‹ La cité future: essai d'une utopie scientifiqueChapitre 85 sur 105 · SECTION III. § 3. PRODUCTION DES CÉRÉALES · texte numérisé non relu

SECTION III. § 3. PRODUCTION DES CÉRÉALES

tendue assez grande pour réduire au minimum les frais généraux, et comporter l'outillage le plus perfectionné, l'emploi le mieux raisonné de toutes les ressources de la science ^, mais qui ne seraient pas trop vastes, cependant. N'oublions pas en effet que les travailleurs seront groupés en Sociétés autonomes. Pour qu'ils puissent se recruter et s'administrer eux-mêmes, par des procédés de gouvernement direct, il ne faut pas que le nombre des coopérateurs soit excessif. A première vue, j'adopterais le chiffre de dix à douze mille hectares, correspondant à un personnel permanent de 1000 à 1200 hommes, femmes et enfants 2.

Je n'ai pas à revenir sur ce que j'ai dit, quant à la constitution des Sociétés et au contrat de Concession qu'elles passent avec l'Etat représenté par l'administra-

1. Ces domaines seront peut-être encore soumis à un régime d'assolement analogue à celui des grandes fermes françaises. Voici la révolution de culture dans la ferme sucriére du Soissonnais décrite par M. du Maroussem (les Enquêtes, p. 153) : sur loO hectares, 50 sont en froment, 50 en betteraves, 20 en avoine, le reste en luzerne et en trèfle. Peut-être adoptera-t-on au contraire, le régime de la monoculture en blé tel qu'on le pratique en Amérique, à ceci près cependant qu'au lieu de laisser la terre s'épuiser, on en reconstituera constamment la fertilité par des engrais chimiques. Voir à ce propos dans l'article de M. Houlievigue sur l'Electrochimie, que j'ai déjà cité {Revue de Paris, 8^ année, no 15, l*' août 1901, p. 620), les renseignements si intéressants sur la fabrication du nitrate de soude par une

; réaction de l'azote atmosphérique et du sel marin, sous l'influence de l'effluve électrique; on obtient ainsi déjà un produit qui revient à fr. 125 la tonne, tandis que l'engrais exporté du

I Chili coûte 187 fr.

2. Dans son intéressant ouvrage sur les Enquêtes, Pratique et Théorie, Paris, Alcan, 1900, mon distingué collègue Pierre du Maroussem donne la monographie, d'une ferme du Soissonnais, plutôt petite pour la région, qui, pour cent cinquante hectares, nécessite un personnel fixe de dix personnes. Ce taux appliqué à un domaine de douze mille hectares, donnerait un total de huit cents travailleurs permanents, ce qui serait certainement excessif. J'y ajoute une centaine de personnes pour les services de l'Habitat (hygiène, instruction, etc.), deux cents enfants, et une centaine de retraités. J'arrive ainsi au chiffre de douze cents.

tion de la Prospérité Générale. Je rappelle seulement que les produits agricoles, sont, comme tous les autres, achetés aux groupes producteurs à des prix débattus oii n'entre ni le profit industriel du fermier, ni la rente du propriétaire foncier et qui varient au-dessus et au-dessous de la moyenne générale, à raison de la fertilité plus ou moins grande du sol. Comme le capitalisme, mais d'une façon plus raisonnée et par des décisions plus rapidement prises et exécutées, le gouvernement collectiviste, lorsque la demande de blé diminuera par réduction de la consommation, ou hausse des rendements, cessera d'emblaver, dans l'ordre inverse de fertilité, des parties de do maines ou des domaines entiers. Les Sociétés ne pourront en aucune façon s'opposer en vertu de leur contrat, et même entre les époques de revision, à des mesures prises ainsi dans l'intérêt général, sauf à obtenir à l'amiable ou en justice, des indemnités à raison des améliorations par elles réalisées et dont elles n'auraient pas encore été rémunérées. L'Etat Social ne se conduira pas, avec ses vassaux, comme à l'égard du fermier, le propriétaire abrité par le Code Civil. Il leur reconnaîtra le droit à la plusvalue créée, comme il pourra leur demander compte d'une gestion abusive.

Les décisions dont je parle seront la conséquence et l'exécution des lois budgétaires. Pour la confection di Budget Economique annuel, les directeurs généraux des Minoteries-Boulangeries dressent, nous l'avons vu, leun bilans-budgets que le directeur provincial du Détai groupe, récapitule et remet k son collègue de la Prospé rite. Celui-ci les soumet au Comité Consultatif et les en voie, avec son rapport et ses propositions, au Ministèr» lequel élaborera, de la façon que nous verrons, le proje de Budget de la consommation à équilibrer avec celui d( la production préparé, au moyen des propositions trans mises, avec observations et rapports, par l'administratioi provinciale de la Prospérité, et qui émanent des Sociétés chacune indiquant les étendues qu'elle peut emblaver e le rendement espéré.

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