HEGEL
J30 LE DÉLIRE DFS SA'STÈMES.
principe du système doit être clair par excellence^ pulsqu^l doit tout éclaircir. Or^ le principe dont on part ici est inintelligible ; quel système élèverez-vous sur ces ténèbres qui enveloppent votre point de départ? Puis, comment décrit-on l'évolution de l'absolu dans la nature et dans l'homme? Vous ne connaissez pas la nature de l'absolu et les lois intimes de son développement; comment pourrez-vous le voir dans les choses, ne le voyant pas en soi ? Il faudra donc recourir à l'expérience, vous sortez de la science absolue... Qu'est-ce ensuite que le Dieu de l'identité absolue? Votre maître nous dit : « Qui saurait trouver une « expression pour rendre une activité aussi tranquille a que le repos le plus profond, pour rendre un repos « aussi animé que la plus vive activité, approcherait « dans ses notions, en quelque chose, de la nature de a ce qu'il y a de plus parfait ^*. » Dieu, c'est le point où se confondent le mouvement et le repos; Dieu, c'est l'identité du subjectif et de l'objectif, du réel et de l'idéal, de la pensée et de l'être, de l'âme et du corps, de l'essence et de la forme, du général et du particulier, du fini et de l'infini. Dieu est donc tout, comme il est l'unité. Dieu, c'est le Tout-Un,,, Mais s'il est tout, il n'est rien, et le rien est Dieu... Dieu, dans ce sys* tème, naît, se développe, se produit, se forme, se constitue. Dieu devient et advient, parvient et revient. Dieu parcourt une série sans fin de degrés et de puissances^ de phases, dont la plus élevée est cette conscience humaine où il réussit à se connaître, à se comprendre lui-même. Dieu sort de la nature inintelligente, de la pierre ou du végétal, pour arriver à la nature intelli-
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gente^ à l'esprit humain. Qu'est-ce qui le fait ainsi sortir, arrjver et se remuer si dîversemeftll... Maisqu*estil besoin d'insister sur les vices d'une doctrine qui heurte de front les sentiments communs^ les croyances générales de Iliumanité^ et dont on ne fournit aucune preuve "? Qu'est-ce, au fond, que la philosophie de l'absolu, sinon une conception monstrueuse , où l'existence n'est qu'une illusion, la vie, qu'un songe cruel., la mort, que le néant. Dieu, qu'une pure puissance de Tdevenir toutes choses?
Un jour donc que l'infidèle et orgueilleux disciple se livrait aux réflexions qui précèdent, je lui soufflai contre son maître la fastueuse bulle de savon que voici :
Supposez brisées les formes des choses sensibles, extérieures, matérielles, qui composent l'univers ; effacez les qualîtéts qui les différencient et qui constituent à chacune d'elles une existence propre. Faites plus : à eette masse confuse, à ce chaos, enlevez l'étendue; supposez que cette étendue se resserre de plus en plus, qu'il en soit comme d'un cercle qui, se rétrécissant toujours davantage, viendrait à se confondre avec son centre; que, obéissant à un mouvement analogue, toutes les propriétés qui dérivaient de l'étendue ou ne pouvaient se manifester à nous qu'à l'aide de l'étendue, rentrent, pour ainsi dire, les unes dans les autres. Sup* posez enfin que tout ce qui existe, choses et propriétés des choses, ne soient plus qu'en germe ou qu'en puissance d'être; en un mot, faites abstraction de l'étendue.
Passant ensuite aux représentations de l'esprit, opé* rez sur elles d'une manière analogue à ceHe que nous venons d^employer sur les choses réelles. Dépouillez
de même peu à peu les représentations de ce qui les' différencie; elles se confondront^ rentreront^ pour ainsi dire> les unes dans les autres^ de manière à n'être qu'en germe^ ou plutôt en simple puissance d'être. Bien plus^ ces deux choses se passeront simultanément. L'intelligence humaine n'étant^ à certains points de vue^ qu'un miroir réfléchissant le monde extérieur^ II est clair que le brisement^ que l'anéantissement du monde physique^ devra se réfléchir dans le miroir^ comme le monde lui-même s'y était jusque-là repré* sente.
Voilà donc tous les êtres devenus un seul être qui^ à vrai dire^ n'existe qu'en puissance d'être. Les êtres ont acquis^ par cette supposition^ la plus haute unité à laquelle ils puissent sVJe ver en tant qu'êtres. Il en est de même des notions. Elles sont devenues une notion une, mais n'existant aussi qu'en puissance d'être. Or, sup* posez maintenant ces unités confondues dans une autre unité plus haute encore, plus une, si l'on peut parler ainsi, que ces deux unités dont nous venons de parler, cette autre unité sera l'absolu ou l'idée ( mots synonymes ici ), l'absolu qui sera à la fois l'être pur et la notion pure, l'être et l'idée, l'idéal et le réel, qui sera aussi le point d'où l'univers devra sortir un jour. Voilà Tœuf cosmogonique, où la philosophie de notre métaphysicien couve le monde ; c'est de là^ c'est de cet être dépouillé, nu; c'est 'de cet atome, de cette idée, de cette abstraction logique, de ce rien, de ce néant, que notre auteur, par une suite de mouvements évolutifs, de transformations ou de développements qui n'ont aucune raison d'être, qui s'exécutent en dehors de
l'homme SAIiS DI£U. i33
l^espace et du temps et de toute loi connue^ fera émaner Je monde^ Fhomme^ Dieu^ toutes les choses visibles et invisibles.
