‹ La cité du mal; ou, Les corrupteurs du siècleChapitre 9 sur 62 · L'IMPUISSANCE ET LES DÉSESPOIRS DE LA RAISON. LA SOCIÉTÉ EN POUSSIÈRE · texte numérisé non relu

L'IMPUISSANCE ET LES DÉSESPOIRS DE LA RAISON. LA SOCIÉTÉ EN POUSSIÈRE

Draco ille magnus^ serpens antiqnns...

qui seducit universum orbem.

Apocai., XII, 8.

Pour la troisième fois^ les esprits de Pablme ont envahi les ruines du vieux monastère^ qu^une nuit sinistre enveloppe de ses ombres. Les princes de ténèbres^ rassemblés autour de leur chef^ s^empressent de dérouler devant lui le tableau des artificieux complots et des sourdes machinations qu'ils ourdissent contre les peuples pour les séduire et les entraîner aux abîmes. Le démon de la fausse sagesse était surtout impatient de prendre la parole depuis qu'il avait entendu ses rivaux s'attribuer toute la gloire du succès dans Puniverselie orgie. Le point de départ de tous ces désastres moraux, la source première de tous ces fléaux, de toutes ces effrayantes maladies de Tàme qui ravagent les sociétés modernes et précipitent leur décadence, l'Esprit pervers, que nous venons de désigner par le rôle

158 OfPinSSÀNGE ET DÉSESPOIR DE LA RAISON.

qu'il joue dans ce grand drame^ les place dans le principe de la souveraineté de la raison^ qu'il proclame l'arbitre suprême et sans contrôle, de ce que chacun doit croire et de ce qu'il doit faire.

En effet, une main terrible semble avoir tracé sur le seuil des nations aux destinées desquelles préside le démon de la fausse sagesse, les caractères lugubres qu'un poëte fameux, jeté par l'inspiration aux portes dti séjour infernal, lisait, plein d*ép6uvahte, avant de descendre dans Ojtis horr^iOT piKNS&«4e^ ;

Per me si va nella citta dolente ^, etc.

Cité de tfôiible et de deuîï, ôii sévit une guerre sans fin ! guerre de l'homme contre l'homme ! guerre de l'homme contre la société et le pouvoir , contre la religion, et coQtr^ Dieu ! guerre ^e l'hQmme. contif^ )^im^me^ livré en prçie à tputes les obsessio^ç (}u ^ovfte» à toute l'aparcnie des idées et des principes!.,^ Ce. sont ces rivages désolés dont parlent les voyagû^rs, que troublent d'éternelles tempêtes, sur. lesquels grondçnt d'éternels orages.

Le démon des doctrines funestes^ le plus astucieux séducteur des hommes, s'applaudissant de sa perver-» site et des maux dont il a inondé la terrç, veut ajouter à son triomphe en faisant remonter ^ une date reculée la cause première de cet ébranlement moral qui fait chanceler le monde. Cet Esprit, le ^lus profondément corrompu de l'abîme^ s'adresse en ces termes à ITiorrible sanhédrin ;

8i la liHénature eonteinq^oinainieydûnt (m tous à tiraèë te tubletni/ n'est qu'une immenëe déhàudhe; si Teisprk hutnftin^ livré à ses Sêiftes forces^ n^ eiifatité^ ainsi ^a'oo vôu^ Vu tàH ycAt, que des système^ motistnaetix qoî l^d»t cmidfiit lusqn'à nier Té^istenee du Ciréàteûr 4e Vnnmr», o^esl à ta sagesse de mes^ inventions^ à la profondeur de mes artifices que Tenfer doit ces grandi tésnltats qui assufent sa viel<>ire. Pour dissoudre tous les liens de la société^ pour miner les fondements des ^mp^ffy pàm dépraver les AmelS éi effacer jusqu'au flOKli *û Tèut-Puissant dans les cieux, j^ai livfé Ifes hoDome&à leur propre raison; je leur ai fait adorer édtte raison sous le nom de science. 0\i\y là science est ée^èmie pourFhomme, dans ee siècle, lé Dieu de l*ùtiiters; on n'a fol qu%n ce Dieu; on n'espère tj^û^éiïïuî; $« Bagesse el sa puissance^ doivent renouveler la terre, et, par de rapides progrès/ élever ITiomme à un de^rè dé boitheur et de )>erféctîon dont il ne saurait se faire Wne idée. Cette religion se développe, elle a ses dogtofeà, Éès mystères, ses prophéties même et ses miracles; cille a son culte^ ses prêtres, ses missions, et ses sectateurs se flattent de la substituer à toutes les autres.

Mais ce grand travail de dissolution et de ruines, (^ie infatuation dô Thomme pour les conceptions de Son esprit, cette adoration de la science et du progrès ne datent pas d'aujourd^ui.

• Interrogez l'histoire et prêtez Toreille : Ouelle est ceite clameur qui retentît des riveg de la Baltique aiix bords du lac de Genève, d'Augâbourg à Amsterdam 1 C'est le seizième siècle qui tressaille, c'est lô grand St^bîsrrje d'Occîdèifit qui pousse soii cri de guerre; il rie

160 IMFUISSiNGE ET DÉ3BSP0IE DB LA« RAISON*

redit qu'une pacole^ qu'un laot^ mais le plus puâssant^ pour détruire,, qui soit sorti de Tenfer. Ce mot est .uo coup de tonqerre dont le retentissement et le contrecoup terribles ^branleront toutes les constitutions eu^ ropéennes; ce mot formidable qui a creusé l'abime où Fhumanité se débat depuis trois siècles, qui ne le connaît?

.' Raison, sens phiyé, libre examen, règle unique et souveraine de foi en chaque homme I i

, Voilà le nom de cette puissance redoutable pèrpé^ tuellement envahissante^ qui regarde, scrute, aaalys&, dissèque toijit, met tout en discqssion, et l'Église et rÉyangUe, et tous les pouvoirs et toutes les idées, tiare, couronnes, droits des rois et droits des prêtres, science , morale, politique, philosophie, et ThomiQ^ et Dieu! £t après avoir réduit tout en poussière, effrayée , du néant qui est au bout de son implr toyable analyse, et enviant aux brutes leur stu^idit^j elle proclame qu'elle ne se distingue d'elles que par J^ triste privilège de s'égarer c^ erreurs en erreurs, à l'aidi^ d'un entendement sans règles et dlum raison sans prii^j xipe^. . . .

