C'était le club des libcraux de Dordeaux
nationale bordelaise, corps essentiellement aristocrati(iue et qui avait Dudon fils pour colonel ; il passa par tous les grades et avait été élu chef d'escadron par ses concitoyens à l'époque des événements qui marquèrent le séjour très mouvementé des conventionnels Ysabeau et Baudot, envoyés à Bordeaux pour soumettre la ville, et qu'on en expulsa purement et simplement. Plus tard, quand Bordeaux fut rentré dans la loi, Louvet se trouva naturellement compromis. Un mandat d'arrestation fut lancé contre lui: il se cacha.
« Un soir, étant en visite chez Thérésia, il venait de lui raconter les dangers de sa situation et d'implorer son secours, lorsqu'un officieux^ vint annoncer le président du tribunal révolutionnaire, le citoyen Lacombe. Thérésia, sans perdre son sang-froid, fit cacher Louvet dans un cabinet de toilette et reçut avec la plus grande amabilité le terrible président qui, diton, était fort touché de la grâce et de la beauté de M'"" ïallien. On causa quelques instants de choses indifférentes, puis Thérésia parla à Lacombe de Louvet, qu'elle connaissait et dont elle affirmait le patriotisme, et elle lui demanda d'être indulgent pour son protégé s'il venait à être arrêté et conduit à son tribunal. Lacombe répondit que ce qu'elle lui demandait était bien difficile, que Louvet s'était soustrait par la fuite à l'ordre d'arrestation décerné contre lui et que, dans une pareille situation, la Commission militaire (c'était le nom légal du tribunal révolutionnaire) ne pouvait se montrer indulgente. Thérésia insista et employa toutes les chatteries de son éloquence féminine pour convaincre le président.
1. C'était 1g nom qu'on donnait aux domestiques sous la Révolution.
Cliché I. T.
maximilii;n robespihrrk
I/afyns la i^ravurc de W.-H. Koletov.