LES RÉSULTATS
LE TRANSFORMISME VEGETAL.
Passons aux résultats.
Qu'est-ce qui s'est dégagé de ces expériences ? Il s'est dégagé, très nettement, ce fait : c'est que les variations de milieu déterminent, non pas seulement des changements dans la forme du vivant, mais des changements aussi, et des changements profonds, dans la structure intime des tissus essentiels.
Et pourquoi cela? Parce que le vivant veut vivre, et s'adapte avec souplesse au milieu.
Or, de ce fait dûment établi, qui ne sent les conséquences possibles ? Qui ne sent l'importance de ces travaux, « même au point de vue philosophique », dit M. Gaston Bonnier? Qui ne sent, dit encore M. Bonnier, « r intérêt général qui s'attache à des résultats aussi frappants »?
Quelles sont donc ces conséquences entrevues ? Ecoutons encore M. Bonnier.
« Combien de soi-disant espèces, créées par les adeptes de l'école qui s'intitule analytique, sont dues à des adaptations tenant à la nature du sol ! »
« Des caractères, considérés comme distinctifs du groupe d'espèces oudu genre auquel la plante appartient, disparaissent ou sont remplacés par d'autres... »
On pèse la gravité de ces conclusions.
Mais jusqu'où peut aller la transformation?
« Transformera-t-on réellement une espèce en une autre? ».... « Telle ou telle structure (qui paraît immuable) est-elle produite par une lente adaptation qui l'aurait fixée si profondément que les moyens actuels dont nous disposons ne puissent plus la modifier? »... « N'ya-t-il pas des changements pour lesquels on suppose que des milliers d'années sont nécessaires et que l'on peut obtenir en très peu de temps par une variation de milieu ? »
Autant de « questions capitales » que peut et que doit résoudre le « transformisme expérimental ».