Le maître survient et apercevant la bulle éthérée^ dirigée contre lui^ en trois mots il la foudroie et la fait rentrer dans le néant.
a Vous prétendez ^ dit-il au philosophe téméraire , a qu'en métaphysique il ne faut rien supposer. Vous « me reprochez de faire des hypothèses. Or^ par où a commencez-vous 1 N'est-ce pas par une hypothèse^ et (c la plus étrange de toutes^ Phypothèse de la notion « logique ou de Tidée, à laquelle voua attribuez la fa- « culte de se transformer par sa nature même en son a contraire^ et puis de retourner à soi^ de redevenir a elle-même^ de rentrer en elle-même^ de constituer « Vàme avec sa conscience^ sa raison^ chose qu'on « peut bien penser d'un être réel^ vivant ^ mais qu'on a ne saurait dire de la simple notion sans la plus ab- <x surde des fictions '*. x>
Puis avec une perçante ironie :
a Et cette idée, on ne sait pourquoi , ennuyée peut- « être de son existence purement logique^ s'avise de se « décomposer dans ses moments^ afin d'expliquer la « création j o autre hypothèse , autre impossibilité, autre absurdité.
La voix du sens commun plus puissante encore que celle du maître^ car elle n'était pas engagée, s'élevait de toute part contre les prétentions extravagantes*'^ du disciple, plus audacieux encore et plus chimérique que le juif panthéiste d'Amsterdam *^»
Qu'est-ce, lui disait-on, que cet être égal au néant
dont vous prétendez faire le principe de toutes choses^ Une pure abstraction logique. Mais conçoît^on Pètre sans l'existence ? Que pouvez-vous tirer d'une abstraction ? Qui peut comprendre la fécondité d'une abstraction, et comment on en peut faire sortir et le mondé métaphysique et le monde matériel et Tesprit? N'est*fl pas évident qu'une abstraction ne saurait produire rien de réel, rien de vivant? Si donc vous faîtes un pas dans le domaine de la réalité, vous niez votre principe, vous vous jetez dans Farbitraire, en pleine contradiction avec vous-même. Votre point de départ Vous enferme dans un cercle d'airain qui vous présente un invincible obstacle contre lequel vous irez éternellement vous heurter.
C'est vainement que vous cherchez un milieu entre te néant et l'être t ce milieu est illusoire, impossible. Ce devenu*^ [dus werden). que vous imaginez, est ou h'nfinî ou le néant; il n'est pas l'infini, Tinfini vivant et réel, puisqu't/ devient, puisque vous admettez en lui un mouvement, une évolution, puisqu'il se développe éternellement dans la nature et dans l'esprit, et que l'absolu, tel que vous le concevez, a toujours devant lui une infinité de développements; il se fait toujours, tl n'est jamais. Il n'est donc pas l'absolu, et il n'y a de réel que le fini et sa progression sans principe et sans but. Mais le fini sans l'infini n'est pas, ne peut pas être, il n^est que le néant.
On attaquait surtout le système par ses conséquences religieuses et morales. En effet, qu'est-ce que Dieu dans ce système ? Un Dieu qui d'abord n*a pas conscience de lui-même, qui crée l'univers et l'ordre ad-
L'fi<»fME èJ^S DIEU. 13&
mirable qui y règne sans le savoir^ qui sueeeasivement devient miftéral, plante^ animal^ bomme; qui souffre de toutes les souffirances, meurt et ressuscite de toutes les morts , de celle de Tinsecte écrasé sous l'herbe, comme de celle du plus sage et du plus vertueux des hommes.
Tous les maux qui accablent Fhumanité ^ les regrets qui déchirent le coeur^ les craintes^ les espérances dé<« çues^ les agitations sans trêve, et la suprême tristesse de la mort pour consoler tant d'ennuiSj, telle n'est pas te destinée de Thomme seulement; c'est aussi celle de Dieu qui a composé sa vie de toutes les vies humaines et réuni en lui toutes les afflictions* Ce secret soupir^ oji cette haute lamentation qui monte sans cesse de la terre, cette plainte éternelles, c'est la voix de Dieu, et chaque minute lui mesure, comme à l'homme, quelque BOuveUe douleur !.«•
Dieu n'eat ni auteur ni générateur, il est l'ouvrage et la production môme; il n'est point législateur, il est la loi même. C'est l'idée qui est législatrice , qui est souveraine; c'est elle qui commande à Dieu même et qui préside k toutes ses évolutions. Dieu pense forcément, comme il crée forcément; il n'est indépendant ni à l'égard de la loi logique^ ni à l'égard des êtres finis qu'il produit sous l'empire de cette loi, ni enfin à l'égard de l'homme où seulement il arrive à la conscience de soi. Mais si Dieu n'arrive à la conscience de soi que dans les hommes. Dieu est donc le moi collectif de l'humanité, et ainsi tout ce qui constitue Fhumanité est divin. L'espèce humaine, voilà finalement la divi* nité ; mais' l'espèce seule et non pas tel homme, pris
isolément. Mais alors peut-on accorder au genre hu-main un attribut que ne manifeste aucun homme? Est-il permis de doter une collection d'exemplaires d'un trait que ne présente aucun exemplaire ? Nul individu^ dans rétat de veille ou de raison^ n'osant dire : Je suis Dieu; nul n'ayant la conscience d'être Pexpression de Dieu^ sa révélation et sa nature^ l'espèce entière peut-elle avoir pareille conviction ? Assemblez les nations et les générations^ les races éteintes et les races futures^ et dei1nandez*leur si elles sont prêtes à souscrire à ce mot : Nous sommes Dieu /... Non, cette humanité que vous croyez honorer en TidentUiant avec Dieu, ne cesse pas de réclamer contre Tapothéose que vous lui décernez. Elle traite d'illusion orgueilleuse^ de vaine chimère, la prétention de confondre la connaissance qu'elle a de Dieu avec la connaissance que Dieu a de lui-même ; et à toutes les conclusions de votre dialectique, elle oppose l'énergique protestation de la vie morale et de la volonté réfléchie. Elle n'accepte pas davantage cette singulière immortalité que vous lui assignez, quand la mort aura anéanti la personne, et qui consiste à faire rentrer l'individu dans le sein de l'esprit universel ; à ses yeux, une telle apothéose équivaut au néant.