A quelle puissance de séduction ne m'a^-il pasfiillu recourir pour qu'on en vint à déployer une mauvais^ foi aussi opiniâtre et d'aussi incurables illusions q\ke celles que j'ai fait prévaloir sur ce point! Interrogez. I^a plupart des historiens, des publicistes, des penseurs, des journalistes modernes, avec le dogmatisme le plus audacieux, ils vous affirmeront que nul fait plus glorieux et surtout plus salutaire ne s'est inscrit dans les fastes de l'histoire. C'est de la Réforme, vous diront-ils, quje

LA SOGIÉtÉ EK FOU6Slill3!t. 461

datent f émancipation de la conscience Inimaine^ i'affranchissement de la raison ^ la création de la philosophie et le point de départ de tout véritable progrès. C'est depuis cette épocfue que ^esprit humain a pris possession de lui-même^ a déployé dans la plénitude de leur force ses ailes toutes -puissantes^ et s'est enfin élancé vers ces hauteurs de la pensée et de la civilisation sur lesquelles nous lé voyons planer aujourd'hui.

Incompréhensible aveuglement ! Glorifier la Réforme d'avoir donné naissance au principe du libre examen^ c'est la proclamer la source des plus odieux attentats^ et accepter la plus vaste humiliation qui puisse déshonorer rhomme et les peuples.

D^où viennent^ en effet, ces haines de tout frein, de toute autorité religieuse et civile autre que la souveraineté de la raison individuelle? D'où vient cette liberté de tout penser et de tout dire, cette dissection à l'infini de l'esprit humain, ces divergences, ces divagations sans mesure de l'opinion religieuse, qui déchirent et mettent en lambeaux la société des intelligences, pour la réduire à l'indifférence, au néant de tout culte? D'où vient enfin cette ligue permanente du philoso^ phisme ou de la libre pensée, qui, posant en principe l'indépendance du tribunal de la raison humaine, renverse, attaque ou mine sourdement toutes les bases de fixité dans l'Église et dans l'État, déplace, disperse toutes les bornes établies par la foi et l'expérience, remue toutes les passions, fait de la société une terre mouvante, décomposée, sans consistance et sans nom, et produit enfin ce chaos intellectuel, religieux et mo-

1#8 IMPUISSii^Qi^ JSV. «ÉgR^POIA Bft 14 RAISON*

liç monde 4^ns uae j^uil éternelle, î ;. .

J^s iivsp^i^tioa^, communes , qui ù>a,i ^îx If^fi^ifh^ QQmni^ UQ ^\A \kfmim l y^rit d'indivktaali^ogie ^

Vousi Qrie«.^.Vén^sincipft^i<>Di : JBhl.:qiii,'^i.4^j$M^i$it les peuples qui se sont abaissés sous la férul€idU;ii9iQiive

^ï^ les bypotibèsi^ pik]ie^»esy et reasu^i^Uef tqu% tes ^yst^m^ de t'wcMm lotoadA^^r^s.iwair i^#9Q)is«éi« seule doQtri mqm piwfmV miim^ l'Ctecide«4 1 . .. .

Mais c'en est fait^ l'bMffc^estyefou^. U^^firàmi^mBsmt ^i^lc^'Bf ièv^t^tt foii4 de c^tevi^Ulei terre d^ to.^ruMijm, eteiHirt>(H)^mme^n veQt,piréc«MKseiirdi$VoF4ga» à'tc^YÇKs i^s cité?» et I^q cw^fiisgDcysf qui sf4branl|^ 6^ frisiSCMiiQeiit.^. C'est Je pfc^aiier souffle de cette vôv^Iuh tiap terrible q«i. va éole^r .çomnae mie trombe «ur tpulw ie& cftth^drdle^ et mt tous les U{>n^ du «MiAde OQQideated^^ C'e^ U voix de Uither qui, J.'caU m feu et récuo]»^ à lii,^iH^e> groiHie et foudrçie/ pareil hVo^ xegap qui se précipite sur k» vesles fyiAt^ Dm^Mkn imimmei orgueil il ^'écrie ; .

qf lla'y ^^iHi dîanges à»v^ le ciel et moinsi enoo^^ d'homaie eu? Ia tevsequ pui$«^ et qui o$e jugerpe 4oGtrine... Quiq^oqn^ Pi^it autre pb<»^4^ vm est de^Mié à ri«ifeir..,.JesiW;FAu9 i«ge que^ita amande «ei^ ,U^r< Arrièi^e doiio to^Lt ce<quÂ.be^i^ le^cji^çïm^ lYoloi \€^uir celui qui m cède i^ persauAeii«,M« pa^ A^\ 1» j>^o)e de M^s-»CI)ri$k4 Q^ i^utber. lU'^t-M i^,.uu

ékxM^ howae? Qimol à moi, j% pénëèifj^ m IMeu\»- ■ •\

Ce t^natàsme et oe déliie de l^orgaeit né sont M^piii^ aéfr que pftf Ift iasciveiè d^ ses inœurSi

Dès le preraieppa», Iefoiiguëusbé9ésiarqu6trâ!»uléhé dftteriittnioffttUtéç au scéofid, il «neUra te» éeoir pte^ dans le sang.

