‹ La cité moderneChapitre 227 sur 467 · TU » ES « MOI » (MAXIME HINDOUE · texte numérisé non relu

TU » ES « MOI » (MAXIME HINDOUE

Que ne peut-on arriver à bien voir que le corps politique est analogue au corps physique, et que par conséquent le rapport des unités dans le corps politique est analogue au rapport des unités dans le corps physique?

Tout le monde sait, sent, comprend que les unités, que les animalcules, que les cellules enfin dont l'association constitue un animal ou un corps physique, tout le monde, dis-je, sait et sent que ces cellules sont étroitement inter-dépendantes ou solidaires, que les « biens » et les « maux » de l'une se répercutent nécessairement sur l'autre, et réciproquement ; que, par conséquent, leurs « intérêts » sont connexes, conformes, identiques, c'est-à-dire que chacune jouit ou pâtit en l'autre, ou enfin que le « moi » de chacune palpite dans le « moi » de l'autre, au sens littéral et positif.

Le « j'ai mal à votre poitrine » de Mme de Sévigné n'est pas du tout une spirituelle mièvrerie de mère à fille. C'est la formule naïve du mystère vital ou social.

Car, ce que je viens de diredu rapport descellules dans le corps physique, doit être transporté exactement au rapport des citoyens dans le corps politique.

Le « tu es moi » des Hindous n'est pas davantage une hyperbolique préciosité. Les « citoyens » dans la cité, les sociétaires dans l'association, sont réciproquement « partie » l'un de l'autre. Et cela, non en un sens figuré, sentimental, chimérique, mais au sens propre et positif.

Mais c'est surtout le rapport du « moi » public aux « moi » privés qu'il faut tacher de saisir. Ou plutôt,

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