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LE PROBLÈME CRITIQUE : CRITIQUE NÉGATIVE ET CRITIQUE POSITIVE

Pour saint Clément d'Alexandrie, les diverses écoles de philosophie n'avaient fait que disperser les lambeaux du seul et unique Verbe, et on pouvait donc retrouver en elles toutes les fragments épars de la totale Vérité.

C'est la bonne méthode pour juger les hommes et les œuvres, comme l'a bien vu Leibnitz, par exemple.

Il est vrai que cette méthode n'est pas à la portée de tout le monde. La vigueur de l'esprit, en effet, se mesure précisément à ceci : savoir distinguar l'essentiel de l'inessentiel. Et il y faut en outre la générosité du cœur.

Diderot le disait fort bien :

Tu remues le sable d'un fleuve qui roule des paillettes d'or, et tu reviens les mains pleines de sable et tu laisses les paillettes !

Un contemporain, mort d'hier, et à peine connu encore, Ernest Hello, l'a dit aussi avec une verve cinglante:

Le premier mot de l'homme médiocre qui juge porte toujours sur un détail.

Et ce détail est toujours faux, fût-il vrai.

11 est faux par la place qu'il occupe, faux par l'importance qui lui est donnée, faux par l'isolement où il reste...

11 a l'air de compter pour tout ce qui n'est rien, et pour rien ce qui est tout...

On ne saurait mieux opposera la critique négative des bas esprits envieux la critique positive des bauts esprits généreux.

Quand on sait pratiquer cette critique supérieure, l'inextricable mêlée des opinions humaines se débrouille comme par enchantement.

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