a Des hommes qui ne manquèrent certainement ni «de force ni d'étendue dans l'intelligence» se sont « précipités à travers de ténébreuses abstractions. Mé-> a prisant les enseignements de la tradition, les travaux ff des vrais sages et toutes les données du sens cornet mun, ils se sont enivrés de leurs propres pensées. c( L'orgueil de l'esprit et ses illusions les ont enf rainés;
l'HOMMB gANS DIEU* 137
a tout a vacillé devant eux^ tout edt devenu mouvant à a leurs regards ; leur vue troublée n'a rien aperçu de «stable et de certain. Il n^est plus demeuré pour eux «que la pensée^ seule réalité^ seul Dieu créateur et « seul monde habitable : nuit profonde où n'apparais* et sent plus que les sombres lueurs d'un rêve... Alors la « vie véritable a fui de ces âmes qui sont comme des a spectres errants dans l'immensité^ et sans aucun lien « avec les êtres. La fin de ces inqualifiables chimères a ne saurait être que le désespoir dans une négation « universelle et absolue... *• »
Oui^ te néant à l'origine du système^ le néant an terme^ le néant à tous les points: de vue^ voilà l'inexorable spectre que l'on trouve au fond de toutes ces théories de Tabsolu. Quand vous les avez dépouillées de tous les vains ornements dont on s'est plu à les surcharger, vous vous trouvez au sein d'un vide affreux et comme enveloppé d'un deuil universel; vous vous croiriez descendu dans un de ces tombeaux que recouvrent au dehors des marbres et des sculptures, mais qui ne recèlent qu'un peu de cendre et de poussière^ ^ et au fond desquels régnent la nuit froide, le silence et l'éternelle immobilité de la mort. Tel est le triste secret qu'enfin l'on découvre; c'est là le mystère funèbre que l'univers s'eff(H*ce de déguiser sous toutes ses brillantes parures; c'est du néant que tout sort; c'est en lui que tout s'abtme; son affreuse nuit enveloppe tout; il est le commencement et la fin, et son morne silence noua réfiond à la place dé Dieu. Ce système^ avec son vêtement sacerdotal et la pompe religieuse de sa parole, n'est, comme on l'a ^t, qu'un athéisme emphatique ^^«•
138 LE DÉLIRE X>£S STSTiMËS.
Malgré Vi»anHé de tou» ces «ystèmeé^ que d'esprifa dont Us ont profondément troublé Fimagination et qui en ont accepté les conséquences morales dans tours écrits! L^omme que n*éclaira pas la foi^ que ne pro-» tègent pas de fortes habitudes religieuses^ s'il se livre à la lecture de ces ouvrages philosophiques^ composés d'ailleurs avec une incontestable vigueur de génie^ ne tarde pas à éprouver je ne sais quelle fascination qui^ peu h pm, s'empare de son âme et la jette dans une dai^ereuse ivresse* Sa tête s'échauffe; le vague^ les té* nèbres^ l'étourdissement du trouble le saisissent; son imagination s'égare dans un affireux dédale ; son esprit se confond^ il erre , sans lumière et sans guide, au sein de la nuit. Il lui semble que la création dispa* ratt à ses regards^ que le noonde matériel et le monde moral lui échappent à la fois, qu'ils ne sont en lui qu'une image fantastique dessinée par une main in* connue^ une ombre sans réalité, de vains fantômes nés de la chaleur de la fièvre, un rêve désespérant. Em« ppîté sur les ailes de l'idéalisme et de la spéculation dans des régions où il se perd, il se trouve bientôt dans la situf^tion d'esprit où serait un honime qui s'éveille* rait au sommet d'un pic escarpé, entouré de précipices sans fond* Comme cet homme, l'abîme l'environne au sein de ces théories qui creusent autour d'elles un vide incommensurable, et il ne rencon .re de tous côtés que la solitude et le néant.
Alors, sous l'oppression du doute, de l'angoisso, de l'anxiété, qui le poursuivent, un frissonnement inté* rieur le sai»t« Le mouvement, la parole, la respira* tien s'éteignent. Le sang ^ glace dans ses veines. Sa
l'homme sans dieu. 139
propre existônoe ne lui semble plus qu'un fantôme tout près de disparaître à rhorizon de la pensée. Vai* nement il se penche sur le gouffre pour Tinterroger^ pour y chercher un écho à son appel désespéré; au^ cun bruit; aucune clarté^ aucune apparition...
Des visions épouvantables KasEiégent^ et il réalise, dans les transes de son âme^ Thorrible fiction que vous connaissez. A Theure sombre de minuit, il croit voir les tombes des morts s'entr'ouvrir et les générations éteintes, sorties de leurs sépulcres, errer çà et là et se presser en foule, toutes chargées de la poudre des siècles. Pour elles, la terre, le temps, l'espace n'existent plus. Du geste, de la parole, du regard, ces pèlerins du tombeau s'interrogent, se demandent des nouvelles du ciel, de l'éternité , de Dieu : « Voilà si longtemps a que nous dormons au fond de nos tombeaux! que « nous attendons le réveil promis!.. N'y a-t-il point de a Dieu!... »
a Nul parmi les morts, ne peut résoudre l'insoluble «énigme.
ftE^ l'on entend, par intervalles, ce cri des ombres « éplorées : -
K N'est-il donc point de Dieuî... »
(( Il n'en est point ! répond une voix inconnue.
Et les ombres tressaillent et toutes tremblent avec violence sous le poids d'une indicible angoisse.
Alors, la voix inconnue :
a J'ai parcouru les mondes; je me suis élevé ou*" a dessus des soleils ; je n'ai trouvé dans les cieux qu'une a orbite vide, noire et sans fond. Je suis descendu aussi a loin que porte l'ombre; je me suis penché sur l'a*
« bime^ et là le mugissement de Téternelle tempête « m'a seul répondu. J'ai demandé Dieu à toutes les a hauteurs^ à toutes les profondeurs; partout Féternité « reposait sur le chaos^ et se rongeait^ et se dévorait « lentement elle-même. Il n'est point de DieuII... d
«( Redoublez ,de plaintes amères et déchirantes^ que « des cris aigus dispersent les ombres ^ car c'en est « fait!... »
Après le maître sont venus les disciples^ qui ont poussé le système à ses dernières mais naturelles conséquences. Si l'homme est le but et la fin du développement total de la nature^ l'homme est l'être absolu^ et pla<cer à côté de lui un autre être qui lui soit supérieur, c'est ou manquer de courage ou déraisonner. Nous retombons en plein humanitarisme, a Dieu est une personnifi- « cation de la notion générique de l'homme, la divinité « et l'immortalité humaines personnifiées ^^» L'anthropolàtrie est l'unique culte, l'unique religion ; voici son symbole et sa morale 2 « Estime et aime par-dessus « tout, dans les autres aussi bien qu'en toi-même, l'être a humain, comme le sauveur véritable, comme la « soutce primitive de toute félicité humaine! Point de c salut hors de l'homme ! l'homme seul est et doit être « notre Dieu, notre juge, notre rédempteur **.