Doublement o^HMacré vietge pélr Fonetion du sacerdoce et par les serments du cloître, Luther se Joue de <lels enf^emeats aaorés. Après avenir tâché là bride à i^oi Imi peachants grossiers, U en autorise kKtencé {MU? soit etempte. Lui ^ n'avait pas trouvé FÊgfiâe adafi» pure pour hà, d'une ntain saerilége il brisé \t poffte des. nMMffitèns,- iV en profane la sainteté ^ èÉ arrache umTtokime dont i) ftât ^instrument de ses passions, après en avob faiil i» complice desot^ aposfà» aie ^ ^ t) ta fdus loin ; û met sa. conscience aux pîéd^ d^ln prince libertin dool il Mj^time les fabriques apn pétenees el Tinfâme bigamie.

aHéTokitie^inaire passionné, injiiale, colère, homme a de sang eiéb chair, plein> de grossièreté et de téhé- « menée, peuple surtout et cherchant la sympathie po^ « pulaire ** a

I>|ventt liomme'dè table e« d'orgie, il laissé s^^^hàler son âme I0«t entièlB dans des propos <)ue des ihttins Mlles ont reeuaillis, ptibliié% et dont rien ti'égule le eymame elHf famie. Q a donné à voir en lui, à sonder, la plaie profonde delà nature hdmaine dégradée* C'est le sçul homitie peut-être oè l'on puisse étudier à plaisir celte terrible anatômie^ Dans oes^ ignobles écrHs, quelle nudité! qiiel langagel «fuel abiésDement! Il nous àp-

ifti IMPUISSASK!^ ET DÉSBSSOSE » LÀ BÂISON.

preod qu^il était saos cesse battu des flots et de$ tenï^ pôtes du désespoir et du blasphème... « Parce que }'d quelquefois Tair gai et joyeux^ dit41^ beaucoup de gens se figurent que je ne marche que sur des roses : Dieu sait ce quMl en est au fond de. mo» cœur« » Dans ses sombres balluciçations^ il seeroit sans cesse aux prises avec quelque agent de Tenfer.

Pourquoi donc cette détresse? pourquoi ces angmsses et ce désespoir? . ;

La Réforme a triomphé ; les peuples sont aflfranehis du joug de Rome; quinze siècles de servitude et d^obscurcissements sont sup^imés; plus d'obstacles; voilà rhomipe replacé seul en présence de TÉvangile^ et TÉglise primitive va sa^s doute refleurir comnif au lendemain de la mort du Christ. Heureuses généra»tiens du seizième siècle, saluez Taurore nouvelle ; faites , monter de la terre rajeunie vers le ciel des chants d'aft»' légresse et de bénédictions; les anciens jours^ .rent^* sent, rÉvangile est retrouvé; on a soufflé sur la pou^ sière des siècles gui avaient terni son divin éclat. Le voilà devant vous dans sa simplicité, dans sa majesté première. jours d'espérance et de joie! L'âge d'or du christianisme recommence ! Les cœurs vont s'épa^nouir comme au ciel pur des temps apostoliques, comme aux radieuses journées de ^l'antiquité chré* tienne. Les peuples, éclairés de la pure lumière de l'Évangile et introduits dans une voie progressive , vont se nourrir maintenant des fruits de la divine paf rôle. Il ne doit point y avoir sous le soleil de spec-^ tacle plus beau, plus ravissant. Tout est paix sans doute, sainteté , harmonie , marche ascendante sous

. LA SOGlÉTl: £Iï F0lIâ3I£B£, . 169

le règne de la pensée affranchie et de la raisoa souveraine...

amère déception ! 6 tristesse ! ô misère ! au lieu des cantiques de fétes^ ce sont des accents d^une mé* lapcolie lugubre qui s'exhalent de la bouche de ces grands docteurs, de ces réformateurs tout-puissants. Ils sont là^ en présence du glorieux idéal, du livre divin ^ qui pose devant eux, toujours le même; mais eux, qu'ils sont changés ! quels orages dans leur cœur, que de trouble, que d'incertitudes et d'ennuis! qu'il y a de misanthropie et d'amertume dans leur parole! On dirait des voix de ressuscites qui languissent sans abri entre le ciel et la terre. Un levain de douleur profonde fermente au fond de leur âme; ils voient fuir devant eux cette sérénité vierge des premiers jours qu'ils avaient rêvée.

Ils avaient cru qu'ils allaient rentrer dans l'en* ceinte du siècle bienheureux, goûter la suavité des âges primitifs dont il leur semblait que rien ne les se* parait plus, et voilà qu'ils rencontrent une foi^ce inexorable quiJes arrête et les repousse. Des ombres sinistres viennent envelopper la douce perspective, et au lieu du nouvel Éden qui devait ouvrir devant eux ses horizons de calme etsplendide sérénité, c'est la tempête qui se déchaîne et mugit dès le début de leur apostolat; de toutes parts éclatent autour d'eux la discorde, le fanatisme pervers, les querelles sanglantes des paiiis, les passions féroces, les plus odieux excès, et l'un d'eux déclarera à la face du monde que les flots de l'Elbe ne suffiraient pas pour effofier la trace des maux causés par la Réforme*

1#S IMPUlSSAtfCS !BT DisElSPOIK DS LA KAISON.

ff A^ne cûmés^nous commencé fe f^rêcher notre c( évangile, que l'on vit dans le pays une effroyable ré- «i^lte, fiei «diîstnes et des sectes dans l'Église, et flrp«rtoef k f utnè comjJlèle dé l^onnêteté , de la mo- « ralHë, du bon ordre, fchacun ne songeant plus qùli' « vivre indépei^dïmt et îl se conduire atz gre de ' ses « caprices ^t de son bon plaisir... La licence et tous les «^étirés de Vices et de turpitudes sont dans toutes lés a condittotis, portés bien plus loïn aùjourd*huî qu'ils « rte îe flirent jamais sous le papisme. On était au moins « autrefois quelque peu maintenus dans le devoir; le a peuple surtout Pétilit, taildis que maintenant îl ne « cï)nnatt pJus tri freins ni liens et Vit comme le cheval' <st sauvage, sans retenue ni pudeur, au grë de i^es plus (X grossiers désirs ' .

« Dès qu'on leur a fait entendre le mot liberté^ ils ne a parlent plus d'autre chose et s'en servent pour se et refuser à l'accomplissement de toute espèce de deet roirs : « SI je suis libre, disent-ils, je puis donc faire a ce que bon me semble ; et si ce li^est point par les ot œuvres qu*on se sauve *, pourquoi m*împoserais-je tf'des privÀtioiïs pour faire, par exemple, l'aumône aux «pauvres?» Ils prétendent assurer à leur chair une a'iibetlé' entière, soustraire cette chair à toute espèce « de loi, d'antorîté et de contrainte... Ils se conduisent (c sept Ibis pis sous ce règne de la liberté qu'ils ne firent « naguère éous la tyrannie papale*.

