et d'une reli* gion révélée, tous n'avez qu'à l'entendre :
Hommes! ne dites pas, en adorant ces pages :
Un Dieu les écrivit par la main de ses sages.
Le seullivre divin dans lequel il écrit
Son nom toujours croissant, homme, c'est ton esprit ! .
L'intelligence en nous, hors de nous la nature. Voilà les voix de Dieu, le reste est imposture!
Si je dis que ce livre est de Dieu, dites : Non. » {ChiUe d'un ange, huitième vision : Fragment du livre primitif,)
Qu'on s'étonne après cela qu'il y ait de l'amertume et de la désolation dans l'âme de M. de Lamartine. Non estpax impiis^
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son unique espérance^ embrassez une résolution suprême et brisez enfin votre plume. Aussi bien mieux vaut mille fois prendre une pelle et aller faire du macadam sur les grands chemins; c'est là au moins un travail honnête, et Ton peut manger sans rougir le morceau de pain qu'il l'apporte.
Eh quoi ! pour cette prose ignominieuse et blasphématoire, avez-vous bien pu renoncer à la dignité de votre pensée et oublier cet hymne sublime que vous inspira le Christ lui-même autrefois? avez-vous bien pu vous donner à vous-même le plus sanglant démenti?
Ecoutez! Est-ce un homme, est-ce un séraphin, qui chante au pied des tabernacles sacrés?
« toi qui fis lever cette seconde aurore^
« Dont un second chaos vit rharmonie éclore,
« Parole qui portait, avec la vérité,
« Justice et tolérance, amour et liberté :
« Règne à jamais^ ô Christ! sur la raison humaine,
« Et de rbomme à son Dieu sois la divine chaîne !
« Illumine sans fin de tes feux éclatants
« Les siècles endormis dans le berceau des temps ;
« Et que ton nom, légué pour unique héritage,
« De la mère à l'enfant descende d'ftge en âge,
a Tant que l'œil dans la nuit aura soif de clarté,
« Et le cœur d'espérance et d'immortalité ;
(c Tant que rhumaaité, plaintive et désolée,
« Arrosera de pleurs sa terrestre vallée,
«I Et tant que les vertus garderont leurs autels,
« Ou n'auront pas changé de nom chez les mortels!
« Pour moi, soit que ton nom ressuscite ou succombe,
f< Dieu de mon berceau, sois le Dieu de ma tombe !
<t Phu la nuit est obscure, et plus mes faibles yeux
« S'attachent au flambeau qui pÂHt dans les cieut.
« Et quand Tautel brisé^ que la foule abandonne^ « S'écroulerait sur moi... ^ temple que je chéris^ tt Temple où j'ai tout reçu^ temple où j'ai tout appris^ « J'embrasserais encor ta dernière colonne^ « Dussé-je être écrasé sous tes sacrés débris! »
Hélas ! les blasphèmes de votre Raphaël qui avaient été précédés par ceux de votre poême^ la Chute étun Ange (i)^ ne sont pas pourtant encore votre dernière défaillance, votre dernière honte.
(i) L'auteur^ dans cet ouvrage, « a représenté le crime dans toute la frénésie de son ivresse , et^ si Ton peut dire ainsi ^ dans ses plus inconcevables fantaisies ; il s'est condamné à créer des monstruosités si extrêmes^ que leur rapport avec la nature humaine^ prise dans ses plus mauvais éléments, échappe a notre regard.
« Quel fruitattendTauteur du supplice qu'il s*est imposé?
Car sans doute c'en est un pour une imagination pure de se demander des traits et des couleurs pour ces horreurs dont la seule pensée fait pâlir; et je plains sincèrement M. de Lamartine de s'être cru obligé de rouler pendant si longtemps son beau génie dans cette fange.
« Et si je disais avec quelle impitoyable complaisance
le poète détaille ces horreurs;... que tout ce qui est violent, atroce, dégoûtant, est traité con amore dans la Chute d*un ange, qui voudrait croire que celui qui fut le chantre d'Elvire et le poète des saintes amours, se soit fait tout à coup le bourreau des imaginations et des âmes?... Personne ne s'avisera de dire : C'est de l'oriental, c'est du primitif. Non, ceci n'est d'aucun temps; c'est tout simplement de l'atroce; et quand même quelque siècle ou quelque pays maudit aurait enfanté de telles horreurs, est-ce à la poésie de les mendier à l'histoire, et de se mettre sur la tête un diadème tressé de reptiles? La poésie ! mais chez les nations les plus sauvages, la poésie la plus grossière a donné de tout autres exemples. Est-ce au dix-neuvième siècle, est-ce â M. de Lamartine à s'emparer comme d'une concep-^ tion neuve de ce qui fît le rebut de l'art encore barbare, et à chercher la gloire en des inventions dont les sauvages rougiraient ? Je pourrais ajouter en des inventions dont les moins habiles sont capables; car le tout n'est pas d'inventer; en fait d'inventions, la folie même est pins féconde que la raison. » Vinet, Étuffes sur fa Littér, franc, au xix* siècle, tome II,
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Un homme pendant cinquante ans avait travaillé avec un succès lamentable à inoculer au corps social tous les poisons de Timpiété et du vice. Cet homme dont les quelques petits volumes ont fait cent fois plus de mal que les quatre-vingts in-4<> de Voltaire luimême^ car les turpitudes et les blasphèmes de Voltaire ne se chantent pas et ceux du chansonnier volent dans toutes les bouches sur l^aile de ses refrains^ eh bien! cet homme qui vient de mourir en chrétien^ mais dont Içs œuvres nous restent avec tous leurs venins et toutes leurs putridités^ vous avez fait retentir vos plus écla* tantes fanfares^ embouché votre trompette la plus retentissante^ vous avez crié^ sur toutes les places publiques, de toute la force de votre voix, pour le glorifier; vous l'appelez rAomrwe-fki^îon/ Serait-ce parce qu'il a traîné dans ses opprobres toutes les jeunes générations de son temps? Vous avez appelé la France à cette grande curée de Torgie, et cet empoisonneur fameux, vous le proclamez à la face des honnêtes gens a un homme de gloire et un homme de bien ! x>
Déranger, du fond de son tombeau , a maudit votre indigne apothéose > car Béranger mourant a déploré ses erreurs avec des sanglots.