Ce que l'humanité a si longtemps adoré, c'est elle* même; ce sont ses idées les plus hautes, ses sentiments les plus purs, auxquels elle attribuait une existence distincte et qu'elle nommait Dieu; Dieu n'est que le reflet sublime, l'ombre grandiose du genre bumam.
l'homme sans pisr* 141
Dien et le monde divin^ c'est toujours la nature hn^ maine : Homo homini Deus. Voilà rhumanitarisme matérialiste ! Il assigne à la famille humaine pour origine la matière^ pour avenir la matière encore^ la mobile poussière du globe''.
De nouveaux logiciens ont dit à leur tour ; Mais rha« manité, le genre humain dont vous £aites Tapotheose^ c'est un être abstrait, un être indéfini ^ qui jamais ne se réalise^ un idéal ^ un absolu. Votre humanité n^est qu'une nouvelle idole; l'individu ne peut adorer que l'individu^ c'est-à-dire lui^^méme. L'homme ne doit pas se soumettre à quelque chose d'extérieur à lui-méme> divinité ou humanité^ peti importe; il n'y a d'autres droits que les droits de l'individu ! Ne parlez plus du genre humain : Tindividu avec ses appétits et ses pas* sions^ voilà le Dieu véritable; chacun est Dieu^ et Dieu pour soi : Quisque sibi Deus*^. En vertu de sa souveraineté^ le moi de chacun peut et doit tout être, tout avoir r Cuique omnia. Tel est le dernier mot et l'abrégé nécessaire de Vautolâtrie,
Ces monstrueuses doctrines ont franchi le Rhin; eltes ont trouvé un écho chez les plus éminents philosophes de la France, dans des livres couronnés par les académies. Un sectateur de Feuerbach avait dit : « Ap^ a prenons à l'homme qu'il n'y a pas d'autre Dieu que a lui-même, qu'il est Yalpha et Yomega de toutes choses, «r l'être supérieur et la réalité la plus réelle ''. x> L'auteur de VHistoire critique de V École et Alexandrie dit précisément de même : a Ce qui est réel et vivant, c'est a la pensée dans le moi, c'est en un mot l'universel (rdans l'individu.*. Non-seulement la substance uni-
iiS LE PÉIIRE BES SYSTEMES.
« varsaUe (Dieu) n'esi pus sans les individug, mais elle a n'a d^èlre et de réalité que dans et par les individus. li Prise à part> elle n'est ni cause ni principe de Tétre^ «elle n'est qu'une abstraction de l'esprit ^^ i^ Il dé« pouille Dieu de la pensée^ de la canscience, de la per« sQnnaUté^^ Ainsi }'ai abaissé l'orgueilleux penseur au lûveau des disciples les plus insensés^ les plus dégradés d^ la sophistique allemande .
Y^His aves vu à quels humiliants délires j'ai poussé la raison humaine] che^ cette race germanique^ où les plus puissantes tétes^ jouets de mes suggestions^ n'ont enfanté que des systèmes qui tous vont aboutir h, l'ignmninie^ à la négation de Dieu^ à une nuitef* frayante au fond de laquelle ils abandonnent l'hommQ à. toutes les angoisses du désespoir. Des accents d'un cynisme inout ont retenti sur ces bords^ et la nature ea a. frissonné d'horreur : a Oh! puisse* je voir de grands ^ vioes^ des crimes sanglants, colossaux , pourvu que «je ne toieplus cette vertu qui m'ennuie et cette mo« a raie de tous les jours ^*. » Eh bien! ces doctrines qui résonnent comme un atfreux rftle au fond d'une société agonisante j je les ai infiltrées dans toutes les productions de l'esprit en France ; elles y ont inspiré cent théories qui le disputent en démence à celles d'outre-Rhin*
L'éclectisme, qui ne vit que de plagiats, l'éclectismei si téméraire et si fatmc^^, a fini, au milieu de ses tàton* nements et de ses variations, par leur emprunter son fonds le plus riche, c'est<-à-dire le plus monstrueux ; il n'est qu'une répétition du système de Hegel, une contrefaçon de Videntité absolue **, moins la logique
l'homme sans DI£tJ. ' i43
pourtant. Qu'est-ce que le Dieu de l'éclectisme pour rhomme qui cherche dans la science de la vie des ailes pour s'élever^ pour agrandir l'horizon de soi) kmt et monter dans les hautes régions, vers l'infini, vers la vie, vers la source du beau et du î)ienî H n'est >qu-une fatalité aveugle, un spectre glacé, à l'aspect duquel on éprouve cette sorte d'eflfroi, qui saisit un homme lorsque, marchant sur une prairie émaillée de fleurs, il rencontre tout à coup sous ses pas un froid et dangereux reptile.
Les générations que le vent aride et brûlant de la philosophie éclectique a touchées, ont pâli dans leur fleur, elles se sont desséchées dans leur germe, avant la maturité. Elles manquent d'ailes et de souffle, et ne peuvent parvenir à l'âge d'homme. La philosophie éclectique a produit ce qu'elle avait semé, le néant.
