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SECT. VII. i 2- BUDGET ÉCONOMIQUE. MAIN D'ŒUVRE 457
Voici rexplication de ce tableau.
Il est établi par journées de travail, c'est-à-dire par durée 'quotidienne de travail professionnel, variable suivant les métiers (p. ex. de 3 à 8 heures) ^ à quelque moment qu'elle se place dans le jour solaire.
Pour les fonctions comme celles de magistrat et de professeur, p. ex. où il faut, à la durée des audiences et des cours ajouter celle de leur préparation, on procède par voie d'assimilation, tel service est censé représenter par mois et par an, tant de journées. On procède de même pour les suppléments et remplacements. On évalue en un mot les nécessités d'une école ou d'un tribunal en les ramenant fictivement à tant de journées de titulaires, de remplaçants et de supplémentaires.
On rentre de cette façon dans le mode normal de calTîul de main d' œuvre qui va désormais nous retenir.
On établit pour chaque unité de demande le nombre de journées que l'on pense nécessaires pour assurer le titulariat et les suppléments et on prévoit de même, du mieux qu'on peut, les remplacements. Les industries ou administrations peuvent être ainsi classées.
V^ Catégorie. Services réguliers et continus. — Ce sont ;eux qui s'étendent du commencement à la fin de l'année, ivec un personnel à peu près constant. On peut prévoir la nécessité de recourir à un supplément de main d'œuvre, mais sans être certain ni de l'époque ni du quantum. u'est à cette première catégorie que s'applique particuièrement le tableau précédent.
Par journées dépensées, j'entends dans le Budget :omme dans le Bilan, le total des journées de suppléants, :'emplaçants et titulaires. Ceux-ci, « comptent » à l'unité budgétaire, à laquelle ils sont attachés, qu'ils soient au ravail, malades en congé ordinaire ou extraordinaire pour affaires de famille p. ex.) ou en déplacement pour
1. Un travailleur peut dans la limite du maximum réglemen- ' aire, donner, en un jour solaire, plus d'une journée de travail, p'est le cas des citoyens qui préfèrent e peiner dur » pour obtejiir de plus longues vacances.
rejoindre leur poste. Quand un homme passe d'une entreprise à une autre, il est au point de vue qui nous occupe, censé appartenir à la seconde, du jour où il cesse de travailler dans la première.
Il en est de même pour les remplaçants et supplémentaires qui sont réputés en service jusqu'au jour où ils rentrent chez eux, ou jusqu'à celui où prend date une seconde réquisition.
Par journées utilisées j'entends celles de travail elTectif qu'elles soient accomplies par un personnel titulaire de remplacement ou de supplément.
C'est ce dernier chifîre qui compte seul dans le Bilan Commercial, mais on le rapproche ici du précédent pour faire apparaître les abus possibles, abus qui peuvent donner lieu à répression. Le service du personnel estimet-il que tel service administratif ou économique a, par exemple, inutilement multiplié les déplacements, accordé d'abusifs congés, il peut lui demander une indemnité égale à totalité ou partie du préjudice, fixée par transaction ou jugement, et recouvré par un virement du compte commercial du débiteur à celui du créancier, c'est-à-dire du Recrutement.
2* catégorie. Services continus et irréguliers à période fixe de surtravail. — Ce sont des administrations ou entreprises qui fonctionnent toute l'année mais ont, pendant certaines périodes connues à Tavance, besoin d'un important personnel de supplément, p. ex. les domaines ruraux à réjtoque de la moisson et de la vendange, les bureaux de la Prospérité au moment de la préparation du Budget.
On établit deux tableaux l'un pour le service normal, l'autre pour le service exceptionnel ou surtravail, celui-ci est d'une couleur différente et porte en tête la mention de son caractère spécial, de la durée et de l'époque du surtravail; dans l'angle deux nombres, l'un relatif au personnel normal, l'autre .à celui de surcroît.