<( A présent qu'on ne craint plus Dieu, que le vice « et Prnfamie vont chaque jour en augmentant, et qu'à « la 'corruption s'àjoutertt encore Terreur et les fausses c( doctrines, à quoi peut-on raisonnablement s^attendre,

LA. SOClÈté EK tOÙSSlERE. 161

^ qtfWid nos twi^îtaafes autotif c^omWé la îweïftrre, si ère % A^eél m fecmlewtseittrent dn i»6ttt!ë * *? ^ ' ' ' '

'^ E» vérftévôtmétorihement eét B^.ijuoî'^votrs Évét nStm6\Â lé& p€)tffAes de rktitdrité de V1^tfse^*VofKs «rreé ^ifètitfté ebfWttiillif liittfe ' de sa croyance, vous t^ët prêché publiquement <ïile Bitett ojpètéetiiîôus le m'A eoWftiieUe bieflf, (fti'il n^^pfkslété moins la -cause de la trafcîsèft àe Judîas que èé là ôôbvet^ion de saint ParofT j <i(5f«e les Iw^nnes œuVi^, rtiètne 'abcoito^lies par tine âme juste, sbnft autant de pèchéîr; tiiantle franc aAilre qui, ëelott Vous, nfe pcrft convenir til à î*homme, nî à Tange ni h aucune créature, vous atez soutenu que î^homme tt'e(^tqu*une sfcie, qu^une^atue de Sel comme lafeaime du patriarche, un bloc de pierre qui n*â ni cœur nî senfs; et vous vous pîaSgncz dès fruits amers que vous recueillez, et vous êtes surpris que tout s-écroule autôOT de votis et qtre les peuples retèument à la bart)arîet Se dressant comtre vous, n'enteniUeK-vous pas le pflus infftme des hommes répondre à vos lamentations: « C'est ï)ieuqtri opère en moi; c'est lui qtit m'a jeté fMalémeiit dans cette Fange. A ce titre, j*;^ demeure sans tache; et vous deVess respecter en moi l'action dé Dieu, au lifeu de la couvrir de Vos mépris. j> " <3u*âveîK-vous à répondre ?

En effet, le principe proclamé par la Réforme ne tarda pas à exercer son action dissolvante; il ral)aissa ie christianise au niveau d'aune invention humaine , d'une école philosophîqaft. Si le cTirîstianisme y con terve -eflcore quelques traits de sa céleste physîonotoie, c*e^t qtfil est fliîBdle d'eifacér entièrement la traëe'd^ la paroïé du Verbe éternel et dMtouflTer tout a

168 IMPUISSANCE £T DÉSESPOIR D£ U AAISOX.

fait ses divins retantissements. Mais la faible lueur qui lutte contre les ombres^ après que Tastre lunyneux a disparu sous Thorizon ^ ne saurait se comparer à la splendeur du jour : les ténèbres s^avancent^ elles s'ér tendent^ elles éteignent le reflet expirant^ et achèvent de plonger la terre dans robscurité.

Un monstre à été enfanté; ceux qui lui ont donné le jour éprouvent le besoin de lui créer une généalc^ie. Les voilà donc qui s^en vont remuant les pierres de toutes les ruines et de toutes les sépultures^ interrogéant les morts et les institutions éteintes ^ se faisant une famille des hérésies de tous les temps^ cherchant les plus libres et les plus hardis penseurs du moyen âge^ pour invoquer leur paternité. Si tels sont les ancêtres de la Réforme^ que sera la lignée qui va sortir de ses flancs?

Nous ne devons pas oublier Calvin^ cet homme m« placable, despotique, sanguinaire, au langage de fiel **^ « acerbe^ cruel, inexorable **. » Ce sombre réformateur a poursuivit la liberté humaine dans ses derniers retranchements et mit la vie de chacun sous Toeil toujours ouvert d'une inquisition minutieuse et dure..* Par la mort de Servet, il fut constaté que la Réforme ne reculait pas devant des exécutions sanglantes ^^. » « La plume de Calvin se trempe tour à tour dans le feu et dans le sang ^^ »

, A chaque pas^ dans Fhistoire de Genève^ à cette époque^ on heurte une chaîne^ des courroies^ un poteau, des tenailles^ de la poix fondue, du feu et du ^oufre. Du sang^ il y en a partout; on se croit, dit un historien, dans cette cité dolente du poète où Ton

LA SOCIÉTÉ £N POUSSIERS. i69

n^6nten<l résonner: que des soupirs^ des gémissenients et des pleurs.

« Niant le libre arbitre sans nier Tenfer^ il tenait en réserve^ pour des crimes qu^il déclarait inapossibles à éviter^ des châtiments pleins d^horreur. Uenfant même parmi les réprouvés^ jl le. damnait jusque dans les entrailles maternelles. Il faisait à Dieu cet outrage de Padorer injuste, barbare et tout-puissant *^. »

Après trois siècles, un cri de réprobation s'est enfin échappé d'une poitrine genevoise, et Ton a pu lire, dans un écrit imprimé à Genève par un réformé, cette sentence énergiquement formulée :

a Calvin renversa tout ce qu'il y avait de bon et d'honorable pour l'humanité dans la réformation des Genevois, et établit le règne de Tintolérance la plus, féroce, des superstitions les plus grossières, des dogmes les plus impies... II fallait du sang à cette âjne de boue *^ »

Nous avons pris une idée des fondateurs du protestantisme et de leur œuvre à son début. Allons maintenant, sur les pas de leurs disciples, remuer du sang et des ruines.

