CHAPITRE Xll
Ce qui dans le mystère do la naissance du Verbe incarné fut caché au démon , et plusieurs autres choses jusqu a la circoncision.
oOO. En tant que cela tenait au Seigneur lui-même, la descente du Verbe incarné sur la terre fut l'événement le
(l)Fxcle3.,i,lû. — ^2) Il Cor., VI, 1.
plus heureux pour tous les hommes; car il vint pour donner la vie et la lumière à tous ceux qui étaient clans les ténèbres et dans l'ombre de la mort (1). Si donc les réprouvés et les incrédules ont heurté et heurtent contre cette pierre angulaire, cherchant leur ruine là où ils pouvaient et devaient trouver la résurrection à la vie éternelle, ce n'a pas été la faute de la pierre , mais celle de ceux qui en ont fait une pierre de scandale en y heurtant (2). La nativité de l'Enfant-Dieu ne fut terrible que pour l'enfer; car il était le fort et l'invincible (3) qui venait dépouiller de son pouvoir tyrannique ce fort armé du mensonge, qui gardait depuis longtemps son château par une paisible mais inique possession (4). Pour dompter ce prince du monde et des ténèbres, il fallut avec justice lui cacher le mystère de cette venue du Verbe; non - seulement parce que sa malice le rendait indigne de connaître les secrets de la sagesse infinie, mais aussi parce qu'il était convenable que la divine Providence se servit de la propre malice de cet ennemi pour l'aveugler (5) , attendu qu'il en avait usé pour introduire dans le monde l'erreur et l'aveuglement du péché (C), en entraînant toute la postérité d'Adam dans sa chute (7).
501 . Par cette disposition divine Lucifer et ses ministres ignorèrent beaucoup de choses qu'ils eussent pu naturellement connaître en la nativité du Verbe et dans le cours de sa très-sainte vie , ainsi que je serai parfois forcée de le répéter dans la suite de cette histoire. Car s'il eût su d'une manière certaine que Jésus-Christ était vrai Dieu , il est constant qu'il ne lui aurait point procuré la mort (8) ; au
(1) Luc, I, 79. — (2) Rom., ix, 33; Mallh., xxi, 44; I Petr., ri, 8. — (3) Ps. xxili, 8. — (4) .loan., xii, 31; Luc, xi, ïl. — (5) Sap., Il, 21. — (G) îhiiL, 24. — (7) Rom., v, 12. — (8) I Cor., II, 8.