‹ La cité future: essai d'une utopie scientifiqueChapitre 10 sur 105 · CHAPITRE PREMIER. — GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — GÉNÉRALITÉS

Par la pensée, je me suis transporté au point qui m'apparaît comme le terme du voyage, mais c'est pour en mesurer la distance et jalonner la route.

Pour ne pas s'égarer, la connaissance est indispensable du point de départ et du point d'arrivée. Il n'est pas nécessaire de connaître toutes les sinuosités du chemin.

Je suis donc amené ainsi à répondre à une remarque de Kautsky ^ Les tableaux que l'on esquisse de l'avenir restent, dit-il, toujours en arrière de la réalité parce que leur auteur ne peut prendre en considération, quand il écrit, des facteurs qui ne doivent intervenir que plus tard, par exemple de nouvelles inventions. Soit, mais il est probableque ces inventions agiront dans le même sens que celles qui ont rendu le capitalisme possible et par conséquent nous rapprocheront du Collectivisme. Nous pouvons donc affirmer sans témérité que les difficultés qui s'opposent aujourd'hui à son établissement iront en s'atténuant de jour en jour; si donc nous en triomphons par la pensée, elles n'arrêteront pas sérieusement nos descendants; c'est dans ce sens que l'on peut dire : la Société B'uture sera ceci... à moins qu'elle ne soit mieux encore.

A ceux qui d'ailleurs argueraient pour s'abstenir de travailler au plan de l'édifice, des changements que le constructeur se verra forcé d'y apporter au cours des travaux en présence des difficultés que nous ne pouvons prévoir, de facilités nouvelles, sur lesquelles nous ne comptions pas, je lirai cette belle page que j'emprunte cl l'Avenir de la science, où Renan défend contre los gens pratiques le socialisme sentimental de 1848 -.

(( Ma conviction est qu'un jour l'on dira du socialisme, )) comme de toutes les réformes : il a atteint son but, )) non pas comme le voulaient les sectaires, mais pour )) le plus grand bien de l'humanité. Les réformes ne )) triomphent jamais directement, elles triomphent en for- )) çant leurs adversaires, pour les vaincre à se rapprocher

1, Op. cil., p. IX.

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