Levasseur (de la Sarthe}, Mémoires, t. III, p. H
lance comme une flèche empoisonnée : « C'est le sang de Danton qui t'ctouffe! » par cette autre, qui démasque les sentiments vrais de ses bourreaux : « Lâches! pourquoi ne l'avcz-vous pas défendu^? »
Oh! non, ce n'est pas pour venger Danton, dont ils ont voté le renvoi devant le tribunal révolutionnaire, ce n'est pas pour renverser i'échafaud et ce régime de sang et de terreur que Tallien, Barras, Rovère, Fréron, Fouché, etc., renversent Robespierre; ce n'est pas parce qu'il fut sans pitié qu'ils sont sans pitié pour lui. C'est simplement pour s'assurer l'impunité de leurs crimes, pour conserver le produit de leurs vols et de leurs rapines, c'est pour prendre le pouvoir à sa place. « Ote-toi de là que je m'y mette » a dit Barère, voilà en définitive toute la politique qui a inspiré les Thermidoriens; cela leur tenait bien plus à cœur que de défendre la République^. »
Dans le cercle des haines grouillantes qui l'étreignent, Robespierre ressemble à un de ces scorpions que des gamins cruels, en Espagne, entourent d'un cercle de charbons ardents : de quelque côté qu'il cherche à fuir, le malheureux insecte se heurte à une barrière de feu et, impuissant à sortir de cet enfer, finit par darder sur lui-môme son aiguillon meurtrier. Robespierre lutte cependant jusqu'au bout.
Enfin, l'épuisement de tous amène le silence : il se fait solennel, absolu... La sonnette du président a cessé de sonner. . . Le moment est poignant.
— Je demande le décret d'arrestation contre Robespierre! ditLouchet^