‹ La citoyenne TallienChapitre 36 sur 122 · Archives de la Gironde, série l. — A. de Vivie, t. II · texte numérisé non relu

Archives de la Gironde, série l. — A. de Vivie, t. II

naît à Tallien, on peut se convaincre qu'il ne devait pas lui être difficile de donner aux deniers publics telle destination qui lui convenait sans qu'il restât trace de leur emploi.

D'ailleurs, à cette époque, toutes les autorités de Bordeaux volaient plus ou moins ouvertement : c'était Dorgueil, membre du Comité de surveillance, qui s'adjugeait une partie des objets d'or et d'argent armoriés que, pour obéir aux décrets, les particuliers étaient tenus de déposer chez les bijoutiers afin qu'on en grattât les écussons ; c'était Endron, membre du même Comité de surveillance, qui, plus modeste, se contentait de voler un jour treize habits de livrée ; c'étaient les autres membres et agents du même Comité qui pillaient le trésor de chacune des églises de Bordeaux; c'était le maire même de la ville, Bertrand, qui (( s'adjugeait les objets d'or et d'argent que la Terreur arrachait aux familles riches... et faisait payer jusqu'à quinze cents et dix-huit cents francs des certificats de civisme » ^ ; c'était Courtin, secrétaire du maire ; c'était Lacombe, cet ancien escroc, président ^u Comité militaire, qui avait retrouvé ses instincts de voleur depuis qu'il était devenu magistrat et assassin patenté...

Tallien, qui avait de grands besoins d'argent pour satisfaire à son luxe, a du s'adresser de préférence à une source spéciale où les agents subalternes ne pouvaient pas puiser, c'étaient les fonds provenant des taxes arbitraires imposées aux détenus pour obtenir leur liberté. Ces taxes étaient employées sous la haute direction des conventionnels en mission^. Michelet

1. A. DE ViviE, La Terreur à Bordeaux, t. II, p. 195. — Le Barreau de Bordeaux.

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