‹ La cité mystique de DieuChapitre 22 sur 122 · PART. U, LIV. III, CHAP. XXV · texte numérisé non relu

PART. U, LIV. III, CHAP. XXV

geurs. La Mère de la grâce opéra beaucoup d'autres merveilles dans ce voyage; car il sortait d'elle comme des effluves divins (1) , au moyen desquels elle sanctifiait toutes les âmes. Enfin ils arrivèrent à Nazareth, où la Souveraine du ciel nettoya sa maison, assistée de ses saints anges, qui, émulateurs de son humilité et jaloux de lui témoigner leur zèle et leur vénération, la secondaient toujours et l'aidaient dans les plus basses occupations. Saint Joseph s'occupait à son travail ordinaire pour la subsistance de notre Reine, et elle ne frustrait point l'espérance de son époux. Elle se ceignait d'une nouvelle force pour les mystères qu'elle attendait ; elle portait la main à de grandes choses (2), et dans le secret de son âme elle jouissait de la vue continuelle du trésor renfermé dans son sein , et puisait dans celte vue des faveurs, des délices et des consolations ineffables. Elle acquérait ainsi d'incomparables mérites, et se rendait extraordinairement agréable au Seigneur.

Instruction que me donna la Reine du ciel.

220. Ma fille, les âmes fidèles qui connaissent Dieu par la lumière de la foi et qui sont filles de l'Église, ne devraient point faire de difiérence de temps, ou de lieux, ou d'occupations, pour pratiquer cette vertu ainsi que celles qui leur sont infuses avec elle. En effet. Dieu est présent en toutes choses, il remplit toutes choses de son Être infini (3), et il n'y a point de lieu, il n'y a point d'occasion où la foi ne puisse l'adorer et le reconnaître en esprit et en vérité (4). Et de même que la création par où

(1) Gant., IV, 13. — (2)Prov., xxxi, 11,17, 19. — (3) Jerem., XXIII, 24. — (4) Joan., iv, 22 et 23.

l'àme reçoit le premier être est suivie de la conservation , de même que la vie suppose le jeu continu de la respiration , comme de la nutrition et de la croissance, jusqu'au complet développement des organes, de même la créature raisonnable, une fois régénérée par la foi et par la grâce, devrait, loin de jamais interrompre l'accroissement de sa vie spirituelle, constamment produire en tout temps et en tout lieu des œuvres de salut par la foi, l'espérance et l'amour. Mais, oublieux et négligents qu'ils sont, les hommes, et surtout les enfants de l'Église, rendent tout à fait stérile cette vie de la foi j car ils la laissent s'éteindre en eux en perdant la charité (1). Voilà -ceux qui, suivant l'expression de David (2), ont reçu en vain une âme nouvelle, puisqu'ils ne s'en servent non plus que s'ils ne l'avaient point reçue.

321 . Je veux, ma très-chère fille, qu'il n'y ait pas dans votre vie spirituelle plus d'intermittence qu'il n'y en a dans votre vie naturelle. Vous devez, usant des dons du Très-Haut, agir toujours par la vie de la grâce, dans la prière, dans la charité, dans la louange, dans la foi, dans l'espérance, dans l'adoration du Seigneur, en esprit cl en vérité, sans différence de temps, ni d'occupations, ni de lieux (3); car il est présent en toutes choses, et il veut être aimé et servi de toutes les créatures raisonnables. C'est pourquoi je vous ordonne de prier pour les âmes avec une vive foi et une ferme espérance, quand elles s'adresseront à vous, coupables de cet oubli ou d'autres fautes, et affligées par le démon; que si le Seigneur no fait pas toujours avec éclat ce que vous souhaitez et ce qu'elles demandent, il le fera secrètement, et vous acquerrez le mérite de lui avoir plu , en travaillant comme une fille et

(l) Jacob., u, 26. — (2)Ps. xxni, 4. — (3) Joun., iv, 23.

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une épouse fidèle. Aussi vous assuré-je que, si vous vous comportez toujours comme il l'exige, il vous accordera, dans l'intérêt des âmes, beaucoup de privilèges d'épouse. Considérez comment j'agissais quand je voyais les âmes dans la disgrâce du Seigneur, remarquez le soin et le zèle avec lesquels je travaillais au bien de toutes, et surtout de quelques-unes. Si vous voulez m'imiter et me plaire lorsque le Très-Haut vous découvrira l'état de certaines âmes, ou qu'elles-mêmes vous l'exposeront, ne manquez pas de travailler et de prier pour elles; reprenezles avec prudence, humilité et douceur; car le Touf- Puissant ne veut pas que vous fassiez du bruit, ni que votre activité produise au dehors des effets éclatants; il veut qu'ils soient cachés. En cela il se conforme à votre timidité naturelle et à vos désirs, et en môme temps il adopte pour vous le parti le plus sûr. Et quoique vous deviez prier pour toutes les âmes, vous prierez avec plus d'ardeur pour celles auxquelles vous saurez que Dieu veut surtout que vous vous intéressiez.

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