L'éclectisme a étouffé dans les limbes de la raison humaine, à laquelle il l'a identifié, la grande et divine personnalité du Christ. Suivant cette doctrine, la raison qu'on appelle humaine ne peut pas être distincte de la raison qu'on appelle divine ou de Dieu. Elle lui est nécessairement identique, et elle n'est humaine que par cela seulement qu'elle fait son apparition dans l'homme, phénomène nécessaire de Keu. L'appari^ tion de Dieu dans l'homme, par sa raison ou son Verbe> est l'objet du dogme de Dieu fait homme, ou de la raison incarnée, ou du Verbe fait chair. Cette incarna^' tion est nécessaire, perpétuelle, universelle ou caiho* lique;é[le a toujours eu lieu dans le passé, en cha* que homme, à chaque instant de la vie de chaque homme ; elle a de même toujours eu lieu dans le pré« sent, elle aura de même toujours lieu dans Pavenir»
iH LE P£L1R£ I)£S SYSTÈMES.
Tous les hommes sont frères du Christ, c'est-à-dire qae ce que le catéchisme enseigne de lui seul est rigoureusement vrai de chacun d^eux.
Sans Tapparition du Verbe divin dans la chair humaine, pu sans l'incarnation de la Divinité dans Thumanité, celle-ci serait vile, petite, dégradation et néant. Mais le Verbe s^incarnant en elle Fennoblit^ Pagrandit^ la relève et la rachète. Ce rachat est Tobjet du dogme de la rédemption, identique à Tincarnation, comme elle nécç^aire, perpétuelle, universelle ou catholique.
Et ce Verbe rédempteur et incarné, à la fois Dieu et hompie, substance divine dans une forme humaine, être infini, étemel, immense, dans un phénomène fini, passager et local, est aussi le médiateur nécessaire entre l'homme et Dieu . Nul ne peut aller à Dieu quç par le Christ : c'est-à-dire que chaque homme se rattache à Dieu par la raison, qui est le Verbe. Mais le Verbe était bien avant qu'Abraham |fût né, et il continue d'être avec chaque homme jusqu'à la fin des siècles; car }e Verbe est l'homme même, et l'homme et Je Verbe sont Dieu * * .
Haillons de misère sous des oripeaux dorés, parodie sonore du catholicisme, système panthéiste, système athée* Là aussi nuit profonde, désespoir et néant.
D'autres y ont mis moins de façon **. Pour en finir iivec tous les systèmes, ils ont nié tous les faits de conscience; ils ont supprimé le monde moral tout entier* Ils ont substitué les idées relatives aux idées absolues, et les sciences à la métaphysique; ils n'ont admis que les sciences maUiématiques et physiques, et ils ont pré* tendu les cQn^truire indépendamment des idées ab«
çolues^ telles que les idées de eause^ d'u0ité, d'esprit^ ^
de temps^ d^éternité. Ainsi^ ils veulept construire la mécanique rationnelle sans les notions de force et de temps^ Tarithmétique et Talgèbre sans Tidée del'unité^ la géométrie sans Tidée de Fespace et sans les axiom<^s! Us repoussent les idées; absolues^ et tout en mathéma^ tiques est absolu ! Suivant eux il n^y a que des faits relatifs^ et tout en géométrie e^t nécessaire! Singulière (^ilosophie qui prétend organiser les sciences posi-r tives et méconiialt les plus simples conditions de leur existence! Singuliers philosophes qui font la guerre aux systèmes et en ont eux-mêmes imaginé un qui les aveugle à ce point de perdre jusqu'au sentiment des faits!
De méme^ suivant ces penseurs superbesi, matière> esprit^ atomes^ causes premières et ài^aliss> Dieu^ la spiritualité^ Timmortalité^ la liberté^ la responsabilité de TàmCj ne sont que de purs fantômes de Timagina* tion^ qui fait ou défait ses toiles d'araignée au delà de renceinte de la raison. Mais en fermant les yeux à ces grands problèmes^ on ne les anéantit pas. Que suis-je? où suis-je? D'où viens-je ? où vais-je? Ces questions ont toujours été et seront toujours le tourment de Tesprilde l'homme. C'est en vain qu'on, l'invitera. à ne point s'en occiq>er; elles son t en lui^ elles ledominent^ elles l'absorbent tout entier. Rien ne saurait éteindre dansson cœur le besoin inextinguible d'y trouver des réponses^ et l'on a vu les plus vigoureux esprits y consumer leur vieè
D'après ces étranges théoriciens^ les choses n'ont
point été faites pour la fin qu'elles remplissent^ l'œil
pour voir^ l'oreille pour enteQdre^ l'estomac poar di-
146 LE fÉH^LB ms sYsTiafts.
pà^' hastf^d. Us «éploiènt contre' Pidéë dMrië Prôvî-i dèftefe iiAriiè imë ^p'ëfcfe iè*âîchlat*riemeni'; teé «deux; cet hainnfiottietiltttttVeWj qiii btii tmpH'dtiû rélrgteUît ètrthôtiéSifemè l^ftîiïe H§é Unf de cohtfetïiptâtetif^' fet de géVités^ûbllrî^, Tfifeé posititàt^ les trotiVôflt ttiâl fàlfej Ift lé iflbftàé, k1éfûi*syèux, ne manifeste qu^n degré dé ftftgiéfesé 'ihférieiïr i celui que poè^ède lliotntne. Oui, W tolife deis choses à éië à ce poi'ht maïîiabilè et si péti à*àct<kà avec ette-môme! ÈHe' a pu peupler Fespacé de ttiondes infini;^, faire cîrculret au sein de tous tes «tttes^déia^t^miirts éft S*é, et ^IW n'k pas su leur domnèf des lois assez raisonnables pour qu'une de ces inno^* IwiftWes oi«tfto*H, î'»tro»cteetVeftè fl^Ti Mifithe, les plissé âppfbthrër \ EBfe k pi prddtrite PfnftèWrgeHce M ^Iqites lAiilosbphés si peu sat WfeUts^^ d'elle> et tHe tt?à l^&l^u l*^igéfef datosgefe,coniWhafe5n^ Oui, ce qtie ceà fàildsëiAiès, ^ié^ fÉlfafle^ maèhhies orgahique^ de^îtfèéÀ t'd^el^'otiîoili^^'edrtçblvèfrtdknà leur cabinet, est phiÈ kni^maM'fif, ^tl» hèm^ ^plluts haffinonfie^x qùè % i^ys^ 4èilie ié^iclètoôee ^tte là nëlufe rêrttee danè îsto évolu- «l<>ft à trafvers 4^ïw*nensité ! ^UsiiW^trt |osqtf'à s-écrièt^': * ' " <» Ofi disttlt atrtréfois - : €iÈii '^fiafrmni gloriam D&i i tf 'êtoÎ6ài*d^huM0* Wëtti ne racontent pltis que la 0crit*è t*^iè*New«(MaMef|i*eIiâplace.i> ' ' " '
Vèûs lewyeÉ, |e sttîS -pàrv^nti à inspifël» ffemhbtfsiasnw d«nt îlftlhéi«<ne, lé fànktisrtte dans tâbgûtde: Mori'trkwiphe efet^oifepflet.
