Mémoires sur V impératrice Joséphine, t. I, p
cheveux de toute une famille qui lui dut la vie et s'en ressouvenait encore \ »
Il ne faut pas croire que les libertés qu'elle obtenait, que les têtes qu'elle arrachait à la dévorante guillotine ne coulaient à la belle Thérésia qu'une câlincrie, quelques caresses ou une gracieuse bouderie à son ami ïallien. Loin de là. 11 lui fallut parfois lutter, surmonter d'insurmontables obstables, mettre enjeu des influences réfractaires et en mouvement des hommes répugnants. Voici un épisode inédit de sa vie de soldat de la charité : nous le tenons de M. Aurélien deVivie, que le lecteur connaît parles nombreux emprunts que nous avons faits à sa belle Histoire de la Terreur à Bordeaux ; M. de Vivie la tient lui-même du (ils du héros de cet épisode, un vieux conseiller à la Cour de Bordeaux, mort depuis longtemps, et qui l'entendit souvent raconter à son père.
« Honoré Louvet, né à Honfleur, âgé de trentehuit ans, et négociant à Bordeaux, avait connu à Rouen M""** de Fontenay, dont il avait fréquenté le salon . Il la retrouva à Bordeaux, lui fit visite et reçut d'elle un excellent et très aimable accueil. Louvet était homme du monde et homme d'esprit, aimable, d'une séduisante prestance, et était très répandu dans la haute société bordelaise. Il était fort lié avec les membres du club de la Jeunesse bordelaise'^ que présidait le digne et éminent Ravez, et qui avaient, à l'occasion de la levée en masse ordonnée par la Convention, organisé une sorte d'insurrection contre rassemblée régicide. Grand amateur d'équitation, Louvet s'était enrôlé dans la cavalerie de la gai'de