Une immense tragédie commence, et, de même que la tragédie antique, elle se dénouera par d'effroya* blés catastrophes. L'œuvre du novateur de Wittemberg va causer à l'humanité des larmes et des maux incalculables; il le sait, il l'affirme, il ne s'en effraie pas..» On lui montre l'abîme ouvert : il se rit de ces terreurs, comme il se joue des pleurs qu'il va faire répandre. Dans sa colère, il a poussé, comme une menaçante prophétie, ce cri effrayant : Malheur à la

170 iHPUISSANCifi fit BÉS^S^OtH Dfi tA ItàlSON.

tiJt'rc î Ce* Ofwîe va slàcoofriplh'l L'Aitetm^ne tout entière se soulèvera; Torgie, le meurtre se promèner<fflft drins' les rues des «ilés; d'affreux ftcedu^^memls s<î)nKïïeî*ont WîatérieuT 4es monastères; 4Îes femni»e«^ desfeithfeïes quî se dîpôwt possédés de Te^H de Di€f«> ' màrch^ronft tout n«s la Bible à la main. îl y aura du sangdtiTSles églises, du sang sur les places piAlîquës, ' du sang sur les autels t...Ettcore tin€ fois/flialliettr à la tetreî...

Mille éris d'anîithème avaient retenti au sein de 4a Rfifonne nats^ailte èoatrc l'É^lfse, ses dogmes et ses institutions, dix mille s'élevèrent pounappeler une révt)lufi(M sociale et renverser l^ordrc civil et politique.

« I/eitiperear Giiafies, avait dU Luther, ne doit pas ff ^emipporté plu» longtemps; qu'on rassomme 'et le ' « pape avec lui. . . » « fou, enragé «t «bien «anguinaîre, ♦ il faut a le tuer à coups de piques et de bâ* tons". »

La noblesse et les princes protestants avaient mis la mà\ti ^ur les propriétés ecclésiastiques. Le bas peu* ' p3e, lespaysafïs, entendant les savants et les grands parler de liberté, d'affranchissement, s'appliquèrent ce qu'on ne disait pas pour eux. Peu à peu rétemelle haSne du paavi^e contre te ricbe se réveîHa aveuj^ «et fudettse, affectant dé|à une forme systématique eommie ' au temps dbS niveltun. CSe'fut une g»^re terril -con» tre l'ordre établi, eootré toute ëspèee d'orchre; guerre contre la propriété : c'était un vol fait ai£X pauvres; ; guerre contre la sciefioe : eUe ronapait l'égalHé nati]>* • relie, e/He ténlait IMeu qui >évéla3l tout à aessainris; 'tes- < livre», les tabkaux, étaient des inventiouM de l'enter.

'iiKKUÔ9.aiii,noioi>?e. déplus de, quairante, raille ^çl Vç^ vM éekki^r en ÂUeauigae c^ effroyablea çpmbat^ qi^i eduvrtcMKt i9on sol de^ ruines de tant de pouvoirs ^t pouifim&t ses fieuvea du saog d^ tant de TijcUI^^a^ . ,

Le aocldlisiBe âcrtoel a glorifié ces bamblêâ hf^U^, .

a Gq fttt> :dilr*il9 une guerrer saJDie> aanoocéet lonfr temps d'avasice;, soit par des agitations sQ&îaleseo U>}$^ genres^^ soit par de» soulèyeateats partiels des faysaj[^ contre ieui^ oppresseni^ dans; toutes le^s parties d^e FE(lr«ipe. De part et d'autre^ elle {ut terrible^ sangjlaat^, irais tnt à sa suite > copin^ie toutes les guerres j, des malheurs puUics et.{Nrifés; mais est-ce la fa^ute de f opprimé ou de. l^oppreçse^^ du vaiet ou du maitre? La Mteir ^^s^o& la tof ét^ erre baletapte par la d^aleur du jemr, pour troulver une: sc^reÉrrafraîchissaut^t Poui;- ; quoi rbomttie?. eeite iiMge de^Dieu, n^e çhercberaiMl :pa9 la.aouree vivifiaiito]^ le principe^, de sa doubla existence morale et physique^ la liberté et le bien-^-ôtre?

M NottA vouls^is Uben^ dit un orateur p^tysa^.d^ cette époqua dbins son Ungagie imagé» nous voulons bie.iji^ qu'un bétra soit v^o. .hètre^ et ua cbéne m\ cbéqe ; nu^s le.cfaènû> m fimi^l pas qu'il vive? n'a-t-U pa^ besoin d'une place au soleil pour croître ejt sedéveloppi^r^ Soyons chênes; mais si les hêtres empi^te^t sur ,UOtrç exieMioe^ coUpons^l^St^ au risque xuêi^e d'être ^^upés :à notre* tour. Une génération future viendra et ^ns^ HiMccrak tejpr^ de Fh^niaiiiiié avec m;iB).rétritbuti<;ai {dofi Juste ai selom les lois éterpelles de l^Év^ngile ^ de la Uberté hiiwaine '^ » r

Munzer est h la tête de ce mouvement formid^b^q.

172 IMPUISSANGB Wt DéSESPOm DE LA RAISON.

Un socialiste du dix-neuvième siècle nous le peint en ces termes : « C'était à ta fois un homme de parole et d'action^ d'autant plus logique en ses provocations^ que^ selon ses principes^ le bonheur de l%omme doit se trouver d'abord dans la vie^ dans la jouissance entière de tous les droits^ de tous les biens de la nature^ dans la liberté et dans la joie. La nouvelle Jérusalem devait se fonder en Allemagne^ puis s'étendre sur toute l'humanité. Il enflammait donc le peuple à détruire tous les obstacles contraires à l'établissement de ce paradis terrestre. Grâce à ses connaissances dellAnciën Testament, le souvenir de Moïse, d'Élîe, d'Isaïe, de Jérémie et de leurs colères foudroyantes flottait toujours devant son esprit. L'élément destructeur, la parole de vengeance et d'extermination, le dornihaient tellement, qu'il ressemblait à une pâle statue vivante, autour de laquelle scintillent continuellement des flammes étincelantes, qui, portées parle vent^ vont mettre le feu à des contrées entières,

a Quand un jour les grains qu'il a semés et arrosés de son sang auront produit des épis d'or, alors beaucoup de ses idées et de ses principes seront reconnus pour de grandes vérités, et lui-même sera regardé comme un des plus puissants instruments de la révélation divine et permanente,

et La calomnie a couvert d'épines et de chardons la tombe de Munzer; cependant à travers les ronces, les lauriers ont poussé malgré tous les efforts des tartufes et des médiocrités pédantesques de tous les temps. L'histoire de l'avenir laissera là les ronces et ne cueillera que les lauriers.

