SECTION II. § 8. PERSONNEL DE REMPLACEMENT
La même obligation de résidence pourra être imposée aux aspirants qui seront tous « à la disposition » pour les remplacements, et aux retraités valides, ceux-ci ayant le choix de leur domicile, sauf l'obligation en cas de changement, d'avertir le Recrutement.
Pour les non qualifiés, l'autorité municipale établit pour son ressort entier ou par sections, un Rôle des Remplacements, Il comprend d'abord le personnel spécial des remplaçants appelés dans Tordre d'ancienneté, mais à tour de rôle, sauf empêchement par maladie ou congé régulier. Ceux dont le tour approche sont avertis, pour qu'ils soient à même de répondre instantanément à l'appel. La liste épuisée est reprise au début ; on ne peut passer à la partie suivante du rôle, tant qu'il reste des remplaçants disponibles.
S'il sont tous employés ou empêchés, on recourt aux aspirants dont la liste se subdivise en trois : les non qualifiés, les brevetés, les diplômés domiciliés dans la municipalité. On appelle d'abord les premiers, et ceux-ci épuisés on peut requérir les seconds ou les troisièmes, en supposant bien entendu qu'Usaient la force nécessaire pour les travaux en question; à moins qu'on ne préfère recourir à un autre district et à une autre section.
Ce n'est qu'à défaut d'aspirants qu'on entame la troisième partie du rôle. Les retraités valides ne sont réquisitionnés qu'en cas d'urgence et d'impossibilité absolue de sortir autrement d'embarras ; on les libère dès que l'on dispose de remplaçants ou d'aspirants mandés s'il le faut.
Pour les remplaçants brevetés ou diplômés, il sera procédé de même aux seules différences près qu'imposera la circonscription, dont l'étendue obligera parfois à déroger à la règle stricte du tour de rôle, en faisant appel en cas d'urgence, au remplaçant ou l'aspirant le plus proche. On pourra, il est vrai, encore découper la province ou la France en sections plus restreintes, disposant chacune d'un rôle spécial. Les aspirants pourvus de diplômes remplaceront, s'il le faut, les brevetés ; les citoyens as-
treints à des emplois inférieurs à leur grade pourront les qiiiUerniomentanémentpour faire des zn^ën'm. L'ingénieur réduit aux fonctions de contre-maître, s'y fera remplacer par un autre breveté ou même un non qualifié, pour se rendre dans le service où sa science théorique est absolument nécessaire.
Voici la procédure des remplacements. Le service intéressé adresse sa demande par écrit au besoin par télégraphe ou téléphone, sauf à régulariser plus tard par l'emploi de la pièce en question K
Le secrétariat du service consulte le rôle qui est toujours annoté des empêchements ou occupations, et adresse à celui dont c'est le tour de marcher, un ordre de service ^ en la forme ordinaire de ces pièces que nous étudierons plus tard ^ ; l'employeur enregistre sur un livre ad hoc le nom du remplaçant et les autres indications complémentaires, le commencement et la fin du travail. Il établit d'accord avec le remplaçant, un décompte du travail en journées ou heures, en un bordereau dans la forme habituelle de ces sortes de pièces*, qui permet au secrétariat de tenir la comptabilité des remplacements ^ d'assurer, s'il y a
4. En cas d'extrême urgence, le service peut s'adresser directement à un remplaçant ou aspirant voisin qui veut travailler, puis le secrétariat avisé accepte le fait accompli ou envoie à la place une autre personne.
2. En cas d'urgence, lo remplaçant est averti par des voies rapides sauf à régulariser.
3. Cet ordre de service extrait d'un carnot à souche comprend 6 parties !• la souche gardée par le secrétariat ; 2o le volant conservé par le Contrôle qui vise le tout ; S" l'ordre envoyé au remplaçant, qu'il garde et sur lequel l'employeur note le commencement et la fin du travail; 4» la notification envoyée directement aux services employés ; 5» l'accusé de réception qu'il réexpédie lorsque le remplaçant est arrivé ; 6" l'avis de fin du travail ('ue le service envoie an secrétariat.
4. Extrait d'un carnet à souche, une partie à souche reste à l'employeur, la seconde est remise au remplaçant, la troisième est envoyée au secrétariat du Recrutement, la quatrième est <lestinée au Contrôle.
