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REJET DE LA « LIBERTÉ D'INDIFFERENCE » OU IN-DÉTERMINATION

Trop souvent les partisans de la liberté n'ont cru pouvoir la sauver qu'en niant l'influence des motifs.

Ils la nient tantôt radicalement et hardiment, en proclamant l'absolue liberté d'indifférence, tantôt timidement, ou équivoquement, en parlant d'une influence qui sollicite sans déterminer.

Dans la voie des compromis, les nuances de doctrine sont innombrables. Userait long — et vain — d'en faire le relevé. Attaquons-nous à la thèse franche, à la thèse de la totale liberté d'indifférence.

Existe-t-il des cas, dûment établis, de liberté d'indifférence?

Leibnitz a répondu nettement : non. Les actes les plus insignifiants sont déterminés par des motifs inaperçus, mais apercevables. Les exemples du portemonnaie ou de Vallée de parc sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les reproduire.

Mais, de nos jours, d'autres psychologues ont repris les analyses leibnitziennes, pour les renouveler et les confirmer.

Je n'en citerai qu'un, Galton, qui s'est complu à scruter ingénieusement le mécanisme de plusieurs menus faits de la vie psychique courante.

Par exemple, il se réveille, et veut se lever, mais cette volonté reste pendant quelques instants tout à lait

platonique jusqu'à ce que des motifs surgissant et léveloppant insensiblement leur énergie donnent un fonte nu à la volilion, et une efficacité motrice à cette forme mentale tout à l'heure si vide et si impuissante.

Ce sont les avantages et les inconvénients futurs de sa conduite qui se présentent à l'esprit de Galton, pour Influer sur sa conduite. Or, avantages et inconvénients représentés, qu'est-ce autre chose qu'une prèlibaiion de plaisir ou de douleur, c'est-à-dire quelque plaisir éprouvé ou quelque douleur ressentie, et par conséquent, quelque aversion ou quelque désir naissants, c'est-à-dire enfin quelque commencement d'action, de mouvement, quelque impulsion motrice ?

Par cet exemple et d'autres analogues, il est, à notre sens, surabondamment établi que tout acte est déterminé par des motifs aperçus ou inaperçus, et même ne peut pas ne pas être déterminé ainsi.

L'in-détermination est une contradiction pure, de par le principe même de « raison suffisante », ou « d'universelle intelligibilité ».

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