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CHAPITRE IV

Qu'on veuille bien appliquer ici notre hypothèse biosociale : le conflit du matérialisme et du spiritualisme, qui paraît insoluble, va se résoudre de lui-même.

1° D'abord, l'intelligence de l'animal (ou instinct), loin d'être une chose méprisable, constitue déjà un haut degré de mentalité, si on la compare à l'intelligence de la cellule (ou irritabilité).

2° Or, cet instinct, comment est-il acquis ? Par une association et une division du travail, intervenues entre cellules, et ayant pour résultat de spécialiser un groupe d'entre elles dans la fonction mentale, et d'aiguiser ainsi en elles l'obtuse irritabilité.

3° L'intelligence de l'homme (ou raison) s'élève audessus de l'intelligence de l'animal (ou instinct), comme «elle-ci s'élève elle-même au-dessus de l'intelligence de la cellule (ou irritabilité).

4° Pourquoi ce progrès de l'instinct à la raison ne serait-il pas procuré par la même méthode que le progrès de l'irritabilité à l'instinct, c'est-à-dire par une association et une division du travail intervenues entre animaux, entre des anthropoïdes, et ayant pour résultat de spécialiser un groupe d'individus dans la fonction mentale, et d'aiguiser ainsi l'instinct en raison, comme l'irritabilité avait déjà été aiguisée en instinct?

En ce cas, l'instinct apparaîtrait comme le produit

d'une association du premier degré ; et la raison, comme le produit d'une association du second degré.

L'instinct, c'est la mentalité de l'organisme animal, condensé dans le cerveau : la raison, ce serait la mentalité de l'organisme social condensé dans Yèlile.

La tête est une élite biologique : l'élite est une tête sociale.

y uand il n'y avait pas encore ici-bas de Métazoaires, d'animaux, de corps physiques, ou agrégats de cellules, mais simplement des cellules, des simples, des Protozoaires, il n'y avait pas encore d'instinct, mais seulement de l'irritabilité.

Pareillement, quand il n'y avait pas encore d'agrégats d'agrégats, d'Hyperzoaires, de corps politiques, de cités, et surtout de cités humaines, il n'y avait pas de raison, mais seulement de l'instinct.

Or notre espèce a débuté par l'isolement (relatif) de l'individu, pour arriver lentement à l'association de plus en plus intime et profonde.

N'est-ce pas dire que notre espèce s'est élevée lentement de l'animalité à l'humanité , ou de l'instinct à la raison?

Entrons donc profondément dans ces vues, et examinons un peu en détail comment notre hypothèse bio-sociale résout l'antique conflit de la psychologie matérialiste et de la psychologie spiritualiste.

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