5. Le secrétariat annote le r<)U^ dans des colonnes convenablement disposées : il inscrit la désignation du requérant, la date de
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lieu,' le remboursement par l'employeur des frais qu'il a occasionnés*; s'il faut recourir aux ressources d'un district voisin, c'est le secrétariat saisi par l'employeur qui adresse à l'autre la réquisition que celui-ci garde et d'après laquelle il procède comme si on s'était adressé à lui directctnent.
Les secrétariat-s qui ne peuvent faire face aux demandes avec leur propre personnel et avec celui des sections contiguës, saisissent le Ministre de la Prospérité qui ordonne les mouvements de personnel définitifs dont j'ai parlé, ou règle seulement la difficulté immédiate, en donnant après enquête les ordres nécessaires pour subvenir, avec les excédents qu'il relève ici. aux déficits qui se sont produits ailleurs.
§ 9. — Personnel de Supplément. — Il est des industries ou des services qui, à certains moments de l'année, connus à l'avance, ont besoin d'un supplément de personnel également susceptible de calcul : Les domaines agricoles pour la moisson ou la vendange, la Banque aux époques des balances de compte, les Chambres, les Ministères d'une façon générale et celui delà Prospérité en particulier au moment du vote des Budgets.
Gomment pourvoir à cette nécessité? D'abord bien entendu avec le personnel de remplacement, ensuite avec un personnel spécial de supplément, et pour lequel je ne répéterai pas ce que j'ai dit sur le cumul des diplômes et des brevets et la possibilité d'employer des citoyens d'an
la réquisition, de l'ordre de service, du commencement et de la fin du travail, de la remise du remplaçant à la disposition. Il y inscrit aussi maladies et congés. Une table à fiches est établie pour tout le personnel de remplacement.
1. Il n'est oblif^atoire que dans les cas où la vacance n'est pas réglementaire ; au cas de maladie, congé régulier, l'employeur n'est tenu de rien payer pour le remplaçant. Le secrétariat au cas où le paiement est obligatoire établit clans les formes ordinaires un mandat en vertu duquel la Banque débite le compte commercialde l'administration ou entreprise, crédite. le compte commercial du remplacement.
cailre dans des emplois inférieurs ou supérieurs à ceux qui les occupent habituellement.
Ce personnel sera pris dans celui des industries ou services en chômage, j'entends par là d'abord les chômages saisonniers et ensuite les chômages ordonnés dans les usines qui peuvent sans doute fonctionner toute l'année, mais fabriquent des produits susceptibles d'être conservés en stocks : on les arrêterait spécialement pour former la main d'œuvre nécessaire aux travaux qui la re- quièrent en abondance. '%
Ainsi par exemple on enverrait aux champs pour la moisson ou la vendange, le personnel des sucreries ou féculeries forcément arrêtées à cette époque, l'excédent laissé libre par certains métiers (ceux du vêtement par exemple) dont la production se ralentit beaucoup, des ouvriers tisseurs et filateurs dont les métiers seraient immobilisés par ordre, et enfin, une partie des employés de certains bureaux d'administration pouvant régler en conséquence leur travail. En sens inverse, des citoyens inoccupés l'hiver à la campagne viendront, étant assez instruits pour cela, augmenter le personnel nécessité dans les bureaux par la préparation des si importants budgets de l'Etat Collectiviste.
Il ne faut pas oublier qu'à un régime, oii suivant l'expression familière, chacun tire de son côté, se substituera un gouvernement digne de ce nom, si gouverner est prévoir. L'unité supérieure de direction assurera le meilleur emploi des forces stupidement gaspillées aujourd'hui.
Des tableaux seront établis par circonscription de recrutement, ou par sections spécialement constituées, pour le personnelde supplément (di lômés, brevetés non qualifiés). On y porte les hommes et femmes laissés libres par l'arrêt, saisonnier ou ordonné, de leur service administratif ou économique, puis ceux prélevés sur les bureaux ou usines dont l'activité est seulement ralentie, c'est-à-dire les personnes les plus aptes aux travaux supplémentaires, qui ne sont pas indispensables : d'abord ceux qui s'inscrivent volontairement, ensuite s'il le faut ceux que désigne
d'office l'autorité dont ils relèvent, en commençant par les'plus jeunes. Avant que s'ouvre la période de surtravail, les services où elle se produit formulent leurs demandes comme pour le recrutement ordinaire et il y est donné suite de la même façon. Le Ministre ordonne, s'il y a lieu, les grands mouvements de personnel nécessaires.