tJL SOCIÉTÉ m K)irssi4Bis. 178

« L'écrit de Munzer erre encore aujourd'hui dans l'Europe ; il plane au-dessus des cabanes des malheureux^ souffle sur le front du penseur et s'agite sur les lèvres des tribuns. Quand donc trouveras-tu le repos , ombre errante à la recherche de la justice *• ? » '

L'histoire a conservé - quelques-unes de ces proclamations que Munzer adressait aux populations pour les appeler aux armes. C'est au nom de Dieu qu'il parle^ c'est Dieu qui veut l'extermination des impies^ qui sont les grands^ les riches^ les prêtres. C'est le blasphème dans le sang. *

« Avant tout la pure crainte de Dieu !

a Chers frères!

a Combien de temps sommdllerez<-vous encore^ et a quand donc écouterez-vous la voix de Dieu ? Que de (( fois vous ai-je dit qu'il faut qu'il en sait ainsi ! Dieu a s'est manifesté. Il faut que vous vous leviez et que « vous restiez debout ! si vous ne voulez pas souffrir a pour l'amour de Dieu, vous serez en tout cas les mar- « tyrs du diable... Attaquez et combattez le combat du « Seigneur^ Il en est temps. Ëngagéz-y tous vos frères, « soyez unis, sinon vous êtes perdus. Toute l'Allemaa gne , le pays des Welsefaes et de France sont en a mouvement. Le maître va jouer un jeu divin et les ff scélérats seront l'enjeu» Les paysans en Soùabe et tt en Franconie sont debout, ils sont trente mille en « nombre. Partout où vous êtes au nombre de trois ^ a Dieu sera avec vous et vous ne craindres pas cent « mille impies. Sus donc! sus! sus! il en esttempr*

iO.

174 iMPUissAHca BT fÉsasÊBiraii im la raison.

« Los scélérats sostlAcbes comme d(Ss chiens. N^ayez «aucune eonuiiisératioti du maUieur des impies. 11$ « pneroot^ ils supplierQnt> ils ^^ràenpnt des larmes M o^mme des enfants^ snaià moi^ je vous dis : Sus! a sus! «as! comslie Dieu fa dit àMoSse* Je les oojh « iDais« 8» vous a'attaqueis pas^ vous serez attaqués^ si « vous ne toea pas^ tous serez tuas. G^esttropde pa* u jrples^ de promesuiesr Sus! sast aus l Tous les chft^ tf i^ux dtsparattrùni de la terre, Yoytô*tous^ il est a: iiapdssibie d'être libre aussi longtemps qu'ils vi^ a vront. Il faut les exterminer el ne pas laisser re&oi"c( dir le glaive de la justice. Il est impossible de vous a parlerde tKeu aussi longtemps qu'il y anta un noble a et un prêtre sur la terre. Sus donc! et debout^ et a toujours! puisque le jour de la rédemption^ le jour W <hi SèrignM^ est ^^nu^ Ueu sera avec nous. Dieu a « dit : Ne arai^t rien^ n'ayet pa$ peur du ffrond nî)??!^ ^ H'e detwe ennêmisy tê n^t pai voire batûitle qim rous « HtûUkz, maip telle de Dieu,

« Atnen, Soye^c hommes, et Dieu sera Dieu l

a Thomas MONZA^ « le valet de bieu contre les impies. »

Ombres sintâlres» fantâmes saugiants^ de soo^es ttlDpistés inspirés par nxui stfuflSe, essaknt aujour^ â%ai de relouer votre poussière et de vous évoquer de vos iombeaux. Ils voudraient^ en rappelant vos exemples.et vos maumes, rsUumer dans Pâme des peuples nes^afdeiris-lulâtismes qui armèrent vos bras de la tfonltia jst dtt f<A*i et plengèireirtTQtr^ patrie dans tous

LA SOCIÉXÉ M% TOGBWaatk Mi5

>l6B désailros» Gès ép(Htvaoitable6.gUiei!r0« eivitefi qm opt des^ pages isilugobrei diEins le^ ^Mfile» de& najU^iis^ le sociftlisine modame les^ prûQlame da» gute^re^ winteê, et ceux qui le« firent^ il les déclare les in$tmmeuÉê de la révélation dipme etpemtianmte, ci il Ics.couromede laurier». 11 a osé écrire cea lig»et$ atroce^ ; « Qui sait? le» victimea des masetaeres de septembre étaient peutêtre les âmes errantes des bourreaux de Sayep^e '% » Fléaux des sociétés^ M suit d^ eontrée ea contréei de siècle en siède^ vos tracer sanglantes et. souillées. Partout Où vos spectres apparaissent^ un efi^rayant ver* tige s'empare des peuplas > les citoyens i^'arment les uns contre les autres en poussant des cris d'anathème et de raôrt< Pendant plua d'un aièclej Tesprit qi|e vous jivez soufflé Sur le. monde, jette l'AUBiwagiva ^daos un^ affreuse eonficsion et y allume mie guerre 4évoraate de trente années qui s'étend du pentre de la Bobéme jusqu^à l^embouG^ure der^scaut^.et.defi ;rivag)ss 49 Pô jusqu'à oeuK de la mer du Nord; dépeuple des royaumea entiers , met en cendre Jes viUes et les hameaux^ éteint poi^r un demi-siècle les éti^ceUes de civilisation en Allemagne^ etreploc^ dans Tancienne barbarie les mceurs publiques qui oommençiiient, À se police.

En Angleterre > ce même enprit décbatne ces effroyables orages qui> à travers tant de catastroi^hes, amènent l'assassinat de Charles I**. En France^ il si- .gnale son cruel fanatisme par les deux conjurations d'Amboise et de Meaux^ cinq guerres civiles^ des for- -taresseslifréesè rennemi par trabisofi» des x^uvienls pillés ei!4énlolia> dea prétr^a égorgés^ d^ f«Jigraiisefi

4 76 IMPUISSANCE BT X^ÉSSSPOni SJS LÀ HAISON.

asfiâssânées^ etc. Partout sa première dàoaan^e est nft assaut aux puissances ; partout il conduit les rebelles à l'attaque au noin de Dieu et met leurs fureurs isous la sanction des saintes Écritures et des maximes abominables qui avaient^ dans les conciles scbismatiques^ érigé en droit de conscience^ la révolte et l'assassinat des rois et de tous les dépositaires de la puissance et de l'autorité .

