LA « DIVISION DU TRAVAIL » DANS L INDUSTRIE
On connaît ce procédé dans l'industrie, et le classique exemple d'Adam Smith.
Au lieu de faire faire par un seul et même ouvrier une épingle par exemple, on divise la besogne en plusieurs opérations, et on la répartit entre plusieurs ouvriers.
L'un fournit la tige, un second l'affile en pointe, un troisième fait la tête, etc., etc.
Qu'arrive-t-il? Chaque ouvrier se restreignant à une seule opération, toujours la même, atteint à une habileté supérieure. Le-produit est donc de meilleure qualité, plus parfait.
D'autre part, l'ouvrier arrive à une rapidité d'exécution extrême. Il produit plus. Et, par conséquent, l'offre des produits sur le marché étant abondante, le prix d'achat diminue.
Résultat final : on paye moins cher des choses mieux faites ; on a en plus grande quantité des choses de meilleure qualité.
Maintenant, à quelle condition ce double et merveilleux résultat est-il obtenu? A la condition qu'il y ait entre les ouvriers entente, accord, association, pour se diviser le travail, pour se répartir la besogne.
Chacun ne fait qu'une seule chose. Et il arrive ainsi à faire vite et bien. C'est la spécialisation.
Mais toutes ces spécialités, réduites à elles-mêmes, seraient impuissantes. Il faut ensuite les rapprocher, les
raccorder. C'est la combinaison, la construction, la synthèse.
D'où Y inter-dèpendance des spécialistes, et leur solidarité.
Nous entrevoyons donc en quoi une organisation diffère d'un agrégat.
Dire que l'organisme est un tout réel, et non pas seulement nominal, essentiel, et non pas seulement accidentel, cela ne nous éclaire pas beaucoup.
Mais dire que l'organisation consiste dans une division du travail, c'est-à-dire dans une spécialisation et une coopération, c'est-à-dire dans une solidarité, ceci incontestablement représente quelque chose à l'esprit, et donne une prise solide à la pensée.