§ 10. — Représentation professionnelle des Travailleurs. — On connaît l'importance, pour le monde ouvrier, des libertés syndicales. C'est par la conquête de ces libertés que le prolétariat se . constitue en parti de classe, et se prépare à la Révolution Sociale. Faut-il donc considérer les syndicats et leurs groupements secondaires, soit territoriaux (Bourses du travail), soit par métiers (Fédérations) comme n'étant que les cadres d'une armée qui se dissoudra d'elle-même après la victoire? Je ne le pense pas. La représentation des intérêts professionnels a sa raison d'être en dehors même de la lutte des classes, et ce qui le montre bien, c'est qu'elle est admise et chaudement défendue par des hommes qui répudient cette lutte des classes et, partisans de la « paix sociale », croient à la chimère d'une union définitive entre patrons et ouvriers. Il est d'autre part des politiques qui, constatant l'anarchie économique o\x nous vivons, l'attribuent pour partie aux lois constitutionnelles et surtout au caractère inorganique du suffrage universel. Ils veulent organiser ce suffrage, substituer comme molécule électorale à l'individu le groupe, pour représenter non plus les intérêts locaux, mais les intérêts professionnels. Les uns partisans d'une Chambre unique, la veulent élue par des citoyens groupés corporativement, les autres qui tiennent pour la dualité du pouvoir législatif constituent l'une des deux assemblées sur cette base, l'autre conservant le caractère d'une représentation politique.
.l'ai dit que, à mon avis, c'est ce second système qui prévaudra. Deux assemblées représenteront, l'une la consommation, l'autre la production.
Tous les citoyens exerçant ou ayant exercé un emploi ou une profession, aussi bien les médecins que les magis-
trats, les comptables que les agriculteurs, lesouvriersd'art comme les manœuvres, qu'ils fassent partie d'un service public improductif (Ministère, école, hôpital) ou producteur (Régie, Société ou Maîtrise) seront groupés par métiers ou spécialités et par cadres (inférieur : unskilled; moyen : contre-maîtres et autres brevetés ; supérieur : les diplômés comme les ingénieurs ou les conseillers d'Etat), j Celle représentation professionnelle pourra comporter un ou plusieurs degrés. Par exemple les fonctionnaires des administrations centrales ne formeraient qu'une seule corporation par Ministère ; ceux des services décentralisés une par province, avec une formation secondaire à Paris.
Les travailleurs des Régies, Sociétés et Maîtrises auraient trois groupements superposés issus l'un de l'autre, locjil, provincial, national. Enfin le Sénat serait élu par" l'organe unique ou supérieur. Ne pouvant insister sur le régime de ces corps, je dirai que je le conçois aussi souple, aussi varié que possible, et quant à leur organisation et pour ce qui concerne leurs attributions.
(les attribui4ons se ramènent d'une façon générale en dehors de l'élection au Sénat, à la réglementation du travail. Le Parlement en établit les bases fondamentales, mais pour le détail s'en remet aux intéressés, c'est-à-dire aux travailleurs eux-mêmes. Suivant l'importance des règlements àédicter, leur caractère plus ou moins général ou local, ils seront arrêtés tanlôt dans le groupement inférieur (syndicat), tantôt pour la province ou la France entière. On peut prévoir de même, que les travailleurs jouiront à ce sujet d'une liberté plus grande, quand ils feront partie des groupes de production autonome. Sociétés ou Maîtrises, que lorsqu'ils seront rattachés à des Régies ou services publics, pour lesquels l'unité de régime s'impose davantage. Les assemblées générales et les conseils élus auront en tout ce qui se rattache à leur compétence, le droil d'émettre des vœux et des avis, lorsque le gouvernement leur en demandera et il sera souvent obligé de le faire. Ils pourrontprendrc des délibérations qui tan-