POUR LA LIBERTÉ
Ainsi, dans le problème divitiaire, notre hypothèse nous fournit un argument puissant en faveur du Socialisme, contre F individualisme absolu des Economistes.
Mais, d'autre part, elle nous fournit un argument non moins fort en faveur de l'Economisme, contre ï èyalilarisme absolu des Socialistes.
Oui, si vous voulez, peut-on dire aux Socialistes, oui, la Cité est un organisme, c'est-à-dire une solidarité; et non pas seulement une solidarité morale ou juridique, mais une solidarité biologique, vitale. Par conséquent, morceler, atomiser, pulvériser ce tout organique en une multitude d'individus indépendants, juxtaposés, solitaires, absolus, d'ailleurs prêts à sentre-haïr, à s'entre-combattre, à s'entre-opprimer, à
s'entre-tuer, c'est là, de la part de l'Individualisme purr une véritable folie.
La théorie cellulaire a fondé la Biologie. Et la conception biologique introduite en Sociologie a bien décidément fondé la solidarité positive, à la grande joie des Socialistes.
Oui, mais les Socialistes, à leur tour, combien ne se méprennent-ils pas, quand ils prétendent faire aboutir la solidarité à une égalité despotique et niveleuse.
L'égalité! Le nivellement! Quoi de plus contraire à la Nature, et à la Science, fidèle révélatrice des lois naturelles?
Contre l'Economisme et l'Individualisme pur, la Biologie défend la solidarité. Contre le Socialisme nivelcur et despotique, la Biologie défend la liberté, la sélection, la hiérarchie.
En effet, la solidarité et la liberté, ces deux forces qui semblent s'exclure, s'impliquent au contraire dans les œuvres de la nature. Un organisme est essentiellement une solidarité, sans doute. Mais il est aussi et au même degré une division du travail, une différenciation en dirigés et dirigeants, foule et élite, tronc et tête.
Un organisme physique qui reste à l'état de nondivision du travail et de non-hiérarchie n'est qu'un animal inférieur.
Pareillement, un organisme politique qui reste aussi à l'état d'in-division et d'in-subordina'lion n'est qu'une société sauvage.
La différenciation et la sélection sont donc, tant dans le monde sociologique que dans le monde biologique, le ressort même du progrès.
SYNTHÈSE DE LA BOL IDA RITE E T DE LA LIfcSRTÉ.
La Biologie, qui donne aux Économistes la grande leçon de solidarité, donne aux Socialistes la grande leçon de liberté.
Par la biologie sont réfutées les deux erreurs inverses, et fondues les deux vérités respectives de l'Économisme et du Socialisme.
Notre hypothèse bio-sociale aboutirait donc à fonder ce qu'on peut appeler soit une liberté solidaire, soit une solidarité inégalitaire, une solidarité hiérarchique, une solidarité libertaire.