‹ La cité future: essai d'une utopie scientifiqueChapitre 87 sur 105 · SECTION III. § 6. ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

SECTION III. § 6. ÉLEVAGE

de la Régie, et dont une partie peut être reversée au budget des municipalités.

Je crois pouvoir conjecturer que la pâture aura, dans la Société Future plus d'importance qu'aujourd'hui; on sait que l'économie capitaliste tend à la développer, et elle reconquerra, ai-je dit, des terres maintenant cultivées en blé. On pourra ainsi forcer la production de la viande qui sera plus demandée par une population dont le standard of life se sera fort élevé. Il faudra également reconstituer l'élevage du mouton qui a beaucoup diminué en France, dans le cours du dernier siècle. Est-il besoin de réfuter ce préjugé qui considère les landes, comme improductives et déclare , à priori avantageux leur défrichement ^ ; affranchi de survivances de l'ancienne économie naturelle, le Collectivisme saura trouver, pour toutes les parties du sol national, la meilleure utilisation possible, leur demandant ce qu'elles peuvent produire avec la moindre dépense de travail social.

Les troupeaux seront assurés contre les épizooties au moyen de primes inscrites au débit des Sociétés, mais de façon à laisser à la charge de celles-ci une part de la perte (dix pour cent par exemple).

Lesbêtes ne peuvent être livrées au Commerce de Gros, qu'après avoir été acceptées, à l'avance, par des vétérinai • res ^, qui les marquent et leur attribuent un numéro ini diquant l'ordre dans lequel sera faite la livraison.

La préparation du Budget se fait comme pour les céréales, par le rapprochement des demandes des abattoirs jet des offres des éleveurs. Ceux-ci pourraient être réunis à plusieurs, pour constituer une unité budgétaire; de même les bœufs ou moutons d'une région, pourraient être considérés comme une marque et un article au Budget Economique.

1. V. au J. off. 12 mars 1901. p. 1679, une communication à l'Académie des Sciences relative à l'ajonc : sur des terrains presque stériles, on peut en recueillir vingt mille kilogr. qui équivalent à huit mille kilog. de foin, rendement des terres les plus fertiles.

2. En cas de contestation la justice intervient avec expertise.

§ 7. Viande fraîche. B. Répartition. — Elle a lieu par la Régie du Commerce de Détail, qui applique les excédents d'une région au déficit d'une autre. On trace à cet eiret, sur la carte, des circonscriptions qui ne coïncident pas nécessairement avec les provinces politiques et leurs subdivisions administratives. Tel directeur peut avoir sous sa juridiction, des domaines ou Abattoirs situés dans une autre province.

On sait que les diverses races n'arrivent pas au marché de la Villette en même temps, mais successivement.

La répartition doit, à raison de ce fait, être mensuelle. Tous les mois donc le directeur du Détail dans une province reçoit, en rapports et tableaux de consommation et de production, les demandes des Abattoirs et les ofl'res des éleveurs ou pasteurs (où ne doivent figurer que les bétes acceptées par l'inspecteur vétérinaire).

Il les rapproche au moyen d'arrêtés de répartition locale en s'efforçant, bien entendu, de réduire les déplacements au strict minimum, et de servir les Abattoirs avec les étables les plus voisines, il exécute ces arrêtés par des ordres de service analogues à ceux que nous avons expliqués pour les céréales, et en vertu desquels les bêtes sont amenées par la Régie de Transports, des domaines vendeurs aux Abattoirs. (V. la note de la page 388). Quand la province est déficitaire, après avoir utilisé au mieux ses ressources, le directeur provincial envoie un tableau des services non suffisamment pourvus, avec l'indication des quantités à leur fournir, ainsi que des dates où les livraisons seront nécessaires, au Ministère du Commerce de Détail qui reçoit des régions productrices, l'état des disponibles. De ces documents rapprochés sortent des arrêtés d'application généraux, attribuant à chaque Abattoir les bestiaux les moins éloignés. Ces arrêtés rectifiés au besoin sur l'avis des directeurs provinciaux, sont exécutés au moyen d'ordres de services généraux qui ne dilïèrent de ceux dont il vient d'être question, que par leur ressort étendu à la France entière.

§ 8. Viande fraîche. C. Abattoirs. — Ils se divisent en

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