Honneur à Béranger repentant !
Honte à de perfides amis qui voilent le plus beau rayon de sa gloire pour exalter ce qu'il condamna sur son lit de mort comme le scandale de sa vie (1) !
(1) « La plaisanterie de Béranger et ses gaudrioles sont en général
puisées à deux sources suspectes : Tihpiété et Tobscénité Il a
servi la Révolution, mais il a fait baisser le sens moral et dérouté le sens politique. » Voilà comment Proudhon lui-même juge V homme-
C'0fi.assçez d^outrage à la morale et à la religion de votre mère et de votre patrie, assez d'insulte à la raison et au bon sens public. Nouveau Dioclétien, persécuteur à votre manière, descendez du trône de votre orgùeilj d^épopillez la pourpre de votre génie dont vous avez si indignement abusé, et allez cultiver les légumes à Salone^ au moins alors en mourant vous pourrez dire; Je* fus bon à quelque chose.
nation et Y homme de bien de M. de Lamartine. (Voyez De la JuS'* ticedanê la Révolution, U lU, p. 383 et 386.) '
Desursùm 9alus.
En terminant ces pages, nous livrons au lecteur qui les aura parcourues une dernière réflexion.
Pour peu qu'on soit attentif et qu'on prête Toreille, on entend au fond des sociétés modernes un bruit sourd, confus, étrange, qui décèle un grand trouble, un profond malaise. II y a partout vague inquiétude, détresse, angoisse, pressentiments sinistres. De l'obscur hameau à la cité populeuse, c'est une mêine plainte, un même gémissement» Que demandent, que veulent, à quoi aspirent ces sociétés ainsi envahies par le deuil? Elles se sentent atteintes d'un mal qu'elles ne peuvent définir; elles souffrent, elles se lamentent, elles s'agitent et se retournent douloureusement sur leur couche brûlante sans pouvoir trouver le repos ni s'expliquer cette fièvre qui les dévore, Au milieu de ces défail-
432 DEENIÈRES RÉFLEXIONS.
lances^ de ces crises alarmantes^ on observe divers symptômes. Tantôt les nations que cette maladie interne mine sourdement^ vont s^éteindre, après un long dépérissement^ dans l'infamie et Topprobre; tantôt elles chancellent sous Tivresse d'un poison qui les frappe de vertige et leur ôte le sens et la raison ; d'autres fois on les voit entrer en convulsions et se déchirer de leurs propres mains.
D'où vient cette universelle anxiété? Pourquoi ces frémissements^ ces déchirements, ces cris de détresse? Pourquoi ce tumulte des peuples et ces glas qui^ par intervalles, tintent si tristement au-dessus des villes et des campagnes? Est-ce que le génie humain, déployant ses ressources et sa puissance, n'a pas multiplié partout les conditions du bien-être et d'une prospérité in* définie? Est-ce que vous n'avez pas fait révolution sur révolution pour vous affranchir de tout ce qui gênait -votre essor vers ce que vous appelez le progrès, vers l'âge d'or, le bonheur, la liberté, le règne de la raison? Est-ce que vous n'avez pas des théories et des systèmes sans nombre et sur toutes choses? Est-ce que votre libre pensée ne se joue pas à l'aise au milieu de toutes ces doctrines? Est-ce que votre cœur, affranchi, lui aussi, de toute contrainte, ne boit pas à longs traits l'ivresse de toutes les jouissances à la coupe des voluptés terrestres? D'où vient donc qu'un nuage sombre obscurcit votre front, que votre âme est chargée d'une tristesse amère, que le bonheur vous fuit, et que le désespoir, assis à votre seuil, jette un crêpe funèbre sur tout ce qui vous environne? Ah! le secret de vos ihaux, il ne faut pas aller le chercher bien loin : si