‹ La citoyenne TallienChapitre 31 sur 122 · Voir cette lettre à V Appendice · texte numérisé non relu

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M. Laurent-Paul Nairac, ancien député à la Constituante, mari de l'amie de Thérésia, n'a pas comparu devant le tribunal révolutionnaire ; son nom ne figure pas parmi ceux des personnes qu'il a jugées : c'est probablement parce que l'influence de Thérésia lui a évité d'y paraître^ ; on ne pouvait, en effet, être mis en jugement sans la signature de Tallien.

Il faut observer ici que cette lettre est écrite au lendemain de sa sortie de prison, après thermidor. La jeune femme n'avait pas encore la réputation de bonté qui lui a été faite depuis, et ne songeait encore ni à se faire cette réputation, ni à la maintenir ; c'est spontanément et tout naturellement qu'elle dit qu'elle n'a « jamais craint de se compromettre pour l'innocence opprimée », et ce qu'elle dit là mérite toute confiance. Plus tard, elle fera toujours le bien, mais son goût naturel pour le faire se compliquera d'un goût non moins naturel pour qu'on le sache ; elle aura à conserver et à augmenter sa réputation de bonté : la vanité s'en mêlera un peu, — et ce sera tant mieux pour l'humanité, puisqu'elle en fera davantage.

Pendant que nous sommes encore à Bordeaux et bien que le récit qui va suivre allonge encore la partie anecdotique de ce livre, nous ne pouvons nous dispenser de le rapporter. C'est le plus connu des épisodes du règne de la bonté de M^^^ Tallien à Bordeaux. Villenave, qui était détenteur des Mémoires inédits du héros de l'histoire, l'a raconté longuement dans la Biographie MichaucP ; le comte Dufort de Cheverny on a égale-

1. On y trouv«3 un autre Nairac (Jean -Baptiste), parent probablement (le celui-là, raffineur, 39 ans, qui fut acquitté le 16 messidor an II, peu de temps avant le 9 thermidor, par conséquent lorsque Thérésia était en prison à Paris. Son influence ne fut donc pour rien dans racquitloment de celui-là.

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