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LE SENS DU « TYPE

La nature différencie et multiplie indéfiniment les événements et les êtres.

Comment l'esprit humain pourrait-il connaître et nommer toutes ces existences particulières qui s'épanchent torrentiellement du fond de l'inconnu? Le frêle esprit humain ne va-t-il pas être submergé, englouti,

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noyé, sous cette marée monstrueuse? On pourrait le craindre. Mais l'homme a un recours, à savoir, l'idée, Vidée générale.

L'homme en effet compare entre eux les êtres, et les choses ; il démêle et groupe en faisceau leurs traits semblables; il dégage le type, et résume dans un concept général la débordante multitude des faits particuliers.

Il y a sur la planète quinze cent millions d'êtres humains, c'est-à-dire d'individus particuliers- c'est-à-dire de noms propres : — l'esprit les condense un un seul nom commun.

Pareillement, un seul mot « arbre », « rocher », « astre », etc., résume les millions d'astres, d'arbres et de rochers qui peuvent exister dans l'univers. Et ainsi de suite.

DUEL DE LA NATURE ET DE l'iIOMME.

Rendons-nous bien compte de cette opération de l'esprit humain.

La nature, dans sa marche descendante ou progrèssive, va sans cesse différenciant et multipliant.

Que fait l'homme? Il marche à rebours de la nature, d'une marche ascendante ou régressive; et, ce faisant, il assimile et unifie.

Duel subtil, duel acharné, duel admirable, entre un insecte avisé et le monstrueux Tout! Duel enfin où l'insecte est vainqueur !

Loin d'être submergé en effet par le flux toujours montant des phénomènes, l'homme se dresse et domine, — la tête hors du flot.

Par la généralisation, l'esprit humain surplombe et domine le torrent des choses. Par la généralisation, il gravite vers cet axiome unique, d'où, selon une comparaison fameuse, s'épanchent en cataractes

universelles et éternelles les intarissables créations.

Non point certes que l'unité où la science aspire soit identique à l'unité d'où est partie l'évolution cosmique. Comme l'a parfaitement indiqué M. PaulJanct, la première est une unité de classification, tandis que la seconde n'est qu'une unité de confusion.

.Mais il n'en reste pas moins ceci, que la science refait à sa façon l'unité de l'être.

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