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DE LA « FORME VIVANTE

La forme, cette chose si profondément inexplicable jusqu'ici, la biologie semble donc nous en faire entrevoir la double origine :

1° Dans l'agrégat de cellules qu'est l'animal, la division du travail construit des organes différents et complémentaires dont le groupement et l'ajustement en système constituent le corps de la bête ; et la configuration extérieure de ce corps ne fait qu'en traduire la construction interne.

Le polymorphisme a donc pour source la division du travail.

2° D'autre part, l'animal, pour vivre, doit s'adapter au milieu, se plier à ce que le milieu exige. D'où les transformations de la matière vivante, selon l'habitat.

Le transformisme ou métamorphisme a donc pour source Y adaptation au milieu.

Ainsi la forme, chose en apparence si extérieure, n'est rien moins que l'expression des plus intimes nécessités.

Prendre le contour des êtres vivants pour un fait

superficiel et extérieur, pour un fait secondaire et a< cessoirc, ce serait donc là une erreur grossière.

Du vin, mis dans des vaisseaux de forme variée, reste toujours du vin, et le môme vin. Mais la forme n'est pas au vivant ce que le vase est au liquide. Le vase est extérieur et indifférent. La forme au contraire jaillit du fond lui-même.

D'une part, Schwann et //. Milne-Edwards qui ont fixé la théorie cellulaire et mis hors de doute le fait biologique de la division du travail et, d'autre part, Lamarck et Darwin qui ont établi la loi de Y adaptation au milieu : voilà les hommes qui nous ont entr'ouvert la double origine biologique de cette mystérieuse chose qu'on appelle la forme vivante.

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