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« h pnAAèmit de l'élie Immainii Je penâe VirnSmi^ ^éb «fMs lîfen lilerdiiez josqû^M' rève1< l'ai 66}f â'}m-> « «mortelttéi *et Vous mi^' ôteitl^éflpéràiMse ! Voc» mlti*^ ^ f iieiît éhiâ)er> àiMmcfr la frMm^ tuais ^ue m'imporW «c la «alffre^ «i Dbu Wy «sit pa6l* «Oetle cUrfo^lé «atui « éb}èt^ ce travail sans eâgttilidn^ cette vie sans tpoëfife « et$tvn» dignité^ n'ont ptasrièîi <iui m^intôre«8ei Suis** <r }e éetic oéndâmné^ dans mevi ocmrt passt^e iei^basy tt % mamJbre mon existettee et cet in«4ile tÉfon d'iule « figenoc qui ne tae sert q^i^ mîeuit me Mre corntf ][n^dre nui thisèfe^riifonde et k^eftiédiable^ 9
Bs ont répondu avec nne amèf e et ^édaigtt^tise se*» lénité : « Eérf^gneE-^votts ; le vrai philodafiAe^e fésigne « nne fois pont toutes (1 ) . »
Onl^ résignefc^vous^ ô homme; ré^gnM-^otis daiis le fatalisinel Résigne^VMa «ans Bieti et é»né avenir! Réa!gnez-¥oiis! Denmiffi vous irez à^^v$4re lottv^joiiiiblerie gotrifre qui dévore 4a vie et y darinir sous 4e seead dy nénnt vfrtre étemel ^sMimeil !
Un jour je conduisis un célèbre voyageur au 'fend d'un (^ert de POrient. Dé toutepartsc déi^oulalr à sa vue wn pays sans verduire et sans eau, «ne plaine nue, aride^ dévorée des feux du soleil^ lerre morte senvée 4ê 'Cailfoux brûlants et (fèssements «akliiés^ soMude fitiorae et dévèetée ^ YteiL èfae^eb^t en vain une fiaste contre les ardeurs d'une atmosiphère embrasée. Sm» les contins de oeftteteri^eàésolée^ Ies<vastes ruines d'ufie antSqtié cité fondiliient ie sol. Le Toyageur s'assit sut*
(1) Gœthe.
148 ' LE s>iuw ms aYsxèHEs.
cin tronçon de colonne, au milieu, des palais écroulés» et il méditait sur les révolutions des empires et 1- instabilité des choses humaines> lorsque je lui app9J?us s<his la figure du. génie des ruinée. J^évoque de la nuit. du passé toutes les nations évanouies et je les apène devant lui; elles arrivent Fune après Tautre à ti^avers les décombres des temples de la cité; à leur tête marchent les rois, lès prêtres, les prophètes, les législateujrs. Chaque peuple exalte sa croyance ; de tumultueux débats s^engi^ent, et de cette solennelle discussion, qui a pour témoins le désert et les ruines, et pour promp^ teur rimplacable ennemi de tout culte,, il résulte que toutes les nations ont été viotimes de Timposture; que les religions ne sont que mensonge et chix^ère; que les siècles avec leurs oracles, leurs dieux, leurs sanctuaires, n'ont enfanté que tyrannie, détresse, ayeugleinent; que l'humanité, depuis son berceau, est, la dupe de quelques hommes, et qu'enfin, dans cet immense con-> cours de ce que la terre a produit de peuples, d'ep^ pires, d'hommes intelligents^ tous ont été ou trompeurs ou trompés.
Cette scène du désert, où le néant vient éteindre une à une toutes les palpitations de la foi et de la vie dans le sein des générations humaines, je l'ai renouvelée pour chacun des sages de ce siècle. Glissant un nuage dans leur raison et leur mettant un bandeau sur les yeux, je leur ai dit : Scrutez les siècles, enfoncez-vous dans la nuit des âges, interrogez ies peuples, leurs traditions, leurs livres sacrés; sondez, et les profondeurs de la nature, et les profondeurs de l'histoire; dites, que voyez-vous?
l^DMId» SANS DnSV. 440
'^^ Nous n'apercevoDsr ique des ond)res au fond de la nuit primitive. Puis» aux douteuse^r luetirs de Taube naissante^ nous' entendons vagir dans lents berceaux d^éoorcé dès hommes enfants^ dont la dent broie le gland des forêts ou déchire une proie sanglante, a L^es- '« pèce existait à Tétai brute^ à Tétat de véritable bia mane, privée de pensée et de langage^ et bornée à ^ Tinstinet de conservation ^*. » D'où venait-elle? D'où vient lliomme?.. a Coniment est-il né une première c ibis à la vie ? Par quelle génération spontanée 1 Par ^ quelle mystérieuse inctdmtion? Dans quelle larve, a sous quelle chrysalide a-t-il végété, silencieusement d enveloppé, jusqu'au jour où il a pu marcher au soa leil^t » a Un voile presque impénétrable couvre pour a nous les origines de Fespèce humaine : les légitimes « inductiods de la science s'arrêtent bientôt sur ce ter- <i rain; j'imaginaiion même se refuse à rien concevoir e sur les mystères des premiers jours ^^. »
> L'homme est^I un aniaial transformé ? Quelque singe perfe<stionné , lequel descendrait d'un autre animal moins par£ait et ainsi jusqu'au premier animal ? Et eeloî-ci, ne serait-il point sorti du végétal, le v^tal du minéral, le minéi^al d'une agrégation des éléments fluidiformes de la matière, lesquels ne seraient euxmêmes à l'origine qu'une condensation d'une substance inconnue, primordiale, éthérée, qui remplit les espaces infinis ?•«*
Et les voilà qui s'en vont poursuivant laborieusement de couches en couches, de siècles en siècles, de cataclysmes en cataclyi^oaes, ces longues élaborations des êtres qui partent du néant sans aucun fiât qui les ap-
tiS6 LK DÉUn ££3^; «¥9SiM£S.