Pendant que la réforme^ divisée dès son berceau^ se répand sous cent formes diverses^ allumant partout les feux de la discorde , propageant Thorrible anart^hie^ faisant couler des torrents de sang et portant de tous côtés la consternation et l'épouvante; voici qu'un autre prêtre^ moine aussi ^ vient mêler au bruit des pleurs^ aux cris de blasplième^ aux tumultes des cités, aux clameurs des batailles, non ses lamentations et ses gémissements, mais les éclats cyniques d'un rire inextinguible. Il a toute la science de son temps; rien ne lui échappe, ni le sacré ni le profane. Son œil ra-

pide et pénétrant excelle à saisir, à discerner le mal et sait en mesurer toutes les profondeurs. Il se produit sous toutes les formes : religion, philosophie, sciences, histoire, beaux^rts, il interroge tous les êtres, depuis le Créateur jusqu'à la créature la plus infime ; il se les approprie, il les tient sous sa main, non pour en faire jaillir des hymnes à la gloire de Celui qui les créa» mais pour en faire l'objet d'impudenteis bouffonneries, pour en repaître son rire insatiable. Tout ce qu'il touche, il le défigure, il le souille par une empreinte ineffaçable de ridicule. Il étincelle de cet esprit éminemment satirique et ignoble, qui agrandit la carrière de

i l SOCIÉTÉ; EN FOUSSIÂRX. t Vlïï

la -lfcence> TÎdIe les Ëmites de la pudeur^ se délacte dâiïs la fange et met sa joie à reomërSes fumiers les plus fétides. Il enveloppe dans une colosçaie facétie ?ÉgIise> les rois^ les grands, les peuples> les eroyai^oes. Tordre social^ tout ce qui est spirituàtisme, àme, science, philosophie, fout ce qui n^est pas vin, ohair, sens, matière. Embrassant les deux extrémités du cynisme le plus eifronté et du scepticisme le plus a^MsôIu, le curé de Meudon est le dernier terme du docteur de Wittemberg, qui chantait : « Si tu n'aimes le vin, les femmes, la musique, tu seras un sot toute ta vie*^"". %

Luther et Rabelais se deiïnent la main ; la libre raison et la chair hennissante ont fait alliance; ils ont cnnenté leur union ; à eux désormais le sceptre du monde. Mortels, voici vos dieux, prosternez-vous et faites fumer Tencens.

On vous a peint le6 ignommies de la chair dans les lettres et les arts au dix-neuvième siècle; c'est dans ce vaste égout qu'est venue se déverser cette écume d'une littérature licencieuse, sceptique, toute rabelaisienne, dont on suit le flot impur à travers le dix-septième et le dix-huitième siècle.

Cest sur cette double pente que vont rouler désormais vers les précipices les institutions et les mœurs.

Vous peindrai-je au siècle dernier, le philosophisme luttant d'infamie avec les orgies de la régence, mêlant sa lèpre à cette gangrène, en inondant le monde d'un déluge de livres stupides, impies ou obscènes, qui, selon ses vues, corrompirent une société à laquelle il eut ^atrocité de reprocher sa corruption, quand» plus tard, il la fit décimer par ses bourreaux?

VIS iMPUissâifôifi jrr vÉge^fem 9ft ik raison.

'jlideilsas jMMirions d'une popohfee âé|R'^y46 èl jm^ ,ttft4e M6 {iii»fe»eu)L trioH)plie^«kreia^i^i^ de calcm-

«ai» et to 1^1^ yctrtaetlee de»(P«Î9e^«

VoiyeE lï'avâneef i au. milk^ de e^^ suriiée d'in^pa^ MaflpbéHialffitPft^ Vallràrey le démoft de c« siècle ii^solmt> qa'ii rj^mpUt du bruit de ^e«f soand4âs> versant «a tiftiif#dt'ses 60rAîdMiftî«fes ii trfivef^ ^i^t vabMaae^ 4wr 4Mt:0Q qui est 86i»i e|«éyrïéré piurmî; ks iMnMaies^ .^Jaicfattt éqlateir sUf llSurepei fteodani ciA^iwinle mh 0e r^p^^rayasl qui, 0€f s'étei^ii <%iie dan» tes. fpoide^ 'étr^il^ia8 de la morU

Écrasez V infâme! fut son cri d'anatbèiiçie ccnitrcrte Ff%ion 4u Christ; ce bteajpbème pès^a sur son anfie^ i'iétoflNté durant^ du p<»de de toBs les moD^e^»

^ l^ili€ii de cette terrible saliirDa)e> biwrre^ efftragratite Gomme l'agoiûe' d'«iii^ tw^ toute in^ni&raltté tétait dana lé^ oloBuniji teql wi^ avait droit de eîté l

Qui de vous ne se souvient dei V$%(mâM die ee sièefe Buraâik^ idata qm l'orgie burla&l de» «diania iinioofides s^na lea voftt» detf ^eathédralea et quel la ratsop déifiée acm^'la figiim de ia < j^edtitdtiaa IrftMii aur Tiiotel

V Ijb me hftt^ d'fimwr à de» triemptuia d'util. imtrc

i: .<]^[^ei%daftt ]0 j^i^teatantin»^ pQurauiyait ^à^diçniKy-

^litîpp de toutes )m idées lradiU<^iii^)6$<et fjSMaaltf éi)é-

trer de plus m idoa.i'^arehie dan^ 1^ iQte)liig[en£es,

On «iitèad <ï0iMae un imiil «êe i^nes dfm iiàmck^ &ppé\\^t de tïoilyetlè6 nMne^. Lie ^tertNMe éê^tmctetiè' ne «'«prèiera p^s^u^ n'^it touché ftu bmû 4e Hablmév' Les yeu% fines %&v leê lignes Iki livré 6»eré^ il fMeiN* Foge, Hle<»rettSiB^ H le fouille «vieo utie«drie<d^àchftr* nement; il eiî eisamim cbftqiiè «^^ it en )^èaè iliaque' sfjrMafee; si^ cmI semtatfeury {yareii «ii< «eiil|Mi| «eéré ée PaAato4ni8le;«R déohi^el^ èa kdtret iÊktMt^,p6m mkm dire, fiti^re & tlbre, le «este qtti fiait par b'é^antcwnr 8006 cette «ubtUis et dimlvMAe exégèse, et me Imsé |das eirtt^ les viaifiB qut'wie pa^ ^ide.

