‹ La cité moderneChapitre 94 sur 467 · ACCEPTATION DE LA PREMIERE THESE MATERIALISTE; REJET DE LA SECONDE · texte numérisé non relu

ACCEPTATION DE LA PREMIERE THESE MATERIALISTE; REJET DE LA SECONDE

La pensée s'explique par le corps : telle est donc la thèse matérialiste.

Mais... quelle pensée? Il y en a deux : une pensée inférieure ou animale, et une pensée supérieure ou proprement humaine.

Cette distinction n'est pas sérieusement contestable.

Pour quiconque n'est pas aveuglé par l'esprit de système, la sensation et l'impulsion animales, d'une part, et, d'autre part, la raison et la liberté, ce sont là deux mondes bien distincts.

Sans doute, l'intelligence animale a été dûment établie, et nous sommes bien revenus du paradoxe de Descartes sur les animaux-machines. Sans doute l'animal, en quelque mesure, perçoit, se souvient, rêve,

souffre, désire, craint, raisonne môme. Mais vous aurez beau pousser aussi loin que possible cette juste réhabilitation, il n'en restera pas moins, de votre ;ivru même, public ou tacite, un abîme entre le monde de la sensation et le monde de la raison, entre les Irai I s les plus curieux de l'intelligence animale et les hautes manifestations de la mentalité humaine.

Nous sommes donc bien là en présence de deux pensées, l'une inférieure et l'autre supérieure.

Or, il est très vrai que la pensée inférieure s'explique par le corps, et, plus exactement, par le système nerveux cérébro-spinal, parle cerveau. Et, sur ce point, la biologie, ou, comme on dit vulgairement, le matérialisme, a tout à fait gain de cause. La théorie de la « vie de relation » ou de la « cérébration », dans l'animalité entière, est un fait acquis.

Mais, par contre, nous nions radicalement que le cerveau suffise à expliquer aussi la pensée humaine.

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