CHAPITRE PREMIER. — GÉNÉRALITÉS
membr<3iiients, l'association et l'initiative individuelle assurent maintenant, plutôt mal que bien.
Comme aujourd'hui, plus qu'aujourd'hui, les producteurs devront entretenir les fonctionnaires, employe's^ travailleurs de toutes sortes des services publics, l'ingénieur des ponts et chaussées et le cantonnier, le professeur et l'instituteur, le médecin et l'infirmier.
Appliquez dans toute sa rigueur le droit au produit intégral du travail. Tous ces hommes ne produisant rien ne pourraient rien réclamer dansi§ partage des richesses créées. Et cependant, pas plus en régime collectiviste qu'en régime capitaliste, la production soit industrielle^ soit agricole ne peut se passer de ces services publics.
D'autre part, l'enf^mtqui ne produit pas encore, le vieillard qui ne produit plus, le malade ou le blessé momentanément hors d'état de travailler, n'auraient-ils plus droit à la vie? Le Collectivisme ainsi conçu constituerait un recul sur tous les régimes économiques antérieurs, quelsqu'ils soient, lesquels ont par la charité ou la solidarité,, l'impôt ou l'assurance grevé la production de l'entretien des non producteurs.
Mais même entre les producteurs, le droit au produit intégral du travail est inadmissible. Marx a très justement critiqué la formule de Lassalle d'api'ès laquelle la loi de distribution des produits devrait être : part égale pour quantité égale de travail effectué. Cette formule aboutit à une injustice, c'est une formule bourgeoise. Il est possible qu elle soit appliquée dans les premiers temps qui suivront la fin *du régime capitaliste, mais elle sera peu à peu abandonnée à mesure qu^on s'éloignera de la Révolution Socialt?. Pour être égal, le droit doit être inégal, aboutir à la constitution des parts inégales pour une quantité égale de travail donné, l'égalité économique l'exige.
M. Révelin concluait que le régime collectiviste s'établira sur la base suivante. Chacun donnera une part de travail proportionnelle à ses forces et prélèvera une part des produits proportionnelle à ses besoins.
Nous voici donc ramenés, au grand scandale de certaine
école française à la vieille formule du socialisme utopique, sentimental^ préscientifique : de chacun suivant ses forces, à chacun suivant ses besoins.
A cette double maxime, j'ajouterai ceci : à chaque groupe de producteurs un intérêt dans la production ; à chaque membre du groupe un intérêt dans la prospérité du groupe; hommes et femmes se partageront sur un pied d'égalité et sans distinction de sexe les travaux domestiques comme la production sociale, enfin la communauté sera la nation politique elle'-même.
Reprenons une à une ces six formules.
A chacun suivant ses besoins.
Est-i! utile de répondre longuement à l'objection qui se tire de la diversité des besoins et de l'intensité différente des appétits. Kh quoi, disent les défenseurs de l'inégalité actuelle, il suffira que je déclare avoir besoin de truffes et de Champagne pour que la Société soit obligée de m'en fournir autant qu'il me plaira d'en consommer ! Les communistes, est-il nécessaire de le dire, n'ont jamais songé à généraliser en les rendant possibles pour tous les excès qu'ils flétrissent chez les riches d'aujourd'hui. Ils ne prétendent assurer à chacun que ce qu'il peut raisonnablement désirer dans le milieu social où il vit. Il ne sera pas impossible de déterminer, en un pays où l'égalité économique aura été proclamée, le standard oflifc auquel doivent se mesurer les consommations individuelles et qui naturellement tendra toujours à s'élever avec les progrès de la civilisation. Dès maintenant en plein régime capitaliste, il existe une classe de travailleurs auxquels on tend à appliquer une conception semblable, je veux dire les fonctionnaires.
J'appelle en effet l'attention sur la théorie du fonctionnariat. Elle n'a M formulée nettement par aucun auteur encore moins consacrée explicitement par des textes de