V. le Budget, éd. de 1896 p
Recettes.
Dépenses.
. . fr. 83.000 .
M. Stourm cite plusieurs exemples de gaspillages qui sont la conséquence du principe de l'Unité Budgétaire dont il est
De ce fait significatif rapprochons celui-ci. Il y a quelque mois l'administration des monnaies fit passer dans les journaux une sorte de bulletin de triomphe constatant qu'elle avait réalisé à l'Exposition de 1900 des bénéfices considérables, plusieurs centaines de mille francs.
Nous l'avions prévu en voyant les visiteurs enlever les médailles commémoratives frappées devant eux à la presse Tonnelier, les délicieuses plaquettes de mariage ou de naissance dues à notre belle école de graveurs, les Anglais acheter par douzaines la tête du roi de Rome. Ce n'était pas non plus l'appât du gain qui avait poussé le Directeur de l'Hôtel Monétaire, ses employés ou ouvriers à organiser le service de vente à prix modérés qui fut
d'ailleurs, malgré les inconvénients qu'il lui reconnaît, chaud défenseur.
L'administration des Contributions Indirectes, sauvait autrefois de la vente de ses vieux papiers elTectuée par le Domaine au profit du Trésor, les couvertures en parchemin de ses t portatifs. » Elle a dû renoncer à cette économie contraire aux rè glements. Tous les portatifs sont maintenant revêtus de couvertures neuves.
On a surtout signalé les dilapidations effroyables auxquelles conduit la vente des vieilles ferrailles de la Guerre et de la Marine. En les échangeant, avecsoultes, contre des produits neufs, on réaliserait des économies de plusieurs millions, écrivait M. Paul Bourde dans un de ses articles du Temps en J 887-1889. Mais cela est interdit. 11 est vrai que les administrations en cause ne se font pas scrupule de violer les règlements, et l'^ P.arlement a dû autoriser le Ministre à faire transformer le vieux matériel.
Un jour un Ministre de la Marine, sollicité de souscrire pour la statue d'un de ses prédécesseurs, donna en place d'argeni de vieux canons et chaînes hors d'usage valant environ i2.00(^ francs. Grande fureur de la Cour des Comptes. 11 fallait, déclarat-elle dans un rapport, vendre les dits canons, en faire recette] au budget, puis i)rélever sur les crédits de la Marine une souscription. Que serait-il arrivé si on avait ainsi procédé ? Le Comité de la statue qui avait besoin do ce bronze, aurait dû, pourj l'avoir, le racheter à un prix dépassant celui versé par l'acquéreur au Trésor, do tout le bénéfice probablement considérable qu'aurait réalisé cet acquéreur. En violant la règle Budgétaire^ le Ministre agissait avec beaucoup de bon sens puisqu'il sup^ primait un intermédiaire absolument inutile.
« une bonne affaire ». Mais à défaut d'une participation aux bénéfices réalisés, ils ont tout au moins le. mérite moral de leur bonne volonté. La Monnaie n'est pas en règle avec le susdit principe, elle a un budget annexe (comme l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures et l'Imprimerie Nationale), budget qui est devant la Chambre l'objet d'un rapport spécial oii on ne manque pas de faire ressortir chaque année, que le service des Monnaies et Médailles est bien différent des autres, qu'il réalise des bénéfices et le Directeur montrant ses ateliers à des visiteurs de marque leur parle comme un patron fier de sa clientèle, des médailles vendues aux particuliers et des monnaies frappées pour les gouvernements étrangers.
Veut-on la contre-épreuve ? La Calchographie du Louvre la fournit. Qui connaît ce service en dehors de quelq^jes amateurs d'art? Il est chargé de vendre au public de fort belles gravures, des tableaux de nos musées nationaux. Pourquoi n'a-t-il pas établi, lui aussi, à l'Exposition un comptoir de vente? C'est qu'il est en règle avec le décret de 4862. Voici une estampe qui se vend quinze francs parexemple,le tirage revient à trois francs, donc direz-vous la Calchographie fait en la vendant douze francs de bénéfice. Erreur, elle subit une perte sèche de trois francs, le prix versé par l'acheteur va se perdre tout entier dans les fameux produits divers avec d'autres recettes plus ou moins bizarres ; mais les trois francs que coûte l'impression de l'exemplaire restent à la charge de la Calchographie. Un crédit lui est alloué chaque année pour son personnel et son matériel, ce crédit serait vite épuisé si les ventes étaient trop nombreuses; voilà une éventualité toujours désagréable pour une administration et qu'il lui est facile d'éviter. Il suffit que les emploj^és se résignent, ils le peuvent, à toucher les appointements sans rien faire. On comprend ainsi l'accueil qu'ils font aux amateurs qui se présentent, c'est celui qu'ils recevraient d'un commerçant forcé de vendre à perte, pour ne pas dire d'un chien qui défend sa pâtée ^