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RÉPONSE A [/OBJECTION DE DESCARTES

Il y a, il est vrai, une autre objection, élevée par Descaries, à savoir que si l'animal faisait par intelligence ce qu'il fait, il serait supérieur à l'homme.

Cette objection n'est que spécieuse, à mon sens. Voici comment il me paraît qu'on pourrait y répondre.

Les actes de l'instinct animal sont accomplis avec une sûreté et une perfection singulières. Au contraire, tout le monde le sait, rien de plus incertain, de plus hésitant, de plus faillible que la conduite humaine. L'instinct est-il donc supérieur à la raison?

Ainsi posée, la question est insoluble. Il faut la dédoubler :

1° Il est tel acte que l'animal accomplit d'une façon bien supérieure à l'homme.

2° Mais l'animal est borné à cet acte, tandis que l'homme, en fait d'activité, fait preuve d'une initiative inépuisable.

Un acte instinctif est donc supérieur à un acte volontaire, au point de vue de la sûreté, de l'impeccabilité.

Mais il ne suit pas que Y animal soit supérieur à Y homme.

Lier les deux propositions est un sophisme.

La vérité, c'est que l'animal, limité à un petit nombre d'actions, finit par arriver à les accomplir parfaitement, — et à s'enfermer ainsi dans un cercle.

L'animal tourne dans un cercle étroit, l'homme gravit une spirale infinie.

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