Les éoelet ierierpràtatéres naiiBsent de tottle^ paHs. . . Qui pourrait eukpe k Reforme 4$fn» t^^m écs écaHs, pa^^Ier toutes les {^iiioiis iiilgaii^ea^ii^tle enfbntef On compterait plus faciienient ^ AWigeê «fui^ dans an jeor de tempâte, txbsetatcisBeiit le eoi^ en f9Ê»aiâ.

;g%aq^crsafil^ d^a liiineipe léraniulé pap im panthéiâle fawieiML*^ qtii av^ôt «vaBcé i|iie « toi9|t ee qui est ra^ a conté dans .Loi imves jpé^éiéB s*ést passé eoirfiirifï^ « mentiMpL 1ms étiUies daaai^ijHaiim^^ j»<jkaa ^oeteur^** s«iiiit venus cpii. «ut entoepiis de fauoetter toot ptéBO-* lûèfte Mmaltorel^ t«tt Jwt miipae«i€iux» faeanlé dans la> fiSUe^ «ttl pm^oBlioBfré^^m fait^nif^ie^ ^téimipe^ groasi à i^eragiae par la eupprisa dèsseiM; démesuré-' ment f&^^é dans l'hiaiéwa par le.stjde eiii{]^aliq!ae ettbi vi^fmiqnt des Umgues^ orlefitalea. i^^ÉvangUe èet' mm àéfufUiAlé ée s<m^ awéole; oé n-eàt ph» qu^un ré»^ cîâ ^ Bft é di feo y ej éAr<^ nouigaicei, «à tout «^expliqu^ <par laB aoianees; naliiDelles; 4oiHea iea ^Nmdeilre, toutes' lû$ saUîilitéB 4^» livres sainls sont' fi^ppées de ridi^^ çole. L'arbf)e4ela.scfeneeéukieflet du iml^ist ^k>^

lâO IMPUISSi^NGB £T D]^£^OIR D£ LA SAISON.

babli^mant ua maoçenlUier soiis lequel s'étaient eodoriqis nos premiers parents , le rayonnement de la figure de Moïse, descendant du Sinaï, est vraisemblablement un effet d^électricité; les rois mages sont sans doute des marchands forains^ qui apportent à FËnfant de la crèche quelques objets de bimbeloterie^ et Ton peut conjecturer que Tétoile miraculeuse n'est qu'un flambeau qu'on portait devant eux; dans la scène de la tentation^ les anges qui s'approchent de Jésus pour le servir ne peuvent être qu'une caravane qui passait dans le désert, chargée de vivres; les deux jeunes hommes vêtus de blanc dans le sépttlcre> ne sont que l'illusion d'un manteau de lin; la transfigu-* ration> c'est un orage > etc. Us croyaient sauver ainsi le cbr^tianisme en supprimant ce qui en fait l'âme et la vie^ en le réduisant à l'état de squelette infofme^ de ei^avre glacé.. • Ainsi le monde aurait été pendant deux mille ans la dupe d'un effet d'optique, de je ne sais quel météore qui la trompe et l'abuse l.«.

' Non^ non^ s'écrient d'aulnes docteurs antipathiques à ce grossier naturalisme^ il n'en est pas ainsi. Toute cette exégèse à procédés mécaniques est étroite et mesquine; c'est un évhémérisme puéril 5 d'ailleurs bien inconséquent^ car si les narrateurs sacrés ont brodé ainû sur les circonstances ^ pourquoi tenir si fort à leur véracité sur le fond du récit? Vous prétendez compléter des documents par des conjectures; vous prenez pour textes écrits vos propres hypothèses; vous transformez en événements naturels ce que le livre sacré donne pour surnaturel; de quel droit? Au , lieu de vous consumer ainsi en stériles tours de force^

LA SOCIÉTÉ £N POUSSIERS. 181

admettez avec nous que le Christ est un mythe, que les évangiles ne sont autre chose qu^un ensemble de mythes, c*est-à-rtire des faits réels transfigurés par des idées. Sans doute Jésus-Christ est un fait, mais ce fait primordial, quoique certain, a subi dans la pensée de ses adorateurs, avec le cours du temps et la fascination d'une idée préconçue de messianisme^ des modifica* tions qui le tirent de Thistoire pure pour le ranger dans la sphère des mythes. L'idée messianique^ voilà le moule où se formait depuis des siècles le mythe du Christ rédempteur. Lorsqu'il fut mort, sa vie entra dé soi-même, comme une matière en fusion, dans le monde messianique, d^oii il sortit enfin tel qu'il est aujourd'hui sous l'œil étonné des générations. Brisons donc d'une main courageuse cette grossière écorce qui nous cache les trésors intellectuels de la pensée chrétienne, et nous verrons apparaître à nos regards les vérités profondes cachées sous ces symboles.

a Le Christ n'est pas un individu, mais une idée, ou or plutôt un genre, à savoir l'humanité. Le genre hud main, voilà le Dieu fait homme; voilà Penfant de la a Vierge visible et du Père invisible, c'est-à-dire de « la matière et de Pesprit; voilà le Sauveur, le réct dempteur, l'impeccable; voilà celui qui meurt, qui « ressuscite, qui monte au ciel. En croyant à ce Christ^ a à sa mort, à sa résurrection^ l^omme se justifie de-* « vaut Dieu (1). »

« Dans le Christ évangélique... le Dieu et le prophète « mourront; l'homme et le philosophe resteront, ou

(1) Stbauss, Vie de Jésus, disscrt* Cn.

Page 1