Le tableau comprendrait pour chaque catégorie de travailleurs supplémentaires, l'évaluation des journées dépensées et celui des journées utilisées, puis au-dessous à
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titre de renseignement et pour faire ressortir la marche de l'entreprise ou du bureau avec^son maximum d'activité, on rappellerait le nombre de titulaires et remplaçants ^ employés pendant la période visée et on totaliserait leurs journées dépensées et utilisées avec celles des supplémentaires.
3® catégorie. Services continus irréguliers à période fixe de moindre travail. — Je vise le cas de chômages saisonniers ou forcés, lorsque pour donner de la main d'œavre aux services de la deuxième catégorie, on ralentit l'activité là où il y a possibilité de le faire. Deux tableaux sont dressés l'un pour le service normal, l'autre pour la période de travail. En tête de ce dernier apparaît l'époque et la durée de cette période, dans l'angle le chiffre réduit et le chiffre normal, pour faire ressortir l'excédent de main d'œuvre qui sera à cette époque remis à la disposition du Recrutement. Dans le corps de la pièce on indique pour les titulaires les journées dépensées et inutilisées.
4® catégorie. Services réguliers discontinus. — Ce sont ceux qui s'arrêteraient à certaines époques de l'année par suite d'un chômage saisonnier imposé par la nature de l'industrie (sucrerie, féculerie), ou bien des industries qui pourraient continuer à fonctionner pendant tout l'exercice budgétaire, mais dont l'activité serait suspendue par ordre, le gouvernement voulant disposer de leur main d'œuvre, en faveur de celles qui ont à ce moment besoin d'un personnel supplémentaire, les domaines ruraux par exemple.
Le tableau serait conforme à notre modèle à ceci près qu'il porterait l'indication de la durée du chômage, ou celle de la marche suivant que l'une ou l'autre est plus longue.
Pour équilibrer ces demandes, le service compétent municipal provincial ou national dresse parallèlement les feuilles des offres. Prenant sur ses tableaux de personnel,
1. Ceux-ci seraient réduits au minimum, car on éviterait de donner des congés 4 cette époque; de même que dans les établissements de la troisième catégorie on placerait les congés pendant la période de moindre activité.
le nombre d'hommes et de femmes dont il peut disposer, titulaires aspirants et supplémentaires, il calcule les journées qu'ils peuvent fournir, d'après la loi organique sur la durée du travail.
Il rapproche le chiffre obtenu de celui des demandes et en tire, en un rapport spécial à chacune des catégories, les conclusions qui peuvent se ramener à l'une de ces trois* hypothèses.
1° L'offre et la demande s'équilibrent en laissant un léger excédent de main d'œuvre, il sera donc possible de donner satisfaction aux desiderata des services, avec les ressources correspondantes.
2° L'offre dépasse trop la demande, le Recrutement indique la quantité du personnel qui peut être remise à la disposition du Ministre, pour être utilisée dans une autre circonscription ou à des emplois inférieurs.
3° La demande surpasse l'offre, en ce cas le service préparateur du Budget fait ressortir les besoins auxquels il ne peut être pourvu avec les ressources locales.
Les dossiers ainsi constitués suivent la filière que j'ai indiquée pour le Budget Economique Matières. Le Ministre établit son projet (Bilan et Budget) comme nous avons vu et il est discuté en Comité plénier et dans les Assemblées. On examine d'abord les demandes. Supposons qu'elles soient, dans une circonscription, estimées trop faibles : les unités budgétaires auront, pense-t-on, des besoins supérieurs à ceux qu'elles accusent; ou il faut prévoir la création de nouveaux services, etc., dans le premier cas on relève les chilTres portés sur les feuilles des unités, dans le second on ajoute dans la cote un, « état de prévisions nouvelles. »
En sens inverse, les demandes qui sont jugées excessi ves seront réduites.
Nous voici arrivés aux offres. Pas de difficulté si dans une circonscription elles balancent à peu près lesdeman des primitives, réduites ou augmentées. Dans le cas con traire, on les élève ou on les restreint.
