‹ La citoyenne TallienChapitre 25 sur 122 · Comte de Paroy, Mémoires, p · texte numérisé non relu

Comte de Paroy, Mémoires, p

d'un cas parliculici' à la généralité des cas. Il est, en effet, certains mobiles, dans ses interventions bienveillantes, qu'il ne faudrait pas trop scruter. O. sont les pieds d'argile de la statue. Ce n'est pas sans preuves que Michelet, malgré les mille fantaisies dont son génie s'est plu à enjoliver r///s/oz>^ de la Révolution, a écrit qu'à Bordeaux Tallien « commerça de la vie » et que « pendant ce temps-là sa maîtresse tenait le comptoir. » Et ces preuves, nous les trouvons dans plusieurs écrits du temps, sans parler des allusions plus ou moins transparentes d'une foule de mémorialistes. La marquise de Lage a raconté * comme quoi, étant à Bordeaux, elle dut à Thérésia un passeport, par suite la liberté et peut-être la vie; mais ce ne fut pas par simple et pur amour du bien. « La Fontenay » avait une femme de chambre, la Frenelle, bonne, aimable et charmante fille, qui avait été « fort bien élevée et qui écrivait à merveille. » Aimant à obliger, cette soubrette faisait main basse, dans les tiroirs de Tallien, sur tous les passeports, signés ou en blanc, qu'elle pouvait découvrir; elle les donnait ensuite à des gens dénoncés comme suspects, et ceux-ci, grâce à ces papiers, s'empressaient de s'aller mettre en sûreté. Cette brave fille, voulant donner plus d'extension à ses affaires toutes d'humanité, eut la pensée de s'associer sa maîtresse. Thérésia s'y prêta un peu, s'intéressa à quelques suspects ou prisonniers, mais elle n'apportait pas à ses démarches le zèle de son admirable femme de chambre. « Souvent, dit la marquise de Lage, elle oubliait les promesses, et le prenait quelquefois mal quand elle les lui rappelait. » Mais l'amour du bien, chez les âmes qui le possèdent réel-

Page 1