‹ La cité future: essai d'une utopie scientifiqueChapitre 11 sur 105 · L'Avenir de la Science, p · texte numérisé non relu

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» d'elles. C'est une tempête qui entraîne à reculons ceux )) qui essaient de lui faire face, un fleuve qui emporte ceux » qui le refluent, un nœud qu'on serre en voulant le dé- )) lier, un feu qu'on allume en soufflant dessus pour Té- )) teindre. L'humanité, comme le Dieu biblique, fait sa )) volonté par les efforts de ses ennemis. Examinez l'his- )) toire de toutes les grandes réformes. Il semble au pre- )) mier coup d'œil qu'elles ont été vaincues. Mais de fait, )) la réaction qui leur a résisté n'en a triomphé qu'en leur )) cédant ce qu'elles renfermaient de juste et de légitime. )) On pourrait dire des réformes comme des croisades. » Aucune n'a réussi. Leur défaite est leur victoire ou plu- )) tôt nul ne triomphe absolument dans ces grandes )) luttes si ce n'est l'humanité qui fait son proflt et de )) l'énergique initiative de novateurs et de la réaction )) qui, sans le vouloir, corrige, améliore ce qu'elle voulait » étouffer.

)) 11 faut, à mon sens, savoir bon gré à ceux qui ten- )) tent un problème, même quand ils sont fatalement con- •)) damnés à ne pas le résoudre. Car avant d'arriver à une )) bonne solution, il faut en essayer beaucoup de mauvai- )) ses, il faut rêver la panacée et la pierre philosophale. )) Je ne puis faire grand cas de cette sagesse toute néga- )) tive, si en faveur parmi nous qui consiste à critiquer )) les chercheurs et se tenir immobile dans sa nullité pour » rester possible et n'être pas subversif. C'est un petit )) mérite de ne pas tomber quand on ne fait aucun mou- )) vement. Les premiers qui abordent un nouvel ordre )) d'idées sont condamnés à être des charlatans de plus ou )) moins de bonne foi. 11 nous est facile aujourd'hui de » railler Paracelse, Agrippa, Cardan, Van Ilelmont, et )) pourtant sans eux, nous ne serions pas ce que nous ')) sommes. L'humanité n'arrive à la vérité que par des ;)) erreurs successives. C'est le vieux Balaam qui tombe, )) et ses yeux s'ouvrent. A voir les flots rouler sur la )) plage, leur montagne toujours croulante, le sentiment )) qu'on éprouve est celui de l'impuissance. Cette vague )) venait si fière, et elle s'est brisée au grain de sable

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