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profit de celles qui sont insuffisantes, et les déplacements sont effectués par la Régie des Transports suivant les règles ordinaires.
C'est le même directeur qui règle l'approvisionnement provincial, en rapprochant les demandes des Magasins des offres émanant des producteurs situés dans son ressort au moyen d'arrêtés d'application et d'ordres de service.
En principe on doit satisfaire d'abord les besoins de la région productrice et n'exporter, hors de la province que ce qui ne peut y être consommé et de même les Magasins les plus proches seront les premiers pourvus.
Mais le Ministre de la Prospérité peut déroger à ces règles, en réservant à la consommation nationale ou internationale une part déterminée (moitié par exemple) de telle production.
Le Ministre du Commerce de Détail assure la répartition nationale; ses arrêtés d'application, rapprochent les demandes des magasins non satisfaites par la production locale, des offres des producteurs en excès sur la consommation régionale.
Ils sont exécutés au moyen d'ordres de service, transmis aux intéressés (Magasins et Sociétés) par la voie hiérarchique, c'est-à-dire par les directeurs provinciaux qui, s'ils ne décident pas, formulent avis et conseils susceptibles d'amener le pouvoir central à modifier les mesures prises. Tout va bien quand les offres balancent les demandes, mais il faut prévoir le cas contraire qui se dédouble lui-même en deux hypothèses.
D'abord les demandes d'une marque de chocolat, par exemple, demeurent au-dessous des offres, la maison qui l'exploite est invitée par les ordres de service qu'elle reçoit, à ne livrer, à la date qui lui est assignée, qu'une quantité inférieure à celle qu'elle pourrait produire dans ses conditions normales d'activité telles qu'elles sont fixées par le contrat de Concession, et le dernier Budget Economique : elle doit donc réduire sa fabrication en conséquence, absolument comme le fait l'entrepreneur capi-
taliste qui « perd sa clientèle »; si ce dernier s'entête, il court à la faillite. De même dans l'Etat Social le Ministre des Finances qui, par les yeux du Contrôle voit, à toute heure, la situation commerciale de la Société ou Maîtrise, peut intervenir avant même que la catastrophe arrive, et dès qu'elle menace. Nous avons vu aussi que le Ministère de la Prospérité Générale peut dénoncer le contrat de l'entreprise qui périclite, et Tobliger aune transformation ou liquidation.
Dans l'hypothèse inverse de prospérité les demandes d'un produit en excèdent l'offre. Le directeur provincial ou le Ministre invite, par son ordre de service, le Maître ou la Société à forcer sa production, dans la mesure où cela lui est possible sans sortir des limites du traité de Concession et des crédits budgétaires. La Prospérité peut, au cas contraire, demander au Parlement un crédit supplémentaire, et modifier ledit traité. Elle pourvoit, de même aux nécessités qui se révèlent en créant de nouvelles entreprises, sauf à supprimer celles qui « font de mauvaises affaires » ; le personnel de ces dernières étant déplacé en conséquence.
Ce que les capitalistes réalisent, à l'aveugle, par tâtonnements sera l'objet de décisions, prises en parfaite connaissance de cause, sous le contrôle éclairé de l'opinion publique exercé par les difYérents corps politiques, représentatifs ou consultatifs que l'on sait.
Une manière bien simple de rétablir l'équilibre entre la consommation et la production consistera dans l'élévation des prix, j'entends ceux de détail, car cette élévation est sans influence en principe, sur le tarif établi au profit des Sociétés, ou Maîtrises, par leur contrat de Concession, On pourrait, il est vrai, reviser ce contrat pour faire bénéficier, par un relèvement de ce tarif, la maison de la faveur dont elle jouit auprès du public : ce serait une bonne manière d'intéresser les producteurs, de les encourager à soigner les produits, de récompenser les initiatives heureuses.