Le Ministre de la Prospérité aura, en appliquant h
SECT. VIII. i 1. PRIX DE GROS DES CHOSES 461
Budget à opérer, de la manière que j'ai indiquée, les dé placements de travailleurs qui devront avec les excédents constatés ici, pourvoir aux insuffisances.
Enfin il faut tenir compte du déficit ou de la pléthore générale. On peut y remédier, ai-je dit, de plusieurs manières, augmenter ou diminuer le nombre d'heures de travail exigé de chaque citoyen ; avancer ou reculer l'âge de la retraite, rappeler au travail une classe de retraités, prolonger ou raccourcir la durée des études; cette dernière mesure, à la différence des précédentes peut s'appliquer exclusivement à une ou plusieurs catégories de travailleurs (diplômés ou brevetés); je rappelle en effet que si l'insuffisance de diplômés ou de brevetés peut avoir des inconvénients, il n'en est pas de même de leur excès, car on peut toujours confier à des citoyens un emploi inférieur à celui qu'ils pourraient exercer.
Section VllI.
Fixation des Prix,
Nous sommes arrivés aux budgets d'argent, c'est-à-dire établis en monnaie décompte. Ils supposent la fixation du prix des choses et de la main d'œuvre à laquelle nous devons consacrer la présente section, laquelle sera divisée en trois paragraphes.
§ 1. Prix de gros des choses et services. — Nous avons vu que l'Etat vend aux producteurs les matières premières, l'énergie et leur loue les immeubles pour, ensuite, acheter leurs produits.
Le commerce de Gros ne donne lieu à aucun « bénéfice» pour l'Etat qui se borne à recouvrer sur l'organe économique ce que lui coûte l'énergie, la matièrepremière, l'entretien, l'amortissement du matériel, l'administration et .les réparations des immeubles.
On a vu comment les rapports de l'Etat avec les grou-
pes de travailleurs sont déterminés par un contrat de Concession, qui fixe les qualités à produire^ les quantités maxima et minima entre lesquelles oscillera l'autorisation budgétaire annuelle, et le prix d'achat des produits, qu'ils soient achevés et destinés au Commerce de Détail ou qu'ils doivent subir dans d'autres entreprises, une nouvelle transformation. Au lieu de prix, il est préférable de dire les éléments du prix d'achat, car ce prix doit, on l'a vu, varier, si l'un ou l'autre de ces éléments vient à se modifier au cours du contrat.
La Régie du Gros établit pour les matières premières, comme pour les choses prêtes à être livrées à la consommatirm, un prix d'achat moyen. Il est obtenu on fais:mt la moyenne des prix d'achat spéciaux aux diverses entreprises, des produits similaires de même qualité qu'ils appartiennent c\ une ou plusieurs marques. Il faut en efîet se rappeler que la marque et la qualité ne se confondent pas : une même « maison » peut livrer les marchandises de qualités différentes, et l'Etat groupera des produits de provenance diverse, mais assimilables quant à leur valeur marchande; il vendra au détail, à un même prix la même qualité, ordinaire ou surfine, des chocolats Menier ou Lombard, laissant le public choisir entre eux.
Au prix d'achat moyen obtenu en divisant la somme des prix d'achat spéciaux par le chiffre des unités, il faut ajouter les frais giînéraux moyens, c'est-à-dire ceux de magasinage et transport. On sait que chaque Magasin ou Entrepôt (Gros et Détail) est constitué comme une maison de commerce assumant à forfait la manutention, la garde, les avaries; si le tarif du magasinage n'est pas i'îentique ici et làpourune marchandise, on prendencore la moyenne.
C'est surtout en matière de transports qu'il faut procé der de cette façon. Le Collectivisme supprimant toute rente de situation, met les entreprises économiques sur un pied d'absolue égalité, en leur livrant les matières première et en leur achetant les produits fabriqués, à des prix indépendants de l'emplacement de l'usine ou du domaine. De k même les consommateurs ne doivent pas payer plus ou