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LA MÉPRISE COLOSSALE DU MATERIALISME

Appliquons ceci au débat du matérialisme et du spiritualisme, en morale.

Le matérialisme dit :

\y animal à animal, c'est la force qui règne, la force ou la ruse, la violence enfin ; donc, d homme à homme,

puisque l'homme est un animal, c'est aussi la loi <lu plus fort qui doit régner.

Après ce que nous venons de dire, le sophisme ne saute-t-ii pas aux yeux?

D'animal à animal, la violence règne, soit. Mais tl animalcule à animalcule, au sein de l'animal, c'est la justice qui règne ou doit régner.

Donc, violence, si vous voulez, de cité à cité. Mais, justice, de citoyen à citoyen, dans la cité.

(Et encore la violence, de cité à cité, ne sera-t-elle peut-être pas éternelle. Auquel cas, la lutte ne subsisterait plus qu'entre l'espèce humaine et les autres espèces).

On le voit, le débat du matérialisme et du spiritualisme, en morale, est né d'un malentendu immense.

Il y a deux lois, pour l'animalité : loi externe, rapport d'un tout à un tout, la force; loi interne, rapport de partie à partie, dans le tout, la justice.

LU y aura donc aussi deux lois pareilles pour l'humanité.

L'erreur du matérialisme consiste à traiter l'individu humain comme un tout, relevant de la loi de force, tandis qu'il est une partie, relevant de la loi de justice.

En un mot, le matérialisme, par une méprise colossale, prétend appliquer la loi externe de la zoologie au monde interne de la sociologie.

Le darwinisme sociologique peut être intéressant en ce qui concerne les relations de cité à cité, de peuple à peuple. Il n'a pas de sens quant aux rapports des citoyens dans la cité.

Le darwinisme est un traité de politique étrangère qui relève strictement du « Foreiyn office ».

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