On pourrait, môme, recourir pour les denrées particu-
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lièrement recherchées, à une mi^e aux enchères. Les amateurs souscrivent, dans chaque Economat au prix qu'ils consentent à payer, la quantité dont ils ont besoin pour l'année. Le directeur provincial reçoit ces souscriptions et établit un tableau d'attribution dans Tordre des Bnchères. Les adjudicataires avertis, paient et sont ser- \ris, en temps voulu, par l'intermédiaire des Economats.
Enfin le directeur provincial ou le Ministre peut équilibrer les offres avec les demandes en réduisant celles-ci proportionnellement.
11 faut tenir compte, en outre des consommations proprement dites, des pertes pour avaries. Les denrées doivent être livrées en bon état, détruites à l'expiration l'un délai fixé pour chacune d'elles, et auparavant sur les ordres du service d'hygiène, relevant de la Cour Vfédicale, on le sait.
J'ai dit que chacun des services qui conservent des stocks (Economats, Magasins, facteurs, commissionnaires) bénéficie d'une tolérance d'avarie variable et sur laquelle il peut réaliser des bénéfices.
Pour prévenir les pertes, on peut opérer des virements le dépôt à dépôt, et vendre la marchandise au-dessous lu prix de revient.
Rien de plus simple que de mettre, à la charge des services responsables, les pertes, venant de négligence ou défaut de prévoyance. C'est l'Etat, au contraire, représenté par la Régie du Détail, qui supportera sur un crédit ad hoc, celles provenant de causes économiques d'ordre supérieur, notamment des déplacements de population à raison de modifications dans le régime général de la production.
Quant aux pertes par sinistres elles seront couvertes au moyen d'une Assurance Mutuelle dont les Economats ou Magasins paient les cotisations.
Le Budget Economique est préparé dans les directions provinciales de la Prospérité qui reçoivent par l'intermédiaire du directeur « du Gros » les tableaux et rapports
des consommateurs (représentés par les Magasins) et des ■entreprises productrices.
Tout ce que je viens de dire s'applique, mutatis mutan dis, au Commerce International. Les services d'importa tion et d'exportation remplacent avec leurs Entrepôts, ie^ Magasins du Commerce de Gros pour l'entrée et les Eco nomats pour la sortie des marchandises.
§ 45. Les Vins. — Seraient soumis au régime, que noui venons de voir des spécialités alimentaires, les vins d( luxe achetés à l'étranger ou provenant des grands cruj français. Ceux-ci conserveraient un prix de vente au dé tail, en France ou à l'étranger, très élevé et qui pourrait être au besoin, fixé par l'adjudication, mais dont il n( résulterait, je l'ai dit, aucune rente de monopole pour lei Sociétés de vignerons : celles-ci ne recevraient que la va leur de leur production au sens marxiste du mot, laquell< d'ailleurs serait plus élevée que pour les vins ordinaires Il faut en dire autant de ceux de fabrication industrielle (Champagne), et enfin de ce que j'appellerai les crus d< second ordre, qui seraient transmis aux consommateurs particuliers ou services, (restaurants par exemple) comme « produits de marque » et dans les verres et fût.' remplis au domaine.
Ce régime s'oppose à celui des coupages, qui suppo» une manutention par des Sociétés spéciales opérant suj des produits achetés par l'intermédiaire du Commerce dh Gros aux domaines vinicoles. Ils seront transportés dan; des navires ou wagons spéciaux, conservés dans de grand: réservoirs et reçus en litres ou en fûts par les Econo mats.
§ 16. Alcools. — Nos descendants seront assez raisoB nables pour ne plus s'empoisonner et l'alcool n'aura qu< des usages industriels. De grandes Sociétés distilleront h bois, les betteraves, les topinambours et dans les annét: de récolte exceptionnelle, les pommes de terre et \e: grains. C'est, ai-je dit, un des moyens de régulariser!! production agricole. On a vu déjà dans certaines anné^: de disette, des actes du pouvoir législatif ou exécutif in