‹ La citoyenne TallienChapitre 20 sur 122 · Mémorial de Wasselin, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémorial de Wasselin, t. III, p

petite cuiller à l'usage de l'enfant du citoyen CabaiTus.

« C'est sans doute à la suite de ces enlèvements, poursuit M. de Vivie, que Tallien vit Thérésia Gabarrus, qui devint plus tard la belle Madame Tallien, et noua avec elle des relations que la morale condamne et dont l'intimité ne fut bientôt plus un secret pour personne...^ »

11 est très probable que les choses se sont passées de la sorte et non comme le dit la légende si galamment ornée de fioritures par ]\P^ Tallien elle-même et, à sa suite, par des écrivains qui aimaient mieux M'"^ Tallien que la vérité.

Voici, au reste, comment ]\P^ Tallien, quand la gravité de l'âge et la dignité de princesse eurent fait d'elle une autre femme, racontait l'origine de ses relations avec le jeune commissaire de la Convention :

Elle traversait Bordeaux avec son mari M. de Fontenay — ce qui est un singulier oubli des dates, puisqu'on était au mois de novembre et que le divorce est du 5 avril : mais peut-on reprocher à une femme d'oublier les dates? — lorsqu'elle apprend qu'un bâtiment anglais, ayant à son bord plus de trois cents habitants de la ville qui fuient le tribunal révolutionnaire, est sur le point de lever l'ancre ; mais on dit aussi que le capitaine du navire vient de déclarer qu'il ne partira pas tant qu'on ne lui aura pas versé une somme de trois mille francs qui manque au prix du passage des émigrants.

— Comment ! se serait écriée M™° de Fontenay, il ne faut que trois mille francs pour sauver ces malheureux? Mais je vais les donner !

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