‹ La cité moderneChapitre 226 sur 467 · PUBLICS · texte numérisé non relu

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Et sentez-vous l'infinie graduation que comporte ce « moi » si simple en apparence?

En effet une cellule est un organisme complet et autonome. Toute cellule est un individu, un « moi ».

.Mais dans l'association des cellules, dans la cité physique, telle cellule est de la majorité dirigée ou de la minorité dirigeante, c'est-à-dire fait partie des membres seulement ou bien du cerveau lui-même.

Or le « moi » des cellules du corps n'est qu'un « moi » privé, tandis que le « moi » des cellules du cerveau est un « moi » public. C'est la différence du simple particulier à V homme d'Etat.

Et si nous passons de la cité physique à la cité politique, nous avons à faire les mêmes distinctions.

Tout anthropoïde a un « moi ». Et c'est un « moi » public, un « moi » d'Etat, — relativement au corps physique.

Mais, dans l'association des anthropoïdes, dans la cité politique, il y a la foule et il y a l'élite, il y a les simples particuliers et les hommes publics.

Or le « moi » des particuliers, par définition même, n'a ni l'ampleur, ni la profondeur, ni l'intensité du « moi » de l'homme public, de l'homme d'Etat.

Le « moi » du véritable homme d'État est pour ainsi dire la superposition de deux « moi » dirigeants : le « moi » cérébral ou « moi » supérieur de la cité physique, et le « moi » gouvernemental ou « moi » supérieur delà cité politique.

Ce rapport des « moi » privés entre eux, et surtout le rapport du « moi » public à tel ou tel « moi » privé, voilà ce que nous sommes peut-être le plus éloignés

de comprendre dans noire France de la Révolution. Qu'on nous permette donc d'y insister.

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