fleUé^lMiit ftlkt s'érmènîrdaM^ki 1^^ qui te& ab- «iHïbèi dén» mwi étaME^^' itttU.
.fMyi Bé tinsisant aiié<^. 119 orgodil 4ki Tit^nCi.eatlre &idti et tmHre i la a^ciéié^ é''umii9niM& lo^iskmf^ se
Piti$«|M FtuHnsQi^ esl parti "de la: nuit > VkraïaiA a 4oiiâ tgtéé, km! îmrealé;' le^seimcae^ lès iâi$^ li^ seeiàtéi^ ia parûtes )â passée > la is^ligiM^ fimi liÛMaétOtet* ^ Xiii 'SOUme de.touto téfité>.da toute dootrina» ita tonle aciencd o'a lamaîa été q^ l^asprithumahi.^^ Ainsèae .amil.fonsié^ al éteUies tMtoS' lea>aHgioaa> dêpuie, W groisîav lélicAiisma du sauvage îMpi -au ehrirtiankam le jplus fi[iétapb;siqa^> la plus pyûf<i&â> la.|>loa fHÊtttmt^ le damikr des^sysIèaiiMifetigifiai^ Suf^stfUoea rbomme el tes aiitraè étces pemantd^ s'il en aal duaa la oioiida> Dièii n^canirta fitus; VùhA d'huniaiiîlé^ pôiat da peméa, point didéa}> point de Dieu^Diatt n'aautste <|iia|iaur Tétre pensant (1)^ » «i I^es iialigioBs sont, «omlna^ le6 '}aiigu«H daa syiidM>laa créés par les fiisi^eli'âtt getire 'hutiKiin dans la périoda de sa àpontanéité<.v€e soml êeé oréations spontanées de rbatiiaiiîté> êm initadas 'pi^ologiques, aniériaiins à l^tM3tbi»e ^^ » Tout idoBe fikfn va se perdre^ s^d[>îni6t' dana Inanité des coti^ cssptibm famnaineis^ et rt^mmeqai &e sait ni d^ai Hnant ni où il va> n^st qâ'ttiia éiqt>»a astre daOK in«eauiiits. >' ^ . • ^ î .». • - , • -^ •^^- •
Ainsi Dieu n^est plus qu'une hypothèse, ou, si yfém 'TOsAea^ une t^^ftiêfê; w péarva^n^^kf ydu&acxioMer
• ■M' j ■ .,, , '. ■ ... .■ w ' '•■;'•■ ..■•iî. • *:
' flj 'MVVA?ft^îi6T, ià Métaphyètqm eé ttt$c^te , t. \, p. fSît' " ,(2) /W^*6id»> t. H, F. 5«fc et piwfwri .. ;^
4iieio'4«t.'.fo piu9 mUfi.ûmqpêtt^^^ l'hmtm^^ faite ^
T9i^^\» qui VéffUitftà.^ k )a! AimiM/^iiM, ià^wk éoMpèié^ Qite favft l^lnomme é^ t^ea,ptit d'un iK)tive«ii;<gea»e! L^homme le traitera comœi&tol} iMe>péwMii vdndr*^ «jriekalBtk^, euvcfyer e» exil> anaiclârrièrei^y «u gitei...; euy si Fon a^Iô boBhett^ 4» itvfet dou&ee <iu'€i|i appelle «m.régilbe imdéré^ Jl sèr» peuthèlre^ adpiia âaii&' l'état «» qiraiiité de nlereenaite ; il yabra^ménAe^clestlaiÉps tildes paya «a 11 podrra prëtfNsdtre à la^rolectio^ à la èteiiiiéiUaiicd/ aux faveur^ eè'^'éieyer â la ëoiNiitiOR d^a.étrtiBger qu^ âarvèilld^'te d^n^ am|[>toyé qiii^on
< Mais FiftifaMig^iiae ëèt bMiM blessée de oe désofdre acfcial j la lo^iqiie I^ënl9i||tae^ iéTiiicièl«naehtv«lle'8^f^ fraie dtt' vide MMimise cpû' s'est faitatttolip d^U4; pour botnblet Tabtone^ aSÈ» teatd tin jfM^emlèP eifort et dit ajaxi^éiMréi : Dim,c^estmA^t, xfiefêf vot»,' (f^i tmiieh création ; mais là «réatioin est Muette et le nby^ère d^ tneare' toajiiMltSL fin vainy a'^nivrant de Isohiolrgvbil; «tfo b'éerie : /iiim fiekt ^un rnùoty^ ^eét mai qm Tm tFOUvéf éeêt Hne iiete- futa je mt êutls faite et que p MêitlM ténèèififira^ipateisseiit^ ma)alà terrible ^afyf»a<> rftion ne feêàt de la pbubuivrey et é^st alovs épté,' fi^ tiguéi^ dttflàM delméeoiftplésy ^épi^Hisée éë ti^t d^efforts^ déçue de toutes ses recherches^ et jusque dans tlioi^ irflriB tébtdHm de éHMVéanlAr dans le doutai elle Misse ^fUèjppet, bMAflie detnibpe eiepHcaiffÀn de* I^énigniey o^ deÂiier Uaapbtrma -i^ âéHêioàf.i Et tel est* ew«fMt*te dernier miit deitautasriea doetrinleaetide ^toos leè' P/th
4&S LE BÉLIRB DES gtSTÏMES.
