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LE SENS DE LA FORME

Je distingue ici deux cas : les formes géométriques et les formes plastiques, c'est-à-dire le monde inorganique et le monde vivant, le domaine de la ligne droite et le domaine de la courbe, — en gros, l'empire de Y architecture et l'empire de la sculpture.

D'un côté, l'édifice, temple, palais; de l'autre, la statue, animal ou homme. D'une part, les colonnades et les frontons dans leur régularité et leur impassibilité élémentaires ; d'autre part, les attitudes et les mouvements de la vie surpris et fixés.

Pour bien saisir la différence profonde qu'il y a entre l'architecture et la sculpture, il faut fouiller jusqu'à leurs racines respectives : l'architecture (antique), ouvrière d'édifices minéraux, semble procéder de l'anguleux cristal-, et la sculpture, qui dresse et campe des hommes ou des bêtes, édifices vivants, semble procéder du souple protoplasme.

Le cristal a sa beauté, sa froide beauté géométrique. Maisle protoplasme a son mystère, sa souple et plastique complexité.

L'architecture, c'estde la mathématique. La sculpture, c'est de la biologie.

Au fond de la biologie, certes, il y a le nombre, mais un nombre si complexe et si assoupli qu'il paraît étranger à la mathématique, — dont il n'est pourtant que la riche transfiguration.

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