DIRECTEMENT
Le dogme de la vie future est donc sapé et ruiné d'avance, indirectement, — avant qu'on y touche.
Mais si on le scrute en lui-même, il apparaît encore bien plus caduc.
On dit:
1° Le corps est composé, et décomposable, c'est-àdire périssable;
2° L' « âme », au contraire, est simple, donc indécomposable, c'est-à-dire impérissable;
3° L' « âme », simple, survit à la décomposition du corps ;
4° L' « âme » entre dès lors dans une existence nouvelle ;
5° Dans cette existence nouvelle, 1' « âme » doit trouver enfin le bonheur;
6° Renonçons donc à nous évertuer inutilement dans cette ingrate vie terrestre.
Je le répète : l'hypothèse d'une vie future a paru nécessitée par la plainte du juste ici-bas. Or cette plainte, nous l'avons vu, n'est pas fondée. L'hypothèse tombe donc d'elle-même.
Mais admettons que la plainte soit fondée : l'hypothèse d'une vie future, telle qu'on la formule, n'en est pas moins insoutenable, aux six points de vue suivants»