Et résumant ce triste et douloureux li^nr de l^U'manité id>U8ée par le mirage d'une science vatnC'et d\ilne philosopbie impuissante, on ente^id eà et là, p«r intervalles, des cris déchirants qui s'échappent à travefô les angoisses dû désespoir :
a vérité ! vérité ! pour te trouver, jesuis descendue a dans des abîmes dont la seule vue donnerait le ver*» a tige de la peur aux hommes les plus braves. J'tù suWi a Dante et Virgile dans les sept cercles du rêve mar et gique..* J'ai laissé partout ma chair et mon sang. J^ « suivi Madeleine au pied de la croix, et mon front a pt été inondé du sang du Christ et des larmes de Marie. « J'ai tout cherché, tout souffert, tout cru, tout accepté. « Je me suis agenouillée devant tous les gibets, consua fnée sur tous les bûchers, prosternée devant tous les a autels. J'ai demandé à l'amour ses joies, à la foi ses ce mystères, à la douleur ses mérites,. • Vérité 1 vérité I a tu ne t'es pas révélée, depuis deux mille ans que je « te ohercte, et je ne t'ai pas trouvée ^^ d
Du fond de ces ténèbres une épouvantable clameur s'élève et roule sur le monde : Haine à Dieu ! haine aux hommes ! haine à la société ! haine à toutes les institutions qui apportent une entrave à la liberté, qui veulent mettre un frein au déchaînement des passions ! • •
<x U me faut des lits de roses ou des poignards; car a je veux jouir. »
Debout sur les ruines du monde moral, l'homme proclame l'anarchie universelle ; le désordre seul est en harmonie avec l'agitation qui dévore son&me; dans son délire, il abjure l'espérance, et se précipitant dans les sombres profondeurs de l'abtme qu'il a creusé sous
l'hohhe SAKS naso. 153
ses pdsy il entonne en périssant un hymne au génie du mal^ au Dieu du plaisir et de la volupté ^^
Ainsi dono; dans ce monde sans Dieu^ ou ce qui est ta même cbose^.sous ce règne du Dieu-^fantâme des humanitaires et des panthéistes, voilà Thomme qui s'affaisse dans une nuit funèbre et qui s'éteint dans l'ignominie *'; Livré à de hideux instincts qui sont venus, comme d'affreux reptiles, habiter son âme, il hurle les chants de l'orgie et du désespoir, en attendant le néant qui le réclame et le dévorera demain.
Les légions réprouvées firent éclater leur joie par des applaudissements frénétiques en voyant avec quel succès le démo9i de l'athéisme était parvenu à tromper les malheureux mortels et à envelopper à leurs yeux, d'une^ atmosphère de ténèbres, le grand dogme, de l'existence de Dieu... Le soleil levant vint mettre fin à ces scènes nocturnes et réjcmir d'un 4oux éclat ces lieux attristés^ Son disque agrandi, se montrant à l'horizon, au tQx\A d'une longue avenue de sapins, rencon*tra le visage du solitaire habitant de ces ruines, qui était venu s'agenouiller devant une croix de pierre, au bord du chemin, et illumina de ses premiers rayons la blanche chevelure du pieux anachorète. Le vieillard, d'une voix émue, confiait à Dieu les tristesses de son &me en songeant à ceux de ses frères, dont le cœur est sans voix dans ce grand concert de bénédiction, qui monte de la terre au ciel; il disait :
a Pour vous adorer. Seigneur, les cèdres ont incliné leurs cimes , et l'herbe des champs s'est penchée sur sa tige.
itS4 LE lébiu DIS mfftimts.
a Et il y a d^ hoaiQi€« (fui n^oot Januiis lléd|i le. genou à votre nom troîa foi» saint I * . (X Les troupeaux d#ii& les vallÔMy et les aaimaut au fa^ des déserts, vous bénissant ; le petit oiseau^ sous lô feuillage des bals^ nnseote^ sur les fleura da buis^ son^ murmurent vos louangeâ# , « Et il y a des homioes dont le$ le Vrea ne se sont jamais ouyertes pour prÀnoncei^ une parole à votre gloftirel
a Vous avez creuaé à' la fotàtaibe Èdn iiaasiiii de gra* nit^ au petit ruisseau son lit de caillou^ à Thomme vous «vbz^ donné un OiBor poiur t^B àimw ;
• (f Vqxtï^ du rocher est toigours {^letna^ les rivea d» petit ruisseau sont toujours baignées d'un' flot ifmyide ;
« Mais le cœur de rhomme^' Seigncnir^ est eonimë nnesoupce' tarte et vide de votre amour et dcvolré ftonrenir !
^ Vous a^ez tracé amc vents leur coura dans l^Almo^ i^hère> aux nuages leur route dans le cièl> k l'onde là pente qui l'entraîné le long des v^diées, à Thomme la toie qui conduit à vous ; '
a Et les vents^ et le nuage^ et Tonde sont restés do« ciles aux lois qui tèglent leur mouveraent j ' « Mais rbomme s'en est allé loin de vos sentiers^ seul à l'écart, dans une nuit sombre et froide^ ^ar des chéniins qui meurtrissent ses pieds!
« Vous avet donné aux constellations leur robe de saphir, au soleil son glorieux diadème de lumière^ à îliomme, le chef-d'œuvre de vos mains, vous avez donné, aveé une affection de père. Intelligence et Vamour pour Télever jusqu'è vous;
l'homme sans dieu. 155
a Sur Tazur du firmament^ les astres de la nuit brillent toujours des rayons d'or dont vous les avez couronnés; le soleil inonde toujours Tespace de ses éblouissantes splendeurs;
a L'homme seul méconnaît ses immortelles destinées^ et s'efforce d'effacer en lui les traits de votre image; il se dit le frère de la brute^ et place son espérance dans le néant !
a Et pourtant il y a dans le fond intime de tout être un esprit de vie qui palpite vers vous. Seigneur, car vous êtes la voie, la vérité et la vie, et il n'est de salut qvPb par vous ! »